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mardi 4 janvier 2022

Sylvain Binet & Gilbert Jouin "Les Chats"


PapaPaper

Format : 21 x 15

21 pages

14,90 €

 

Par Internet : https://www.papa-paper.com/fr/artiste/sylvain_binet-84

Par téléphone : 01 76 54 03 78

 

Après une dizaine d’aventures communes dans le show business (livres officiels de comédies musicales, programmes de spectacles, etc…), Sylvain Binet et moi, nous nous lançons dans le « chat business » avec un ouvrage sobrement intitulé « Les Chats ». Cet opuscule est appelé à servir de carte de visite à un Complexe Hôtelier pour Chats baptisé « Ulusaba » du nom d’un luxueux Safari Lodge Hotel situé dans la réserve sud-africaine de Sabi Sands…

 

A partir des créations tellement inspirantes de Sylvain, il m’a été facile de laisser partir mon imagination pour me mettre à son (haut) niveau de délire et, en m’imprégnant de sa fantasmagorie élégamment déjantée, de commettre quelques amusants « chacrilèges ». A lui l’esthétique graphique, à moi les mots ! Notre complémentarité, si ludique, ne cesse de s’affiner.

De l’Aristo Chat à Super Cat en passant par La Reine de Chaba, le Chappendale, Le Chacripant, Le Chat-Thon ou le Chat Pitre, ce sont vingt félins mis en scène qui vous attendent au détour de ces pages. Effet minet garanti !

Bref, cet ouvrage est une véritable déclaration d’humour à nos fidèles compagnons à quatre pattes.

jeudi 8 octobre 2020

Dix ans déjà !

 

Editions Hors Collection

192 pages


19,90 €

 

Sortie le 8 octobre 2020

 

Oyez, oyez braves gens…

Aujourd’hui sort mon 24ème livre 10 ans déjà !, qui raconte les dix ans de l’émission Touche pas à mon poste ! (TPMP).

On peut penser et dire ce que l’on veut à propos de Cyril Hanouna, personnage clivant s’il en est, mais en créant le 1er avril 2009 Touche pas à mon poste !, il a révolutionné le petit monde de la télévision. Il a joyeusement cassé les codes, transgressé les conventions et même chamboulé les horaires de début des prime times.

Capitaine d’un gros bateau comptant 120 membres d’équipage à plein temps, Cyril, en dépit des apparences, ne navigue pas à vue ; même s’il préfère le cabotage à la ligne droite. La seule chose qu’il laisse au hasard, c’est son sens de l’improvisation. Sinon, tout est minutieusement préparé et travaillé en amont.

Pour célébrer le dixième anniversaire de cette émission déjà culte, j’ai rencontré tous ceux qui la construisent et l’animent jour après jour : Cyril Hanouna, bien sûr, Lionel Stan, le directeur général de H2O Productions, Gad Elmaleh le parrain, mais aussi toutes celles et ceux qui travaillent dans l’ombre (les producteurs, les auteurs, la programmatrice…) et, évidemment, les chroniqueurs (Valérie Bénaïm, Benjamin Castaldi, Julien Courbet, Christine Kelly, Fabien Lecoeuvre, Jean-Michel Maire, Bernard Montiel, Isabelle Morini-Bosc, Eric Naulleau, Kelly Vedovelli, Gilles Verdez, etc…), sans oublier le chauffeur de salle, la coiffeuse, l’agent de sécurité, etc…).

Parcours professionnels, confidences, anecdotes, relations avec Cyril Hanouna… je me suis surtout attaché à l’aspect humain.

mardi 21 novembre 2017

Barbara, Si mi la ré...

Editions Gründ
Beau livre
Collection : Passion musique
272 pages
29,95 €
Auteurs : Stéphane Loisy & Baptiste Vignol

Décidément, à l’approche des fêtes de fin d’année, les éditions Gründ font flèche de tout bois. Après les magnifiques ouvrages consacrés à Sylvie Vartan et à Claude François, voici que, vingt après sa disparition le 24 novembre 1997, ils nous proposent « Barbara, Si mi la ré… ».
A l’instar des deux précédents « beaux livres », celui-ci est une véritable pépite, que dis-je, une rivière de diamants tant il est à la fois riche, scintillant, avec des reflets moirés. Le mieux, pour le résumer, c’est de reprendre un extrait de l’avant-propos d’une personne on ne peut plus autorisée et concernée, le propre neveu de la chanteuse, Bernard Serf :
« C’est clair, intelligent, bien documenté, parfois irrévérencieux, jamais flagorneur, toujours avisé.
Et la découverte de photos inédites ou rares ajoute au bonheur de la lecture.
L’ouvrage refermé, on a le sentiment d’être un peu plus proche de Barbara. Sans que celle-ci perde un instant de son mystère.
Bref, tout ce qu’on aime. »
Tout est dit.


Ce livre, je l’ai dévoré. J’y ai appris une foultitude de choses. Les éléments biographiques sont fouillés, truffés d’anecdotes, de détails, fourmillant d’informations et agrémentés de nombreux témoignages… Les premiers chapitres, de sa naissance en 1930 à ses débuts à L’Ecluse en 1957, sont particulièrement passionnants. La petite Monique Serf – son vrai nom – a connu une jeunesse tumultueuse, marquée par l’exode, la clandestinité et, surtout, les agressions paternelles (pudiquement esquissées) puis ses nombreux allers et retours entre Paris et Bruxelles à la recherche du succès.

La suite, c’est quarante d’une carrière impressionnante intimement mêlée à une vie de femme au caractère aussi affirmé que sa grande générosité et ponctuée par de nombreuses amours.
Cette véritable mine comprend entre autres comme filons beaucoup d’extraits d’entretiens échangés au cours d’émissions de radio ou de télévision comme ceux, abondants, des « Musicorama » de Denise Glaser.


Et puis chacune des chansons sans exception est disséquée, décryptée, éclairée pas sa genèse, son contexte avec, là aussi, de nombreuses confidences des différents protagonistes qui les ont vu naître ou qui y ont participé.

Enfin, bien sûr – c’est dans l’ADN des éditions Gründ – l’iconographie est tout simplement somptueuse. Des dizaines et des dizaines de photos illustrent superbement l’épopée « barbaresque ». "Si la photo est bonne", chantait-elle. Eh bien oui, elle l'est !

Je n'avais néanmoins qu'un petit reproche à formuler à propos de cet ouvrage : sa couverture. Je trouvais que ce rose n'était pas très idoine. Je n'en ai compris la raison qu'en me plongeant dans le livre. On nous y rappelle à plusieurs reprises combien cette couleur, cette fleur et ce mot (qui revient dans ses chansons) ont compté pour la "longue dame brune".


Barbara ?... Une de nos plus belles histoires d’amour, c’est Elle !

lundi 13 novembre 2017

Claude François "Je reviendrai comme d'habitude"


Editions Gründ
Beau livre
312 pages
24,95 €

Auteur : Baptiste Vignol

Si vous ne deviez posséder qu’un seul ouvrage sur la vie et la carrière de Claude François, Je reviendrai comme d’habitude est celui qu’il vous faut vraiment. J’en ai lu des livres-témoignages et des biographies sur Cloclo mais, sincèrement, celui-ci est incontestablement le plus complet à tous égards.
Baptiste Vignol a réalisé là LE livre sur Claude François. Il l’a construit très intelligemment. Il commence par une longue introduction de dix pages qui débute en… 1872, date de l’arrivée à Port-Saïd, en Egypte, de Nicolas François, et se termine en 1961 avec l’arrivée à Paris de Claude François. C’est donc presque un siècle de la saga de la famille qui nous est conté. On apprend tout de l’enfance et de l’adolescence du futur Cloclo. C’est très fouillé, très détaillé. Véritablement passionnant.


Pour ceux, très rares qui l’ignoreraient encore, on découvre que Claude François a fait dix ans de violon, que c’était un grand sportif, particulièrement doué en course de fond. Ces années-là ont été très formatrices : Claude va se passionner pour la musique et son entraînement physique va lui permettre d’être un danseur infatigable. On apprend aussi beaucoup de son caractère déjà très affirmé, de sa détermination, de son exigence et de sa soif de réussite. On s’aperçoit aussi qu’il a été très tôt attiré par la gent féminine. Vous mélangez ces ingrédients (musique, danse, volonté, perfectionnisme et libido exacerbée), vous secouez le tout, et vous obtenez ce qui a façonné une des plus grandes stars de la chanson française : Claude François.


Après ce préambule indispensable, Baptiste Vignol, nous propose 26 chapitres qui sont chacun consacrés et à la vie privée, particulièrement trépidante, de Claude François et à sa carrière. 26 chapitres, 25 albums studio… Dans ces deux domaines, personnel et professionnel, c’est vraiment hyper documenté, très pointu même, quasi exhaustif. Ce qui est bien, c’est que l’auteur a conçu un ouvrage sans concession et sans complaisance aucune. Ce n’est donc pas une hagiographie, mais un véritable documentaire… En prime, l’auteur a recueilli des témoignages rares, forts en anecdotes et en confidences, d’une dizaine de personnes qui ont compté dans la vie de Cloclo : Jean-Pierre Sabar, Vline Buggy, Jean-Marie Périer, Jeff Barnel, Jean-Michel Rivat, Patricia Carli, Frank Thomas, Gilbert Sinoué et l’indispensable Jean-Pierre Bourtayre.


Enfin, précision importante, cet ouvrage est riche de 137 photos (je les ai comptées) dont quelques superbes doubles signées des plus grands de l’époque : Jean-Marie Périer bien sûr, mais aussi Bernard Leloup, Jean-Louis Rancurel, Benjamin Auger, Jean-Jacques Damour, François Gaillard… La crème des années 60-70. Ce qui en fait une sorte de Bible où l’esthétique et l’iconographie se le disputent en qualité avec un texte remarquablement informatif.



Je n’émettrai toutefois qu’une seule (petite) réserve : je trouve que le titre n’est pas à la hauteur de l’excellence de cet ouvrage. « Je reviendrai comme d’habitude », même s’il comporte un clin d’œil sur deux des plus grands succès de Claude François, ce n’est vraiment pas fameux.

jeudi 2 novembre 2017

Laurent Gerra "Carnets d'un sale gosse"

Editions du Cherche Midi
Collection « Beaux Livres »
128 pages / 430 photos
19,90 €

Ce 29 décembre, Laurent Gerra aura 50 ans. Un demi-siècle, ça se fête. Et ; lorsqu’on est un homme public, ça se célèbre. Alors, pour marquer l’événement et le partager avec ses nombreux admirateurs, Laurent a eu la judicieuse idée de rendre publics ses Carnets d’un sale gosse, un superbe ouvrage (et je pèse mes mots) dans lequel il se raconte et se dévoile avec une totale sincérité.


Ce livre est un pur délice tant il est complet. D’abord, il est illustré par plus de 430 photos. Et on sait combien les images sont importantes et révélatrices. Elles sont autant de petites bornes qui ont jalonné son existence, depuis sa plus tendre enfance (il nous ouvre son album de famille) jusqu’à aujourd’hui où il va présenter son tout nouveau spectacle, Sans modération. Ensuite, riche en anecdotes, cet ouvrage, cette « somme » devrait-on mêmedire, contient tout ce qu’on a envie de voir et de savoir sur lui. Il va même au-delà de nos espérances car il nous permet d’entrer dans son intimité : fac-similés de documents personnels, coupures de presse, nombreux témoignages (de ses parents ; de Franck Perrot, son ami d’enfance devenu son ingénieur du son : de David Mignot, autre ami d’enfance devenu son fidèle accompagnateur ; de Michel Drucker ; de Jean-Jacques Pironi, son co-auteur, de Christelle Bardet, sa compagne ; et bien d’autres…). On y trouve également une kyrielle de photos le montrant en compagnie de célébrités françaises et internationales, des sketches, les étapes importantes de sa vie professionnelle (la scène, la radio, la télévision, l’édition, le cinéma), sa sanctuarisation au Musée Grévin… Bref, difficile d’être plus exhaustif. Lorsqu’on referme ce livre, on sait tout de lui. Et pourtant, pour bien le connaître, c’est un garçon extrêmement pudique.


Laurent Gerra, je l’ai rencontré en 1991, alors qu’il venait à peine de débarquer à Paris. Le hasard nous avait dîner à la même table après un concert à l’Olympia de Gilbert Bécaud, à l’Intercontinental rue Scribe. En discutant, je me suis même aperçu que je l’avais déjà vu sur scène dans la station de sports d’hiver de La Clusaz. Suite à cette soirée, alors qu’il était un total inconnu, j’avais réussi à ce qu’il vienne présenter son spectacle en Tunisie à l’occasion d’une fête organisée par le magazine télé pour lequel je travaillais, fête à laquelle était convié tout le gratin de l’audiovisuel de l’époque… Je le connais donc bien et j’ai toujours suivi sa carrière de près.


Laurent Gerra est un « sale gosse » qui a paradoxalement consacré sa vie au propre. Au propre de l’homme : le rire. Les fées (en décembre, ce sont des fées d’hiver) qui se sont penchées sur son berceau avaient peut-être un petit coup dans le nez après un dîner bien arrosé chez Marc Veyrat, toujours est-il qu’elles étaient un tantinet portées sur la gaudriole. En effet, dès son plus jeune âge, le garçonnet, nourri de calembours en Bresse, a commencé à se livrer à ses toutes premières imitations : Polnareff, Distel, Carlos, Dutronc, Sardou… Comment dès lors ne pas croire à la prédestination ? Dans son cas, ne pas faire usage d’un tel don eût été criminel et aurait témoigné d’un manque de reconnaissance vis-à-vis des espiègles bonnes fées. Il avait donc le talent dans les gènes, certes, mais pour paraphraser Brassens, « Le talent sans travail n’est qu’une sale manie ». Laurent a bossé, beaucoup bossé. C’est un stakhanoviste de la voix. On ne parvient pas à un tel succès, à une telle reconnaissance générale, et à s’y maintenir surtout, sans remettre sans cesse son métier sur l’ouvrage, et se lancer en permanence de nouveaux défis.

Aujourd’hui, le petit Laurent de Mézériat a 50 ans. Ça fait 45 ans qu’il imite des vedettes et ça en fait 30 ans qu’il fait de la scène. Il est à son tour devenu une méga vedette, un saltimbankable, le numéro Ain dans sa discipline… Si vous voulez vraiment tout savoir de son formidable parcours, précipitez-vous sur ses Carnets d’un sale gosse. Vous allez vous en payer une sacrée tranche… de vie !


Note bene : Juste pour sourire un peu, j’ai relevé une savoureuse coquille page 115, dans une confidence que nous livre Christelle Bardet qui, pour moi, a des allures de lapsus révélateur. Il est écrit en effet que « La bonne « chair », c’est quelque chose d’important pour Laurent ». Bonne « chère » eût été plus adéquat. A moins qu’on y voie là un aveu bien plus intime…

lundi 11 septembre 2017

Sylvie Vartan "La plus belle pour aller chanter"

La plus belle pour aller chanter
Editions Gründ
Collection « Passion Musique »
Auteur : Benoît Cachin
Format : 215 x 280
288 pages
Prix : 29,95 €

Sylvie Vartan, 73 ans, 56 ans de carrière, fait partie intégrante de notre vie.
C’est une Panne d’essence en 1961 qui, paradoxalement, l’a conduite sur l’autoroute du succès. Depuis, ses chansons ont jalonné notre existence. Certaines sont définitivement installées dans le répertoire du grand juke-box de notre patrimoine artistique : Si je chante, La plus belle pour aller danser, Par amour par pitié, 2’35 de bonheur, Comme un garçon, La Maritza, J’ai un problème, Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ?, Nicolas, L’amour c’est comme une cigarette

Sylvie Vartan, ce sont 64 albums, 1500 chansons, 40 millions de disques vendus.
Et bien ces 64 albums, Benoît Cachin les présente, les commente, les décortique, les analyse dans un magnifique ouvrage superbement illustré, La plus belle pour aller chanter. Chaque opus est accompagné de sa pochette originale et agrémenté d’une photo d’époque inédite ou rarement diffusée. Il faut rappeler que ces photos sont signées Jean-Marie Périer, Pierre et Gilles, Marianne Rosensthiel, Claude Gassian, pour ne citer que les plus prestigieux. De plus, Sylvie Vartan conclut chacune de ces décennies avec ses souvenirs de l’époque, ses rencontres avec les différents auteurs et compositeurs. C’est très riche en anecdotes rares. Ces cinq entretiens sous-titrés « Le regard des Sylvie », se dégustent comme autant de bonbons délicieusement acidulés.

Que ce soit sur le plan esthétique ou textuel cet ouvrage exhaustif est une totale réussite.

Tous les Copains vont irrésistiblement l’adorer. Ils vont ressentir à la lecture de chaque page au moins 2’35 de bonheur. Et comme il y a 288 pages ! Vous pouvez calculer le temps de pur ravissement qui vous est ainsi offert…

jeudi 24 octobre 2013

L'Art d'en Rire

Florence Foresti critique-dard

L’Art d’en Rire
Œuvres drôlement commentées par Florence Foresti
Et parfois recadrées par Edwart Vignot
Editions Place des Victoires
Format : 29 x 29
Pages : 208
Illustrations : 100
Prix : 29,95 €

Le thème : Dans un dialogue complice, Florence Foresti, humoriste, et Edwart Vignot, historien de l’art, nous invitent à une promenade singulière au Louvre, à Orsay, et dans les plus beaux musées du monde.
Avec un sens unique de l’observation et une drôlerie inimitable, le duo revisite les plus grandes œuvres, à travers une lecture originale, déjantée, et parfois poétique.
Que vous soyez débutants ou déjà passionnés, vous vous régalerez de cette approche joyeuse et décomplexée de l’art !

Mon avis : Il ne faudrait peut-être pas nous prendre pour des béotiens : quand on s’appelle Florence, qui est tout de même le nom de la capitale mondiale de l’art, il y a quelque chose de subliminal là-dedans, une évidence dans laquelle Edwart Vignot s’est engouffré sans vergogne pour aller titiller la fibre artistique de notre humoriste préférée.


En tout cas, l’idée est excellente. Il est plaisant d’imaginer ces deux complices en train de muser dans les musées pour s’en amuser. Florence, qui voulait jouer le jeu de la spontanéité, avait imposé une règle : ne rien savoir de l’œuvre qui allait être découverte, même pas son titre. Mise en présence d’une toile, elle réagissait à chaud, confiant ses impressions et ses observations à un dictaphone, plaise à Edwart d’y réagir et de provoquer alors une espèce de dialogue.
On s’aperçoit très vite que l’humour est un formidable filtre pour nous faire voir la peinture autrement. Paradoxalement, Florence ne cherche pas à épater la galerie. Son premier regard est vierge de toute connaissance préalable, son analyse est immédiate et instinctive, voire irréfléchie, ce qui donne à ses commentaires un tour très inattendu. Le plus souvent, elle casse la croûte, se paie une toile mais, parfois, c’est sa sensibilité de femme qui est touchée en premier… Il en résulte un ouvrage totalement atypique, riche en reproductions de tableaux célèbres, agrémenté des saillies de l’humoriste et des explications-« recadrages » de l’historien d’art.


Lorsque j’ai eu le livre entre les mains, je l’ai feuilleté au hasard et je suis tombé sur une page qui m’a tout de suite emballé, car elle était le parfait exemple de ce que, inconsciemment, j’attendais de Florence :
Pages 38-39. Un tableau de Giovanni Battista Salvi, dit Il Sassoferrato, intitulé « Judith tenant la tête d’Holopherne » où une femme brandit fièrement la tête d’un ennemi qu’elle vient de trancher. Devant cet acte horrible, Florence, péremptoire, a pensé : «  Je l’avais prévenu ! Fallait pas oublier de relever la cuvette des W.C. »… Ça sent le vécu. Femme à lunette… En tout cas, ce genre de réaction me réjouit complètement.



Cet ouvrage est une réussite. Tant sur le plan de l’esthétique que de l’esprit. On y apprend en riant, en souriant et même en étant de temps à autre touché. Le but recherché était de mettre l’art à portée de tous par le biais de l’humour, il est ô combien atteint. Ce n’est pas le genre d’ouvrage que l’on enferme dans une bibliothèque mais que l’on laisse à portée de main pour qu’il puisse être picoré à l’envi. Si ce n’est pas de la vulgarisation, ça ?..

mardi 23 octobre 2012

La Bible de la religion cathodique


Les 500 émissions mythiques
De la Télévision française
Ecrit par Michel Drucker et Gilles Verlant
En partenariat avec l’INA (Institut National de l’Audiovisuel)
Beaux Livres Flammarion
528 pages / 700 illustrations
29,90 €

Mon avis : Plus de 500 pages racontant cinq décennies de Dame Télévision française de sa naissance aux années 2000, voici ce qu’on peut appeler un pavé de bonnes intentions !
Passé l’impressionnant sommaire, l’ouvrage s’ouvre en double page sur un fameux clin d’œil qui résume à lui seul ce demi-siècle : une photo réunissant Jacqueline Joubert et Georges de Caunes et un bambin dans son landau, leur très prometteur rejeton, Antoine… Ce cliché de 1954 en noir et blanc suscite en nous autant le sourire que l’émotion.

Avant de s’immerger plus avant dans ce recueil, même si ça peut paraître superfétatoire en raison de leur notoriété, il faut en présenter les auteurs.
Le gros de l’ouvrage est réalisé par Gilles Verlant. Il est entré « en télévision » il y a quarante ans, en 1972. Ce grand spécialiste de musique rock et de BD est autant renommé pour sa voix que pour sa plume. Voix de Rapido, puis de Canal+ pendant dix ans, on lui doit de nombreux portraits et biographies, la plus impressionnante étant celle de Serge Gainsbourg. Habitué à rédiger de grosses sommes, maniaque du détail et de l’information, il était on ne peut plus habilité à raconter l’histoire de la Télévision.
Le Monsieur Plus de cet ouvrage n’est autre que Michel Drucker. En 2014, il célébrera ses cinquante ans de télévision. Un demi-siècle dans le poste ! Il est sans conteste aujourd’hui la figure la plus emblématique de l’audiovisuel hexagonal. Le « plus », c’est de l’avoir fait réagir sur la plupart de ces 500 émissions. Ses encadrés constituent la valeur ajoutée, le sel de ce gros plat de résistance, sa respiration libre et sans langue de bois. Son extrême connaissance du milieu ajoutée à ses nombreuses expériences personnelles fait que ce livre fourmille d’anecdotes, de confidences et de réflexions qui le rendent encore plus riche et plus vivant.
Enfin, il faut signaler la collaboration à cet ouvrage de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) qui a permis l’accès à ses indispensables archives.

Impossible de parcourir Les 500 émissions mythiques de la Télévision Française d’un trait. Le classement étant chronologique et l’ouvrage divisé en cinq décennies elles-mêmes compartimentées en différentes thématiques (Information, Débat, Sport, Variétés, etc…) on peut l’aborder comme on le veut. Soit méthodiquement, de façon purement scolaire, soit en le picorant en fonction de vos goûts… ou de votre âge. Il est vrai qu’on a plutôt tendance à se jeter sur la période que l’on connaît le mieux, celle où l’on a été le plus téléphage.
Ce bouquin est d’une richesse incroyable. Difficile d’être plus exhaustif. Il y a tout ! Et on en apprend sur tout : genèse et historique des émissions, leur durée, portraits du ou des principaux protagonistes… Le tout est agrémenté d’une remarquable iconographie, des photos qui constituent pour nous autant de petites madeleines de Proust.
Ce que l’on qualifiait il y a quarante ans d’« étrange lucarne » est devenu, au fil de temps, un élément familier incontournable de notre quotidien. La télévision est, depuis pas mal de temps déjà, reconnue comme étant le loisir numéro 1 des Français.
Il fallait faire ce livre. A travers ses pages, on revit cinquante ans d’histoire, il synthétise l’étourdissante évolution de notre société, et il rend également hommage à toutes ces personnalités, toutes ces figures, qui nous ont accompagnés tout au long de notre vie.
Les 500 émissions mythiques de la Télévision Française, c’est la Bible pour tous les cathodiques (le Missel Drucker ?)…

mardi 7 février 2012

Petits moments d'ivresse


Livre d’entretiens réalisés par Gustave Kervern et Stéphanie Pillonca

Quelle belle idée ! Et quel bouquin inattendu !
De la cuite dans les idées ?... C’est ce qu’on s’attend à trouver dans cet ouvrage ; et pourtant, c’est ça et ce n’est pas ça. Certes on y évoque le souvenir de sévères bitures, on y parle des effets désinhibants de l’alcool, on y avoue le plaisir que l’on a à fréquenter la dive bouteille, mais on y aborde surtout un tas d’autres sujets. En effet, ce livre est bourré… bourré de confidences rares et intimistes, de révélations inattendues qui en font un bouquin qui va bien au-delà du thème scripto sensu de l’ivresse. C’est un ouvrage qui ne se boit pas cul sec. On le déguste, on le tète, on le laisse revenir en bouche. Un très grand cru.

Moi qui ai pratiqué plus de 3000 interviews (dont Depardieu, Mocky, Lio, de Caunes, Le Bolloc’h, Ribes, Efira, Tavernier, Bedos, Poelvoorde), le plus souvent dans la plus grande relation de confiance, j’ai rarement vu des gens se lâcher autant. L’effet Kervern sans doute. Bien qu’il connaisse la plupart de ses interlocuteurs, son approche est simple, naturelle, nimbée même d’une certaine timidité. Du coup, les gens se livrent presque sans s’en rendre compte.

Dans ce livre, il y a donc à boire… et à manger. Si certains entretiens m’ont littéralement scotché par la force de leur contenu, d’autres – de loin les moins nombreux - m’ont un peu laissé sur ma faim.
Les interviews qui m’ont emmené au ciel ou sur un petit nuage ? Et pour leur honnêteté, leur franchise, leur fond, leur humilité, leur originalité de ton, leurs informations (y’en a qui dénoncent) : Gérard Depardieu, Edouard Baer, Jean-Pierre Mocky, Miossec, Lio, Antoine de Caunes, Yolande Moreau, Yvan Le Bolloc’h, Amélie Nothomb, Jean-Pierre Darroussin, Fernando Arrabal, Jean-Michel Ribes, Julien Doré, Virginie Efira, Frédéric Beigbeder, Benjamin Biolay, Nicolas Bedos, Benoît Poelvoorde.
Quant à celles qui m’ont le moins enivré ce sont celles de Bénabar, Marjane Satrapi, Bertrand Tavernier, et surtout Sara Forestier. Tavernier par exemple a omis de parler de quelques cuites homériques survenues sur ses tournages (Marielle et Mitchell dans Coup de torchon, entre autres).
Donc quatre sur dix-huit, le quota est plus que largement proche de l’excellence.
Il faut lire Petits moments d’ivresse. On y apprend tellement de choses. Et quand on sait qu’il reste pas mal d’autres clients potentiels, on ne peut que souhaiter que Gustave et Stéphanie se remettent à l’ouvrage.

(Editions du Cherche Midi. 22 €)

mercredi 5 mars 2008

Claude François : collection privée









Nostalgia for ever

Le 11 mars prochain, cela fera trente ans que Claude François nous a quittés. Il avait 39 ans...
Trois décennies après sa tragique disparition, son souvenir reste toujours aussi vivace dans nos mémoires et son "oeuvre" ne cesse d'être diffusée sur les ondes. Il demeure intangiblement un des artistes les plus interprétés dans les karaokés et, avec la mode disco qui réapparaît, des derniers tubes comme Alexandrie Alexandra et Magnolias for ever n'ont pas leurs pareils pour enflammer les dance floors... Et son Moulin de Dannemois continue à accueillir chaque semaine des dizaines et des dizaines de visiteurs...

Aujourd'hui, ses deux fils, Claude et Marc, ont enfin décidé d'ouvrir leur armoire aux souvenirs et de raconter ce père entré si (trop) tôt dans la légende. Afin de se démarquer des ouvrages et des hommages plutôt conventionnels, les deux frères ont eu la judicieuse idée et la délicate pensée de nous faire partager les objets qui ont jalonné la vie et la carrière de Clo Clo.
Dans un somptueux livre-objet de 84 pages, illustré avec plus de 250 photos, ils nous proposent de découvrir et de toucher des documents et duplicatas aussi intimes et précieux que son certificat d'études, son permis de conduire, son passeport de 1963, mais aussi une couverture de Podium, un carton d'invitation, le fanion Flèche, un carnet de répétitions des Clodettes, des notes de service écrites de sa main, des cartes postales... et des dizaines d'autres objets tous plus marquants les uns que les autres, comme ce fameux télégramme d'Andy Feinman à propos de My Way.
Et enfin, cerise sur ce gâteau d'anniversaire tout bleu, ce livre contient un single inédit, Bye Bye Blackbird, la toute première chanson qu'il ait enregistrée et qui n'a jamais été mise en vente. Un objet unique !

Si l'on est fan de Claude François, cette Collection privée est sans conteste LE plus bel ouvrage auquel on puisse rêver pour approcher au plus près son idole. Original et indispensable. (44 €)