mercredi 29 mai 2013

L'Entreprise

Tristan Bernard
64, rue du Rocher
75008 Paris
Tel : 01 45 22 08 40
Métro : Europe / Saint-Lazare / Villiers

Spectacle écrit par Bilco, Anne-Elisabeth Blateau, Guillaume Clérice, Julien Ratel, Sarah Suco
Mis en scène par Pierre Palmade
Scénographie de Juliette Azzopardi
Avec (en alternance) Bilco, Julien-Benoît Birman, Loïc Blanco ; Anne-Elisabeth Blateau, Christophe Canard, Constance Carrelet, Guillaume Clérice, Camille Cottin, Rémi Deval, Johann Dionnet, Benjamin Gauthier, Marc Lamigeon, Marie Lanchas, Noémie de Lattre, Nicolas Lumbreras, Nicolas Martinez, Rudy Milstein, Benoît Moret, Pierre Palmade, Yann Papin, Thierry Pietra, Joffrey Platel, Julien Ratel, Sarah Suco, Laurence Yayel

Le sujet : Quatorze employés de chez Chauffinor se croisent, s’aiment, se détestent. Doux, durs et dingues…
On va au bureau comme on va à l’école ! Certains sont contents, certains sont déprimés. On se prend des bonnes notes ou des blâmes, on fayote avec le prof devenu « le boss de l’étage du dessus », on déjeune à la cantine, on y drague, on y glande…
Ces employés sont incarnés par quatorze comédiens issus de l’Atelier que Pierre Palmade a créé il y a quatre ans. Ce « laboratoire » est une aventure théâtrale et humaine unique…

Mon avis : Ce nouveau spectacle élaboré par Pierre Palmade et sa troupe d’auteurs-comédiens est différent des précédents en ce sens qu’il n’est pas une succession de sketchs aux sujets divers, mais une véritable pièce. Comme son nom l’indique, L’Entreprise nous propose une plongée quasi ethnologique dans le monde du travail. C’est comme si un réalisateur démiurge avait disposé discrètement des caméras dans les endroits les plus stratégiques pour observer la vie au sein d’une entreprise lambda.
Ce spectacle conçu a priori pour nous faire rire – et il y réussit amplement – est confondant de vérité. C’est la comédie humaine dans toute sa splendeur et dans toute sa médiocrité. Ces personnes qui évoluent au quotidien dans leur bureau, on mes connaît toutes. C’est nous aussi. La force de cette comédie est de ne jamais forcer le trait. Aucun de ses protagonistes n’est caricatural. Sauf peut-être Patrick le patron de la boîte qui, à mon goût, est parfois peu plausible. Quoi que… Il en existe sans doute quelque part des patrons qui pratiquent le grand écart entre la désinvolture et le sadisme. Sinon, les personnages sont tellement normaux et banals qu’on en oublie que l’on a affaire à des comédiens. C’est cette authenticité qui rend la pièce encore plus redoutable. L’étude comportementale d’un groupe humain y est en effet d’une impitoyable réalité.

On reconnaît là la rigueur de Pierre Palmade. On fait rire, certes, mais on y met du fond, du sens et du réalisme. Le résultat est d’autant plus percutant. Chaque personnage est banalement humain. Nous, spectateurs, on peut se retrouver dans l’un ou l’autre. En fait, on rit de nous même. Et on se fait un peu honte aussi. Car il est des situations ou des réactions que l’on a pu un jour avoir et dont on ne peut pas être fier. On parle beaucoup de « zone d’ombre » en ce moment, et bien, dans L’Entreprise, il n’y en a aucune. Tout y est exposé en pleine lumière. De la gentillesse la plus désintéressée à la turpitude la plus lamentable. Nous sommes dans le monde du travail, ne l’oublions jamais, creuset où sont synthétisées toutes les formes d’agissements.
Paradoxalement, alors que j’ai ri énormément, je me suis surpris à être fréquemment ému. De cette profonde émotion que l’on peut ressentir devant une grave injustice. C’est vrai qu’il y a des moments où les rires sont tellement intenses qu’ils couvrent certaines répliques puis, peu à peu, ils deviennent plus grinçants et alternent de plus en plus avec de l’attendrissement et de l’émoi. On s’attache effectivement à certains personnages parce qu’ils sont plus fragiles, plus naïfs, donc plus exposés que d’autres.

Grâce à une écriture incisive et acérée et à un jeu jamais outré, L’Entreprise est un spectacle total qui va bien au-delà de la simple comédie. Il contient un vrai propos. Le bureau est un concentré de tout ce que peut contenir l’âme humaine. La bonté côtoie la méchanceté, la tolérance se heurte à la jalousie, l’altruisme se trouve confronté à la moquerie, la bienveillance est en butte à la lâcheté. Et puis il y a, en permanence, ce terrible moteur qu’est l’ambition ; sentiment positif et légitime dans le monde du travail, mais qui peut aussi amener à certaines extrémités.

Les quatorze comédiens sont réellement épatants, criants et touchants de naturel et de vérité. Cette troupe est une véritable réussite dans tous les domaines. Il faut beaucoup d’exigence pour obtenir un résultat aussi probant. Il y a eu le TNP, il faudra désormais compter avec la TAP (la Troupe à Palmade)…

jeudi 9 mai 2013

Alex Beaupain "Après moi le déluge"


Encensé par la critique, loué de partout, double-croché par Télérama, caressé par Le Monde et consacré par Paris Match… Bref, le passionné de chanson française que suis était avide de découvrir Après moi le déluge, le quatrième album d’Alex Beaupain. Pensez, un garçon bercé dans sa tendre enfance par les trois grands « B », Brassens, Brel et Barbara et qui cite pour références Souchon, Gainsbourg, Daho, Murat et Bashung, possède a priori tous les critères pour me séduire (il n’y a guère qu’Etienne Daho que je ne partage avec lui). Alors, ce sont les trompes d’Eustache largement ouvertes et l’esprit en appétit que j’ai glissé la précieuse galette sur ma platine.

Je me trouvais donc dans les meilleures dispositions quand ont commencé à s’égrener les premières mesures de Je peux t’aimer pour deux. Hélas, dès la deuxième phrase, mes oreilles se sont hérissées, écorchées qu’elles furent par l’irruption d’un  « E » incongru et détestable : « Ton amour(E) boiteux… ». Je me suis dit que c’était une petite erreur due à la nécessité d’un pied de plus mais, un peu plus loin, il réitère avec : « Je veux sentir(E) la laisse… ». Ça, c’était encore plus moche à ouïr !
Et pourtant, j’aime la voix, j’aime le texte,  j’aime la mélodie, j’aime les tapis de cordes et j’aime ce climat mélancolique. Mais ces deux « E » au plat m’ont gâché le plaisir.

Après moi le déluge, je la connaissais car elle a été abondamment diffusée sur France Inter. Elle a du rythme, elle rentre immédiatement dans la tête, elle est fort bien écrite avec son agréable petit lot d’allitérations. En plus, elle est légère, plutôt positive et pleine d’autodérision. C’est une vraiment belle chanson.

Et puis arrive Pacotille qui, après son début volontairement lancinant est boostée par un superbe arrangement qui tutoie le symphonique. Les mots sont bien troussés, les rimes en « ille » y sont quasiment toutes, mais… Mais voilà-t-y pas que l’Alex nous re-pond deux horrible « E », surtout le premier : « Plus c’est faux, plus c’est toc(que) », puis « Tu manqu’ de naturel(E) »… Nouveau désagrément !

Heureusement, Alex Beaupain pratique l’alternance. Pour écrire Ça m’amuse plus, il sa muse a amusé sa plume en lui offrant un florilège d’allitérations absolument délicieuses (« J’ai légué tous mes légos, mis au clou mon Cluedo », « Au diable les diabolos », « Cett’ pluie m’a plu et puis plus »)… Du grand art.

Quand je vous parle d’alternance. Je voudrais passer vite sur Vite car il s’y autorise un festival. Ce sont les « E » olympiques. Déjà que je ne suis guère friand de name dropping, il nous accumule ces affreuses sonorités : « Et tout court(E), mais toujour(E)s, pris de court(E), lourd(E)… Tous les jour(E)s… Mais hélas(SE) ». Oh oui, hélas, cent fois hélas. C’est vraiment trop disgracieux.

Oubliée la règle de l’alternance. Dans Contre le vent, il fait carrément l’omelette avec une douzaine d’« E ». Dès le début il nous titille le conduit auditif avec un vilain « lutter au corps à corp(E)s ». Suite de quoi, il se déchaîne : « Monter sur le ring(UE), « Quand je fais le forcing(UE) ». Maintenant qu’il est bien chaud, il nous assène sans vergogne deux rimes improbables : « Huit(E) » avec « Quitte », puis « Cinq(UE) » avec « Trinque »… C’est pratique, mais c’est pas beau ! Du coup, difficile d’apprécier cette chanson pourtant intelligemment écrite avec ses métaphores sur le monde de la boxe.

Même chose avec En quarantaine. J’ai aimé cette ambiance pleine de nostalgie, ce piano-voix et les belles images que cette chanson véhicule. Mais il s’est encore laissé aller par deux fois dans son fâcheux travers en ajoutant des « euh » à « Mis à l’écart(E) » et à « Il se fait tard(E) »…

J’ai tellement apprécié les paroles et la mélodie (signée Julien Clerc) de Coule que je ne m’attarderai sur le seul avatar (« Trouver près du cœur(E) ») que contient cette chanson fort efficace.

Décidément Alex a du mal avec les rimes en « are »… Grands soirs, peut-être, mais petite chanson banale. Avec Vite, elle est pour moi une des deux moins bonnes de l’album. Par quatre fois (normal, c’est le titre), il nous impose « Que reste-t-il de nos grands soir(E)s ? », tout en nous infligeant « Ta peau de léopard(E) » et « Ranger dans un tiroir(E) »… Ça fait beaucoup.

Avec Profondément superficiel, j’ai décroché avant la fin. Même son écriture savoureusement imagée et sa mélodie guillerette avec ses fulgurances big band n’ont pas pu me retenir. Après une demi-douzaine d’« E », j’ai craqué : « Rien ne ressort(E)… Ni pierr’ ni or(E)… Vidé de l’essentiel(E), profondément superficiel(E)… Rien à l’intérieur(E)… D’ailleurs(E)… »

Evocation du temps qui passe, Je suis un souvenir est un des textes les plus profonds de l’album. J’ai adoré. Mais il est difficile d’occulter ces satanés « Je suis une souvenir(E) » et le vilain « En octobre et an août(E) ». C’est prodigieusement agaçant.

Baiser tout le temps m’a énormément plu avec son parti pris de pseudo romantisme. C’est bien dit, bien formulé, profondément honnête, terriblement masculin. C’est très habile de terminer sur cette injonction…

En résumé, Alex Beaupain a largement sa place dans le peloton de tête de nos chanteurs actuels. Il possède une belle voix chaude, une diction parfaite, son écriture est forte et joliment imagée, les thèmes qu’il aborde s’adressent au plus grand nombre, ses mélodies sont efficaces et les arrangements plutôt chiadés.
Mais il y a une chose que je ne comprends pas. Il y a des gens autour de lui, en studio ou ailleurs, qui écoutent ses chansons. Et personne n’a été capable de lui faire remarquer que la sonorité de tous ces « E », qui ne sont même pas muets, est un sacrilège pour tous les amoureux de notre belle langue. Il faudrait y veiller à l’avenir…
Tonton Georges (Brassens) a dû se retourner sept(E) fois dans sa tomb(euh) de Sèt(euh).

mercredi 8 mai 2013

NINON Lenclos ou la liberté


Théâtre des Mathurins
36, rue des Mathurins
75008 Paris
Tel : 01 42 65 90 00
Métro : Auber / Havre-Caumartin / Madeleine / Saint-Lazare

Une pièce d’Hippolyte Wouters
Scénographie de Cyrielle Clair
Avec Cyrielle Clair (Ninon de Lenclos), Pauline Macia (Françoise de Maintenon), Sacha Petronijevic (L’abbé Gédouin / le Roi Louis XIV), Sylvain Clama (le marquis de Villarceaux)

L’histoire : Elles étaient deux amies… Un amant les a désunies.
A travers leur affrontement, on parcourt un 17è siècle d’où émerge déjà l’esprit d’indépendance et d’émancipation de ces femmes cultivées, brillantes et amoureuses, mais lucides…

Mon avis : Hippolyte Wouters, l’auteur, est un véritable orfèvre. Il a ciselé une pièce en alexandrins et en cinq actes qui est un petit bijou de finesse et d’intelligence, et qui est toutefois d’une formidable modernité.

Le premier acte met en présence Ninon de Lenclos sur la fin de sa vie et son confesseur enamouré, l’abbé Gédouin. Après qu’elle ait badiné avec lui et gentiment esquivé ses avances, elle décide – car c’est elle qui, toujours, décide de tout – de lui raconter sans détours son parcours de courtisane. Le ton est léger, badin, mais il est propice à faire passer une quantité de messages sur la condition de la femme et sur la Cour…

Comme au cinéma, l’auteur utilise le flashback pour nous faire remonter le temps d’une bonne vingtaine d’années. Le deuxième acte met en présence deux femmes qui, bien qu’ayant des comportements et une philosophie de vie diamétralement opposées, sont néanmoins amies. Elles ont en effet en commun une grande intelligence et un caractère bien trempé. Basée sur la rigueur et la foi pour Françoise d’Aubigné et sur la finesse d’esprit et la tolérance pour Ninon de Lenclos. Autant cette dernière, débordante de sensualité, n’hésite pas à mettre ses charmes en valeur, autant la future madame de Maintenon se montre austère… Hélas, leur jolie complicité va être taillée en brèche pour une rivalité amoureuse, toutes les deux s’éprenant en même temps du même homme, un séducteur professionnel dénué de scrupules, le sémillant marquis de Villarceaux.

Les troisième et quatrième actes nous montrent l’évolution de ces deux femmes. Ardente lectrice de la carte du Tendre ; Ninon préfère de loin le libertinage au mariage. C’est une femme libre, un féministe de la première heure, une maîtresse femme qui n’en fait qu’à sa guise. Elle s’amuse avec les hommes et, maligne, se complaît à les rendre jaloux… Plus Ninon collectionne les aventures, plus madame de Maintenon, devenue l’épouse du Roi, devient une femme de pouvoir bigote et revêche. Elle reproche à son ancienne amie son « étrange façon de mener le sexe et la raison ». Et, surtout, elle ne supporte pas qu’elle affiche sans vergogne son impiété. Ninon, qui se qualifié à plusieurs reprises de « rétive », estime que l’on « pénètre mieux l’âme en se faisant l’amour ». Tout les oppose désormais…
Au cours de leur discussion à fleurets mouchetés, apparaît Louis XIV. Sa santé déclinante fait de lui un Soleil couchant. Mais son esprit reste vif et lucide. Trouvant en Ninon de Lenclos une interlocutrice de grande valeur intellectuelle, il se laisse aller pour la première fois à se confier sur la difficulté d’être un monarque : « Etre Roi est une étrange chose », répète-t-il. Se plaignant de n’être entouré que de flatteurs et d’hypocrites, il déplore d’être « un homme seul » vivant « de certitudes et non de vérités ». Après ce court mais intense moment d’abandon, ragaillardi par le discours humaniste et l’écoute pleine d’indulgence de Ninon, Louis laisse les deux femmes ensemble. Complètement retournée, Françoise de Maintenon est perplexe. Elle n’arrive pas à comprendre comment une femme « aussi païenne peut receler des vertus si chrétiennes »… Ce quatrième acte est d’une grande force.

Le cinquième acte nous ramène vingt ans plus tard dans le petit salon de Ninon. Au cours d’un très bel échange avec l’abbé, après avoir de nouveau fustigé l’hypocrisie de la religion, elle nous propose une conclusion emplie de sagesse : lorsqu’on ne croit pas au bonheur éternel, c’est ici-bas qu’il faut construire son ciel…

Ninon Lenclos ou la liberté est une réussite en tous points. Avoir à dire un texte admirable avec des vers aussi bien troussés doit être un véritable bonheur pour des comédiens. Et puis il y a le fonds. On y badine certes avec l’amour, mais on se permet de dire des choses et d’en dénoncer beaucoup. C’est une pièce qui nous parle de bout en bout. On sourit et on rit souvent car maintes formules ou traits d’esprit font mouche. L’ironie y est saine et salvatrice.
Cyrielle Clair incarne à la perfection Ninon de Lenclos. Elle vit, elle vibre. On en oublie qu’elle s’exprime en alexandrins. Il faut voir cette scène à la fin du troisième acte où elle raconte et joue à merveille ses émois et ses ébats amoureux. Femme indépendante et témoin de son temps, elle alterne les moments de totale franchise et ceux où l’habileté diplomatique est requise. Totalement investie, Cyrielle Clair nous offre plus qu’une magnifique composition. Elle EST Ninon de Lenclos. Quel beau personnage de femme !
Autour d’elle, chacun emplit parfaitement son rôle. Pauline Macia campe une Françoise de Maintenon plutôt psychorigide. Elle a une façon presque mécanique de débiter les vers, ajoutant ainsi à son aspect ascétique et sévère. Elle incarne l’opposé de Ninon. Mais son intelligence et son esprit d’analyse sont patents. Et leur bras de fer intellectuel est un pur régal…
Sacha Petronijevic tient le double rôle de l’abbé et du Roi. Dans chacun il distille une belle dose d’humour. Mais il sait aussi jouer tout en finesse sur le registre de l’émotion. Son long monologue sur les difficultés de sa condition de Roi est un des grands moments de la pièce…
Quant à Sylvain Clama, il est tout à fait crédible dans le rôle du marquis de Villarceaux. Il a de la prestance, du charme et sa belle voix grave ajoute encore à son pouvoir de séduction. Lui aussi sait être drôle, particulièrement dans cette scène où il est éperdu de jalousie et se montre de plus en plus accablé par les confidences polissonnes de Ninon.

Voilà, je vous ai livré mes impressions, mes sensations et mon grand plaisir à voir et à entendre cette pièce subtile, drôle et intelligente. Et puis cette petite salle du théâtre des Mathurins est tellement agréable avec sa proximité avec les comédiens…

mardi 30 avril 2013

L'Affrontement


Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté
75014 Paris
Tel : 01 43 35 32 31
Métro : Gaîté / Edgar Quinet

Une pièce de Bill C. Davis
Adaptée par Jean Piat et Dominique Piat
Mise en scène par Steve Suissa
Décor de Stéphanie Jarre
Costumes d’Edith Vesperini
Lumières de Jacques Rouveyrollis
Avec Francis Huster (Tim Farley), Davy Sardou (Mark Dolson)

Le sujet : L’un, jeune séminariste, est impétueux et fervent ; l’autre, prêtre installé, pratique une foi moins radicale. Leur rencontre promet un débat sur les questions que se pose, ou devrait se poser, l’Eglise comme le sacerdoce des femmes, l’homosexualité…

Mon avis : Personnellement, je me suis séparé à l’amiable avec la religion vers mes 10-11 ans. Mais il n’empêche qu’étant scolarisé dans une école catholique, j’ai reçu une solide formation et, par la suite, j’ai eu de longues conversations sur la foi et la théologie avec des amis prêtres…
Ce préambule pour dire combien j’ai été passionné de bout en bout par cet Affrontement entre un prêtre « installé » dans son confort et un jeune séminariste idéaliste. Je ne peux pas dire que j’ai suivi les débats religieusement car j’ai bien trop souvent éclaté de rire. Rien de tel que le prisme de l’humour pour faire passer les idées.

Cette pièce est une superbe réussite dans tous les domaines.
D’abord par son décor moderne et très classieux, tout en tons de gris, concocté par Stéphanie Jarre. Les larges pans de murs sont traversés par des sortes de vitraux lumineux. Sur scène, un autel austère, deux chaises ouvragées. Côté cour se dresse une chaire au côté de laquelle une dizaine de cierges inégaux se consument. On se sent bien dans ce décor. D’autant qu’il se transforme à vue pour passer de l’église à l’appartement de Tim Farley. L’autel pivote pour se métamorphoser en bureau, les panneaux coulissent pour faire apparaître une bibliothèque ou des rayonnages plus secrets… Ce décor est magnifié par les lumières de ce magicien de l’éclairage qu’est Jacques Rouveyrollis… Et puis il y a la bande son, signée Alexandre Lessertisseur, qui a son importance. Des chants religieux et un harmonium mélodieux introduisent la montée en chaire du Père Farley. Puis, lors de chaque intermède, c’est la sublime chanson de Jeff Buckley, Hallelujah, qui s’égrène discrètement… Nous sommes donc placés d’emblée dans les meilleures conditions pour écouter le sermon du prêtre…

Au cours de ce sermon construit sur le thème des « Trois C » (les Crises du Catholicisme Contemporain), Tim Farley invite ses ouailles à intervenir. Au milieu de remarques banales, retentit une voix claire qui pose une question sur le sacerdoce des femmes. Décontenancé, le prêtre demande à l’impertinent de s’avancer. Il s’agit d’un jeune séminariste, Mark Dolson, qui est déjà précédé par une réputation d’empêcheur de prier en rond. Lorsque les deux hommes se retrouvent face à face, le contraste est saisissant. Tim Farley en impose dans son aube immaculée ornée de deux croix, alors que Mark est vêtu d’un pantalon informe et d’un caban et chaussé de tennis (un peu plus tard, il apparaîtra même en jogging). S’en suit alors une âpre discussion qui tourne rapidement à L’Affrontement de deux idéologies.
Alors que les deux hommes devraient en rester là et ne plus se revoir, on s’aperçoit que Mark Dolson est l’objet d’une manigance entre Farley et leur supérieur hiérarchique Monseigneur Burk. Ce dernier désire que le trublion prenne auprès de son aîné « des leçons de tact et de diplomatie »… Dès lors les deux hommes ne vont plus cesser de se voir, de confronter leurs idées et de s’opposer dans une sorte de querelle religieuse des Anciens et des Modernes.

Il ne faut pas en révéler plus sur le déroulement de l’action.
Les dialogues sont remarquables, vifs, ciselés. Le rythme des échanges est enlevé, nerveux, entrecoupé deux-trois fois de plages plus calmes lorsque les deux hommes sont dans la confidence, puis repart de plus belle en raison d’une sale blague dont Mark Dolson est friand et dont Tim Farley est la victime. Il y a de grands moments de drôlerie dont l’un des pics est le tout premier sermon prononcé par notre rebelle. Son discours, humaniste et progressiste, est dévastateur. Les « fidèles » que nous sommes devenus par la force des choses s’en esclaffent de joie.

Ces échanges sont servis par deux comédiens visiblement habités qui vivent et nous font vivre un grand moment de partage et de générosité.
Francis Huster campe à la perfection et avec énormément de finesse un prêtre cathodique qui a de la bouteille (au propre comme au figuré) et qui est en recherche constante d’amour et de reconnaissance. Il n’est dupe de rien, mais son confort, plus physique que spirituel, passe avant tout. Avec la charité comme fonds de commerce, il reconnaît être devenu un maître ès hypocrisie et un champion de la compromission Ce qui l’arrange, car dans compromission, il y a « mission »…

Davy Sardou est la preuve vivante, dans cette pièce, que l’habit ne fait pas le moine. C’est la quatrième fois que je le vois jouer. Il m’avait particulièrement épaté par sa composition en Charles VII face à Jeanne d’Arc dans L’Alouette. Ici, il franchit encore un palier. Il ne donne jamais l’impression de jouer, il EST. Convaincant dans tous les registres, aussi à l’aise dans l’émotion que dans la fantaisie, il est d’un naturel confondant. Tout ce que dit son personnage, je suis convaincu qu’il le ressent au plus profond de lui-même. Et puis il a un sourire !... Je lui prédis une longue et belle carrière.

Je terminerai en saluant la qualité de la mise en scène de Steve Suissa. Tout en privilégiant une certaine arythmie, il s’est beaucoup basé sur la vivacité. Il a, c’est visible, exigé énormément de ses comédiens. Ils sont tout le temps au cordeau. Ils ne peuvent s’autoriser aucun relâchement. C’est de l’orfèvrerie.

Très sincèrement, je pense que le texte de L’Affrontement devrait être distribué et étudié dans tous les séminaires.

lundi 29 avril 2013

En réunion


Petit Montparnasse
31, rue de la Gaîté
75014 Paris
Tel : 01 43 22 77 30
Métro : Gaîté / Edgar Quinet

Une pièce d’Andrew Payne
Mise en scène par Patrick Kerbrat
Décor de Jean Haas
Lumières de Laurent Béal
Avec Swann Arnaud (Cole), Anne Bouvier (Karine David), Patrice Kerbrat (Frank), Robert Plagnol (Stratton)

L’histoire : Quand arrive enfin le jour de la signature du contrat après des mois de négociations, Stratton, Cole et Frank apprennent que leur interlocuteur habituel, retrouvé nu en salle de réunion, a été viré manu militari et remplacé par la soi-disant responsable de ce comportement pour le moins étrange, Karine David. Ils doivent alors mettre en place une nouvelle stratégie pour atteindre leur but premier : faire signer un contrat défavorable à la partie adverse…

Mon avis : Andrew Payne est un sadique ! Il doit avoir quelque part des comptes à régler avec ses congénères, une hiérarchie et la bureaucratie tant il prend un plaisir pervers à plonger ses personnages dans des situations terriblement éprouvantes. Et, par voie de conséquence, il se régale à nous embrouiller, nous les spectateurs, à nous mettre sous tension et à essayer de deviner comment un tel imbroglio va se dénouer… Dans son esprit ô combien tordu, l’âme humaine n’est pas bien jolie, jolie…

Si le titre de la pièce, En réunion, n’est pas des plus attractifs, il a au moins le mérite de nous en annoncer le thème. Andrew Payne met sa loupe déformante (l’est-elle tant que ça finalement ?) sur les stratégies que va devoir adopter un trio pour amener « les gens d’en face » à signer un contrat de la plus haute importance pour leur boîte. Non seulement leur principal interlocuteur vient de leur claquer dans les doigts suite à un pétage de plombs abracadabrantesque, mais le temps leur est également compté. En plus, le nouvel intermédiaire qui leur est imposé est… une femme ! Ce qui change tout sur le plan relationnel car ils vont devoir se mettre inconsciemment en mode séduction.

Andrew Payne est un as pour dessiner les profils psychologiques de ses personnages et à se focaliser surtout sur la désormais fameuse « part d’ombre » de chacun. Ce sont des gens qui nous ressemblent et il nous est facile de nous projeter à leur place en fonction de leurs différents comportements. Il a l’art en outre de faire interférer la vie extérieure avec la vie professionnelle, ce qui ajoute encore aux difficultés…
Les quatre personnages sont identiques dans un seul domaine : ils sont dévorés par l’ambition. Sinon, ils ne se ressemblent en rien. Stratton (Robert Plagnol) n’est pas un garçon porté sur la fantaisie. Il est sérieux, maniaque, psychorigide (on le devine aussi hypocondriaque), émotif et, pour ne rien arranger, il est torturé par les intrusions permanentes d’une épouse un tantinet dérangée et les méfaits causés par leur « psychopathe » de fillette. Difficile pour lui d’être à 100% concentré sur son travail. Bien sûr, cette faiblesse le dessert tant vis-à-vis de ses collègues que de sa hiérarchie… 
Cole (Swann Arlaud) est complètement à l’opposé de lui. Il est plus jeune, décontracté à la limite de la désinvolture, fonceur, mais nerveux et impulsif, il arbore un look plutôt négligé et il parle un langage résolument « djeun ». Son principal atout – et il le sait – c’est d’être formidablement intelligent ; c’est grâce à lui que le fameux contrat est aussi remarquable. Il a cependant lui aussi son talon d’Achille en la personne de sa petite amie, qui travaille dans la même société et se fait remarquer pour sa frivolité… 
Frank (Patrice Kerbrat) est sans doute le plus complexe du trio. Il est le supérieur immédiat de Stratton et Cole et leur intermédiaire avec la direction qui tire toutes les ficelles depuis sa tour de contrôle du 10è étage. Il pratique un humour très british, adore les formules ampoulées, mais il est capable de passer sans transition de la plus grande sympathie à la méchanceté la plus rude. Lui, on n’arrive pas à le cerner. Il est sûr qu’il pratique un double jeu. Mais dans quel but, et pour qui ? Il a un petit côté manipulateur qui provoque notre méfiance. Alors que Stratton et Cole nous semblent moins tordus, plus prévisibles.
Et enfin, il y a Karine David (Anne Bouvier). Qui est-elle vraiment ? Elle nous apparaît comme une jeune femme sûre d’elle-même et de son pouvoir de séduction. Toujours souriante, elle est du genre insubmersible. Et la décision finale lui appartient…

Une fois que ces quatre-là vont être mis en présence, la pièce va devenir un grand jeu d’échecs. Tous les coups vont être permis. Les cachotteries, les manipulations, l’agressivité, la diplomatie cauteleuse… Tout le monde, ou presque, va y laisser des plumes… L’auteur érige une sorte de jeu de construction dont il nous fournit peu à peu les éléments. A nous de deviner ce qui peut s’emboîter… ou pas. La tension ne cesse de monter. Les nerfs, particulièrement ceux de Stratton et de Cole sont mis à rude épreuve. Puis, entre Cole et Karine s’instaure un drôle de jeu du chat et de la souris…

Pour moi, En réunion eût gagné en efficacité avec une vingtaine de minutes en moins. On se sent soudain moins attentifs à partir du moment où Karine raconte son histoire. Elle est trop longue et n’apporte pas grand-chose à l’intrigue. En fait, le dernier quart de la pièce est un peu bavard, comme si l’auteur voulait nous faire languir. Et pour ce qui concerne la fin, elle m’a laissé sur ma faim.
Reste quand même un texte acide à souhait servi par un épatant quatuor de comédiens. 
Robert Plagnol, que j’avais découvert et qui m’avait enthousiasmé dans Rue de Babylone, connaît son Andrew Payne sur le bout des doigts (il a adapté et joué toutes ses pièces). Il donne à Stratton autant de froide détermination que de fragilité. Il n’est pas calculateur comme les autres. C’est le bon employé-type. Mais, pris dans un engrenage dont les mécanismes lui échappent et perturbé par les multiples interventions dévastatrices de sa femme, il se débat petit à petit comme un insecte pris dans une toile d’araignée… 
Swann Arlaud est la révélation de la pièce. On l’a beaucoup vu depuis dix ans à la télévision et au cinéma, mais En réunion est sa première expérience théâtrale. Il est parfait dans le rôle de Cole. A la fois agaçant et charmeur, fougueux et mal élevé, sûr de lui et vulnérable, il provoque la plupart des éclats de rire de la pièce… 
Patrice Kerbrat réussit à faire de Frank un personnage inquiétant. Sous ses dehors bonhomme, il se révèle mystérieux, ambigu et, parfois, violent. C’est un animal à sang froid que l’on devine redoutable. On se prend à attendre chacune de ses apparitions car elles font à chaque fois rebondir l’intrigue… 
Anne Bouvier a le rôle le plus délicat. Elle est très attendue. Comme elle est décisionnaire dans la destinée du fameux contrat, elle est d’emblée crainte et détestée. Elle doit faire face à trois mâles prêts à tout pour la faire signer. Elle leur oppose son sourire permanent, sa sensualité, son intelligence. Mais va-t-elle tenir le coup jusqu’à la fin ?

En dehors de l’avoir trouvée un peu longue, la pièce est un régal pour qui aime le cynisme et l’humour noir. J’ai trouvé particulièrement réussi le fait que chacun des trois hommes ait son vocabulaire propre. Aucun d’eux ne s’exprime comme les deux autres. C’est réellement très judicieux et très efficace.

vendredi 26 avril 2013

Demain il fera jour


Théâtre de l’Oeuvre
55, rue de Clichy
75009 Paris
Tel : 01 44 53 88 88
Métro : Place de Clichy / Liège

Une pièce d’Henry de Montherlant
Mise en scène par Michel Fau
Décor de Bernard Fau
Costumes de David Belugou
Lumières d’Alban Rouge
Avec Léa Drucker (Marie), Michel Fau (Georges Carrion), Loïc Mobihan (Gillou), Roman Girelli (le Messager)

L’histoire : Paris. Juin 1944. Quatre années après leur séparation, Georges Carrion retrouve pour la seconde fois son fils Gillou et la mère de Gillou, Marie.
Gillou désire s’engager dans la Résistance. Carrion oppose à ce projet toutes sortes de raisons. La mère, qui aime tendrement son fils, partage l’avis de Georges.
Or Georges, avocat d’affaires, a entretenu des relations avec les Allemands, et il craint d’’avoir des ennuis à la Libération. Il a peur… Il reçoit des lettres de menaces. Aussi va-t-il lever l’interdiction et autoriser Gillou à devenir un résistant. A la grande frayeur de la mère qui pressent la catastrophe…

Mon avis : Il est évident que cette pièce devait avoir une toute autre portée lorsqu’elle fut créée en 1949 au sortir de la guerre. A cette époque, les mots de « collaboration », « commerce avec l’occupant » et « Résistance » étaient encore en pleine actualité et les sentiments étaient légitimement exacerbés.
Reprendre Demain il fera jour plus de soixante après est donc une gageure. Pourtant, le pari est réussi car le drame humain que vont subir Georges et Marie est intemporel. Cette pièce est une tragédie ; une tragédie grecque avec son inéluctabilité. On pourrait la sous-titrer « L’Affrontement » tant la tension entre les deux ex-amants est vive. Ils se livrent à un duel à fleurets à peine mouchetés. Chacun ayant sa personnalité propre, le vocabulaire, les mentalités et donc les comportements ne sont pas les mêmes. Ce qui donne encore plus de force à leur opposition.

L’écriture d’Henry de Montherlant est dense, riche. Il aime les mots, il a le sens de la formule et il en use abondamment. Le style est daté, très (trop ?) littéraire, quelque peu ampoulé parfois, mais il est indéniablement brillant. Et puis il nous campe deux sacrés caractères… Georges nous apparaît comme un sale type. Il est méprisant, égocentrique, cynique et, cela va avec, misogyne. Il est odieux et injuste avec son fils. Il affiche une morgue dédaigneuse qui sied parfaitement à ses propos fielleux… Marie, qui a dû, au début de leur union, être une femme soumise et effacée, est devenue une louve. Elle est toute entière vouée à la protection de son fils, « le seul homme » qui ne l’a jamais déçue. Elle ne se laisse pas faire, elle argumente, elle a du répondant. Même s’il lui arrive encore de s’indigner devant la malhonnêteté intellectuelle du géniteur de Gillou.
Chacun voit clair dans l’attitude de l’autre et le lui fait comprendre. La seule chose que Marie ne voit pas venir parce qu’elle ne détient pas tous les paramètres qui motivent Georges, c’est la manipulation. Quand elle la découvre, il est trop tard. Et la louve n’a plus qu’à hurler son désespoir…
Il n’est pas sûr que, pour ces deux là, « demain il fera jour ». Ils vont être plutôt désormais voués à une longue et froide nuit…

Pour tenir deux rôles aussi âpres, aussi durs, il faut de fameux comédiens. La performance de Michel Fau et de Léa Drucker est impressionnante. Lui, il est terrible. Monolithique, impassible pendant les trois-quarts de la pièce, se gargarisant avec ses formule qui blesse et qui fait mal, il se complaît dans la méchanceté. Il réussit l’exploit de provoquer en nous aucun sympathie, même à la fin… Une superbe prestation.
Quant à Léa Drucker, elle est vibrante, frémissante. Elle ne s’appartient plus. Elle a sacrifié sa vie de femme pour n’être plus qu’une mère. Elle se défend farouchement, d’abord comme une louve puis comme la chèvre de Monsieur Seguin qui luttera toute la nuit. C’est un rôle fort, intense, éprouvant, extrême. Elle doit en sortir totalement vidée…

La pièce vaut donc essentiellement dans cet affrontement terrible avec un jeune homme pour enjeu. Mais il vaut mieux être bien éveillé pour savourer pleinement ce déferlement de mots et digérer cette écriture extrêmement roborative.
Le décor est beau. Il nous restitue un intérieur cossu avec vue sur le Sacré Cœur. Et les costumes sont d’une grande élégance, particulièrement la superbe robe rouge qu’arbore Marie à la fin de la pièce.

jeudi 25 avril 2013

L'Université Populaire du Théâtre





Ce jeudi 25 avril, au Théâtre 14, Michel Onfray, le philosophe que l’on ne présente plus, et Jean-Claude Idée, auteur, metteur en scène, comédien et professeur d’art dramatique, ont procédé au lancement de L’Université Populaire du Théâtre.

Elaborée dans le même esprit que de l’Université Populaire de Caen, créée par Michel Onfray en 2002, cette initiative a pour principes de base la gratuité, la liberté, l’ouverture à tous, l’absence de diplômes et l’exigence…
Elle a pour objectif de remettre la raison, la réflexion et la connaissance au cœur du théâtre de notre temps « par le moyen de la représentation publique de textes à caractères philosophique, éthique, civique, historique et politique comme autant de miroir tendus qui suscitent la réflexion, le débat public ».
Ces textes seront présentés « dans une forme accessible à tous ; sans élitisme ni obscurité, sans simplification réductrice, en respectant leur complexité, sans concession »…

S’inscrivant dans la ligne et dans l’esprit du Théâtre National Populaire de Jean Vilar, Michel Onfray et Jean-Claude Idée ont, à cette occasion, publié ce manifeste :
« Nous appelons tous ceux qui partagent nos idées – qu’ils soient citoyen, artiste, association, institution… - et qui croient au bien-fondé de leur démarche, à la faire connaître autour d’eux, à se manifester et à nous rejoindre dans notre combat qui vise à permettre à chaque citoyen, selon la belle proposition de Nietzsche, de « s’inventer la liberté » ! »

Cette Université Populaire du Théâtre sera itinérante. Elle sera effectivement lancée à Argentan, dans l’Orne, les 3, 4 et 5 mai. Puis elle se posera à paris, au Théâtre 14, les 13, 14 et 15 mai, avant de gagner Bruxelles du 28 mai au 26 juin.

Voici le programme des trois journées parisiennes :

Lundi 13 mai
-          A 17 h : Le trip Rousseau (de Dominique Ziegler)
-          A 19 h : Le Mémento (de Jean Vilar)
-          A 21 h : Ovide était mon Maître (de Jean-Claude Idée)

Mardi 14 mai
-          A 17 h : L’Etranger (d’Albert Camus)
-          A 19 h : L’Impromptu d’Argentan (de Jean-Claude Idée)
-          A 21 h : Les Larmes de Nietzsche (d’Irvin D. Yalom)

Mercredi 15 mai
-          A 17 h : Socrate et Aristophane (de Jean-François Prévand)
-          A 19 h : Le Songe d’Eichmann (de Michel Onfray)
-          A 21 h : Kaiser (d’Alexis Ragougneau)

Chaque lecture-spectacle fera l’objet d’une introduction et sera suivie par un débat avec les artistes.