mardi 21 juillet 2009

Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires)


Un film d’Ivan Calbérac
Avec Mathilde Seigner (Marjorie), Bernard Campan (François), Bertille Chabert (Léa), Grégori Bérangère (Jérôme), Judith Davis (Pauline), Danièle Lebrun (Nicole), Jean-Baptiste Fonck (Maxime), Keyne Cuypers (Hugo), Manon valentin (Chloé), José Paul (Le principal)…
Sortie le 22 juillet 2009.

Ma note : 6,5/10

L’histoire : Léa, 12 ans, aurait aimé vivre dans une autre famille…
Une famille où l’on ne se sépare pas, où l’on n’a pas deux maisons… Une famille où sa mère la comprendrait mieux, où son père aurait un peu plus les pieds sur terre et où son petit frère écolo ne lui reprocherait pas le temps passé sous la douche sous prétexte qu’il n’y aura bientôt plus d’eau sur la planète…
Cette année-là, Léa entre en cinquième. Tandis que son père et sa mère tentent de reconstruire leur vie, elle va connaître son premier amour, celui qui bouscule les certitudes sur le monde, sur les parents, celui qui fait qu’on n’est plus jamais vraiment la même…

Mon avis : Comédie douce-amère plutôt sympathique, Une semaine sur deux aborde un sujet on ne peut plus dans l’air du temps : la séparation, les familles recomposées ou qui essaient de l’être, les enfants tiraillés qui ne savent plus très bien où est leur place, les ados qui cherchent à construire leur futur alors même qu’ils vivent leurs premières amours, et les parents, encore jeunes, empêtrés avec leur toute nouvelle liberté en courant alternatif, qui rêvent de rencontrer enfin leur moitié d’orange… Ce film, c’est tout ça. Alors dire que l’on se sent obligatoirement concerné est un doux euphémisme. Quel que soit son âge, on est partie prenante. Après, il faut se résoudre à accepter l’interprétation du réalisateur et sa vision des choses…

Pour paraphraser le titre, tout du moins pour ce qui concerne, j’y ai pris du plaisir… sur deux. Enfin, pour être honnête, ce film est aux trois-quarts plutôt agréable. On va se débarrasser tout de suite du quart indigeste. Au début, on nous présente les deux enfants, Léa et Maxime, plus matures que leurs parents. Ça peut arriver bien sûr, mais avec un tel décalage. D’autant qu’on leur met dans la bouche des propos par trop sentencieux. Le petit garçon, intégriste de l’écologie, frise même le surdoué tant ses réflexions sont empreintes d’une sagesse agaçante… Parmi les condisciples de Léa, figure une certaine Chloé qui s’avère franchement insupportable. On veut bien qu’il y ait des ados qui se la pètent mais elle, elle est en permanence dans le surjeu. C’en est fatiguant alors qu’on suppose que ce personnage était là pour nous amuser… Enfin, la scène de psychothérapie est tellement décalée qu’elle en devient grotesque.

Voilà ce qui m’a gêné dans ce film. Maintenant, passons à ce qui est largement positif.

Les deux gamins, Max et Léa, sont vraiment formidables. Ils ont ensemble quelques scènes troublantes de justesse. Leur binôme fonctionne parfaitement. Max (Jean-Baptiste Fonck), avec sa bonne bouille craquante est parfois touchant de fragilité. Quant à Léa, elle tisse le fil rouge de cette histoire avec une présence vibrante et criante de vérité. Des Léa comme ça, on en croise dans notre vie de tous les jours. Ce qui rend d’ailleurs ce film plus attachant, c’est qu’on le vit la plupart du temps à travers les sensations qu’elle éprouve. Elle a les excès, les emportements, les enthousiasmes, les peines, les souffrances, les bonheurs exacerbés propres aux jeunes filles de son âge. Rebelles et romantiques, quoi ! Bref, Bertille Chabert est réellement excellente, et crédible.

Les adultes maintenant… Bernard Campan et Mathilde Seigner ont hérité là de rôles sur mesure. De film en film, Mathilde Seigner ne fait que s’affirmer comme une de nos actrices majeures. Dans tous les registres, elle est juste. Difficile de lui trouver une faille. On n’a pas l’impression qu’elle joue, elle se contente d’être avec un naturel désarmant… Bernard Campan explore encore une nouvelle facette de son talent avec ce personnage tellement masculin dans ses indécisions, ses volte-face, ses maladresses. C’est un doux rêveur, gentiment idéaliste et franchement utopiste. Un peu trop même… Et, comme à son habitude, Danièle Lebrun est toujours aussi remarquable.
Ce film est truffé de très belles scènes. J’ai évoqué plus haut, la complicité entre les deux gamins. On vit aussi des moments très forts dans les relations mère-fille et père-fille. De même les scènes de repas entre Grégori Derangère et Mathilde Seigner sont un régal de comédie. Itou pour le formidable numéro de duettistes auxquels se livrent Grégori Derangère et Bernard Campan … Enfin, les dialogues sont le plus souvent pertinents, plaisants, inventifs, joliment troussés.

En conclusion Une semaine sur deux est un film intergénérationnel qui devrait plaire au plus grand nombre, et surtout aux ados. On y a évidemment la confirmation que ce n’est vraiment pas facile d’être parent(s). la tâche est franchement délicate. Surtout quand on veut gérer sa propre vie en parallèle. La leçon essentielle que l’on retire en tout cas de ce film, c’est qu’il FAUT toujours se dire les choses, ne pas se mentir. Les relations en sont tellement simplifiées !