vendredi 5 avril 2019

Franck Dubosc "Fifty / Fifty"


Le Dôme de Paris / Palais des Sports
34, boulevard Victor
75015 Paris
Tel : 01 48 28 40 10
Métro : Porte de Versailles

Seul en scène écrit et interprété par Franck Dubosc

Présentation : « A 50 balais, le plus dur c’est que t’es vieux pour les jeunes, et t’es un jeune pour les vieux ; t’es fifty-fifty… Mi-figue, mi-raisin… Sec, pour le coup ».
A la fois éternel séducteur aux yeux couleur océan et jeune papa poule attendri par ses deux petits super-héros, Franck Dubosc nous livre un nouveau spectacle d’une sincérité totale et d’une drôlerie imparable. « J’ai 50 ans et j’aime ça ! »…

Mon avis : Franck Dubosc assume. Il assume tout : son âge, ses cheveux de plus en plus envahis par le sel au détriment du poivre, ses petits ennuis physiques, les « engueulades » dans son couple «  à cause des gosses », sa gestion de la notoriété… Elégant, silhouette affûtée, excellente forme physique attestée par quelques pas de danse, à peine est-il sur scène qu’il nous annonce la couleur : Fifty Fifty est « un spectacle sans tabou ». Il va tout nous confier, sans concession, quitte à se montrer parfois un peu « trash ».


Sur le plan comptable, les années en « 9 » constituent des chiffres symboliques pour Franck Dubosc. Il a commencé à la télévision, dans Temps X au côté des frères Bogdanoff en 1979. Il a présenté son premier one man show, J’ vous ai pas raconté ?, au Splendid en 1999. Il s’est marié en 2009. Et le revoici en 2019 avec son cinquième seul en scène… Après quarante ans de carrière dont vingt consacrés au one man show (un nouveau spectacle tous les 4-5 ans), il a donc décidé de faire un point à mi-parcours. D’où Fifty Fifty.

Excellente idée que de procéder, à 50 balais (voire un peu plus), à un check-up artistique. Aussi, comme annoncé, Franck Dubosc nous parle franchement, sincèrement, cash. Et il ne fait pas les choses à moitié. Refermée la parenthèse « A l’état sauvage ». Age oblige, avec entre autres ses obligations parentales, il est rentré dans le rang.
Ni jeune, ni vieux, il apprécie cet entre-deux. Il s’y sent bien… Avec sa façon unique de raconter, il nous ouvre les portes de son intimité. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il peut passer sans transition de l’autodérision à la fanfaronnade, de la tendresse à la goujaterie, de la poésie au trivial. Champion de la pirouette, adepte de la virevolte, Franck Dubosc adore les phrases à double sens et les pointes d’humour noir. Il s’en amuse lui-même. 50 ans, certes, mais il revendique toujours son esprit potache et son penchant pour le pipi-caca.


Interprété sans aucun temps mort, ce one man « chaud » qui dure pratiquement deux heures, est divisé en plusieurs chapitres thématiques entrecoupés régulièrement d’interpellations des quelques spectateurs sur lesquels il a jeté son dévolu. Ce rythme, cette diversité des sujets abordés (y compris les plus personnels), l’originalité des images qu’il utilise pour illustrer ses propos et la variété des situations croquignolesques font qu’on ne s’ennuie pas une seconde. Et il faut voir comme il occupe l’espace. Remarquez, avec 50 balais, c’est facile de faire l’essuie-glace sur la grande scène du Palais des Sports.

Fifty Fifty sur l’échelle du temps, mais 100% d’amour et d’humanité. Il est amoureux de sa femme – il lui rend d’ailleurs un vibrant hommage -, il adore ses garçons, il est très attaché à sa mère, et il aime son public. Par pudeur et aussi, un peu, par provocation, il s’efforce de diluer ces nobles sentiments dans la gaudriole et les plaisanteries plus ou moins douteuses. Mais personne n’est dupe.
Enfin, soyez rassurées mesdames et mesdemoiselles, votre « Franckie » n’est en rien émoussé par la cinquantaine, il a toujours le sang qui bout. C'est lui, du moins, qui l'affirme…

Gilbert « Critikator » Jouin