samedi 9 mai 2015

Fraissinet "Live"

Live
Valensole

A ma grande honte, j’avoue que je ne connaissais pas Fraissinet. C’est un ami qui m’en a parlé, qui m’a communiqué un lien pour l’écouter et… j’ai pris une claque.
Vedette consacrée en Suisse, ce garçon de 35 ans, a écrit et composé quatre albums dont un instrumental. Il a écumé les scènes francophones et il a décroché une bardée de prix dont certains très prestigieux (Académie Charles-Cros, Sacem)… Un petit tour sur Wikipédia m’a appris qu’il avait suivi des études supérieures de lettres et fréquenté assidument le monde du cinéma… Lettres et cinéma ! Ces deux mots associés offrent une belle indication pour définir son univers musical et son écriture qui, en toute logique, est aussi léchée qu’imagée.

Nicolas Fraissinet a donné ses premiers concerts assez tardivement, puisqu’il avait déjà 25 ans lorsqu’il s’est lancé sur scène. Faisant corps avec son piano, il fait partie de la grande tradition de la grande chanson française. C’est un excellent auteur doublé d’un compositeur hyper créatif. Les sonorités qu’il tire de son instrument sont aussi riches que variées. Les quelques parties de guitare, à chaque fois judicieuses, magnifient imparablement la chanson, nous rappelant parfois les grands groupes de hard rock hyper mélodieux des années 70/80.
Les chansons ne sont jamais mièvres, jamais gratuites, jamais misérabilistes. On sent chez lui de la fierté, une énergie positive. Sous une apparente fragilité, on sent plutôt un mec solide, bien qu’il ne soit pas vraiment sorti du monde de l’enfance ou, tout du moins, aime-t-il à l’entretenir en en évoquant principalement ses rêves et ses peurs.
Il tire de la souplesse de sa voix puissante, mélodieuse et tout à fait maîtrisée des intonations rares, des inflexions qui lui permettent de jouer certaines de ses chansons à l’instar d’un comédien.


Si, comme moi, vous ne le connaissiez pas, précipitez-vous sur l’album « Live » qu’il vient de sortir. Il contient la quintessence de toute son œuvre. Dix-huit titres dont neuf inédits qui vont vous transporter dans son monde « réalisticonirique ».
Somnambule, la chanson qui ouvre cet opus, le synthétise parfaitement. Tout Fraissinet y est contenu : une voix modulable à souhait, une écriture soignée, une interprétation habitée, un refrain aérien, un climat quasi obsessionnel et un piano partenaire et complice…
Tout ce qui suit est d’un très haut niveau. J’ai aimé la douceur et la musicalité du Sourire de ma mère, l’entrain slave et festif de Fantôme, la sombre réalité de L’amour, l’ambiance apaisante du Silence, la véhémence et les ruptures d’Araignée du soir
En fait, chacun de ses chansons est construite comme un petit film.


Parmi les nouveautés, j’ai particulièrement le vaudouesque et très rythmé Je nous vois grandir, la mousseuse légèreté et les guitares musclées de L’exil du pingouin, la force lancinante et les cordes de Reviens,
Mais avec lui, l’exercice du choix et de la préférence paraît bien vain tant chaque titre possède sa personnalité, ses arrangements et ses couleurs propres.

Plus je l’écoute, plus je me dis que je prêche dans le vide, que je m’adresse à des convaincus. Il est impossible que Fraissinet soit passé inaperçu par d’autres ignares que moi. Je bats ma coulpe, mais je vais me rattraper.
D’après l’atmosphère qui se dégage de cet album Live, je suis convaincu que Nicolas Fraissinet prend toute sa dimension sur scène. Heureusement, je n’aurais pas trop à attendre pour m’en repaître car il va se produire le 11 juin prochain sur la scène de l’Européen. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte…


1 commentaire:

CC C a dit…

Je partage l'enthousiasme de "Critikator" ayant moi aussi découvert Nicolas que récemment