mercredi 13 novembre 2013

Sacha Judaszko "Chauffe la salle"

Petit Palais des Glaces
37, rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
Tel : 01 48 03 11 36
Métro ; République / Goncourt

One man show écrit et interprété par Sacha Judaszko

Présentation : Dans son nouveau spectacle, Sacha Judaszko chauffe la salle jusqu’à l’ébullition et met le feu à la morosité ambiante. Normal, chauffeur de salle, ce fut son job avant de passer la rampe pour se mettre en lumière.
En plus d’être la révélation la plus chauve de l’émission On n’ demande qu’à en rire sur France 2, Sacha est sans doute l’un des artistes les plus roux de sa génération. Chauve et roux, est-ce vraiment le cocktail idéal pour séduire les femmes ? Est-ce le CV parfait pour décrocher les premiers rôles ? Est-ce le profil rêvé pour se faire des amis, pour garder ses parents, pour prétendre à une allocation handicapé ? Si on y ajoute ses origines suspectes, pour ne pas dire sémites, et une propension déraisonnable à être de bonne humeur malgré toutes ses tares, on peut dire que Sacha a tout pour réussir… à nous faire rire !

Mon avis : Sacha Judaszko est un peu l’enfant qu’auraient pu avoir Patrick Timsit et Elisabeth Buffet ! Un enfant roux, bien sûr, mais surtout un vrai sale gosse qui ferait rien qu’à se moquer de tous et de tout. Du premier il aurait hérité le cynisme de façade et de la seconde le parti pris d’appeler un chat un chat.
Lorsqu’il annonce sur l’affiche qu’il « chauffe la salle », il tient parole. Au propre comme au figuré. Non seulement, il apparaît très humblement comme le personnage chargé de « chauffer » le public avant l’arrivée de l’artiste, mais ce message induit également que le spectacle de va pas être tiède.


Ce spectacle est très personnel. Il fourmille de détails autobiographiques. En fait, Sacha se raconte pendant plus d’une heure. Et quand Judaszko narre, Judaszko casse. Il se moque d’abord de lui-même. Il évoque sa singularité à avoir été un enfant roux. Un véritable handicap dont il se rit aujourd’hui mais qui a dû salement le complexer. Des quolibets qu’il a essuyés, il en a fait un mot : le roussisme. Seulement, il n’existe pas de SOS Roussisme, alors il faut bien apprendre à gérer, partant du principe que ce qui ne pue pas nous rend plus fort… En tout cas, on a l’impression que sa « chauvitude » précoce l’a bien arrangé.

Sacha Judaszko est un véritable chamboule-tout. Il bombarde à tout-va jusqu’à ce qu’il ne reste vraiment plus rien sur l’étagère : les handicapés, les Noirs, les Juifs, les Arabes, les Roms, les mendiants… Tout le monde y passe. Même la mort. Il réussit à nous faire rire avec la mort ! L’œil rigolard, il nous tire son irrévérence. Plus il choque, plus il est heureux. Et il y réussit pleinement car on n’arrête pas d’entendre des petits cris offusqués, pour la plupart féminins. Ce doit être très jouissif pour l’excellent auteur qu’il est.


Sacha est également le champion du rebondissement. C’est Monsieur Plus. On croit qu’il a fini sa phrase, mais non, il y ajoute la réflexion ou la saillie qui tuent. Il est en outre un remarquable comédien et il bouge vraiment bien (nous en avons eu pour preuve cette séquence hilarante consacrée à la danse). Il établit d’emblée un super contact avec le public. On sent qu’il a besoin de cet échange tout en sachant que ce sera toujours lui qui aura le dernier mot ; voire le dernier gros mot car le bougre ne dédaigne pas la scatologie. Il excelle itou dans l’humour noir, parfois très noir. Et puis, il ne faut pas oublier que dans Judaszko, il y a « Judas ». Il n’hésite pas à trahir le secret familial, à nous révéler des choses très intimes. Ses parents prennent grave ! Il nous le fait d’abord, et de façon très convaincante, à l’émotion. On est vraiment touché. Le silence est total et respectueux. Et puis, hop, la pirouette et le sourire qui tuent… Comme je le mentionnais plus haut, Sacha a toujours gardé en lui son côté sale gosse qui cherche sans cesse à accomplir les pires blagues. Il n’hésite pas non plus à élever le mauvais goût à l’état d’institution.
Mais c’est tellement bien fait. Tout cela est joué et dit avec tant de jubilation qu’on lui pardonne tout. On est faits pour s’entendre. Il adore provoquer et nous on est venus pour être un peu bousculés. C’est ce registre-là qu’on est venu chercher : un Sacha chassant choquer. Il fait l’éclatante démonstration qu’on peut rire de tout quand on sent que ce n’est qu’un jeu et que le fond est bon.


Bref, Sacha Judaszko fait partie du petit peloton de formidables humoristes, auteurs et acteurs que l’émission de Laurent Ruquier, On n’ demande qu’à en rire, a révélés. Il est indéniable qu’une belle carrière l’attend et je ne serais pas surpris de le retrouver bientôt au cinéma ou dans une pièce de théâtre. Il en a le talent et le physique.