vendredi 14 mars 2008

Il y a longtemps que je t'aime


Un film de Philippe Claudel
Musique de Jean-Louis Aubert
Avec Kristin Scott Thomas (Juliette), Elsa Zylberstein (Léa), Serge Hazanavicius (Luc), Laurent Grevill(Michel), Frédéric Pierrot (Fauré), Lise Ségur (P'tit Lys), Jean-Claude Arnaud (Papy Paul)...
Durée : 1 h 55
Sortie le 19 mars 2008

Ma note : 7,5/10

L'histoire : Pendant quinze années, Juliette n'a eu aucun lien avec sa famille qui l'avait rejetée. Alors que la vie les avait brutalement séparées, elle retrouve sa jeune soeur, Léa, qui l'accueille chez elle, auprès de son mari Luc, du père de celui-ci et de leurs deux fillettes adoptées...

Mon avis : Je dois avouer, un peu penaud, que je suis venu à cette projection en traînant sensiblement des pieds. Bon, le temps n'étant pas folichon, j'avais suivi le mouvement... Deux heures plus tard, je me retrouvais bien enfoncé dans mon siège avec à l'âme un doux sentiment très agréable, les yeux légèrement humides et, sans doute, avec un sourire un peu niais...

Pas question de raconter l'histoire et d'en dévoiler les rebondissemnts. Bon, d'accord, il y a un secret de famille. On le sent, on le sait dès le début. Ce qui importe dans ce film, c'est sa trame, c'est l'évolution des sentiments... Et c'est surtout le jeu absolument remarquable de deux comédiennes particulièrement habitées, sensibles, fortes et fragiles et tellement aimables (dans le sens noble du terme).
Nous sommes à Nancy. C'est la province avec son rythme un peu mollasson, son climat pas spécialement attractif... Le début du film est lent, très lent même. Il fait en quelque sorte pour nous office de round d'observation. Immédiatement, on s'attache à Juliette, le personnage qu'incarne (le terme n'est pas trop fort) Kristin Scott Thomas. Elle nous fascine, nous intrigue, nous touche, nous émeut. C'est une taiseuse, repliée sur elle-même, qui ne s'exprime guère que par de longs regards tour à tour mélancoliques, révoltés, résignés, aimants. Tout se passe dans sa tête, mais elle sait fort bien nous le communiquer.
En face d'elle, il y a Léa, sa soeur (Elsa Zylberstein). Son personnage va être tout au long du film un élément déclencheur. C'est elle qui, à la fois avec maladresse et opiniâtreté, va faire bouger les choses et essayer de fissurer cette chappe de plomb qui dissimule le lourd secret de son aînée. Bien que gênée aux entournures parce que sa soeur ne lui facilite pas la tâche, peu aidée non plus par son chercheur de mari, Léa va s'appliquer consciencieusement à reconstruire quelque chose.
Inexorablement, la tension monte.
Les deux femmes portent tout le film sur leurs épaules. Elles sont indissociables. Les autres personnages font office d'aiguillons destinés à amener des réactions. Ce ne sont finalement que des rôles secondaires, mais ô combien nécessaires. Le mari aussi pragmatique que peu coopératif ; le flic, décalé, idéaliste, désabusé, fatigué ; P'tit Lys, l'aînée des gamines qui, avec l'impertinence de son jeune âge, exprime tout haut des commentaires que les adultes retiennent. Et, chez elle aussi, la caméra choppe de profonds regards qui en disent long ; il y a le grand-père, témoin silencieux et confident bienveillant ; enfin, il ya Michel, un type banal, normal, sympa qui, comme le grand-père, redore quelque peu le blason masculin.

Ce film est émaillé de quelques scènes qui sont autant de grands moments : le rendez-vous d'embauche de Juliette, les parties de piano, le dîner à la campagne...

Sans une once de pathos, on progresse lentement en une longue montée vers l'ouverture de vannes comprimant des coeurs trop longtemps asséchés. Ces lenteurs sont nécessaires, indispensables. Kristin Scott Thomas joue toute en retenue, en nuances, en finesse. Quels regards, quels sourires fugaces mais tellement lumineux. Ses yeux si clairs se plongent dans les nôtres, nous pénètrent, nous fouaillent. Ils parviennent à dénicher ce qu'il y a de meilleur en nous et ça nous fait un bien fou. Elle a là un rôle magnifique qui compte dans une carrière. Et Elsa Zylberstein se hisse brillamment à son très haut niveau.
Il y a longtemps que je n'avais pas autant aimé deux actrices, aussi belles et sensibles.

1 commentaire:

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