vendredi 15 septembre 2017

Gérémy Crédeville "Parfait (et encore je suis modeste)

Théâtre du Marais
37, rue Volta
75003 Paris
Tel : 01 71 73 97 83

Seul en scène écrit par Gérémy Crédeville
Mis en scène par Benjamin Guedj, Stéphane Casez

Présentation : Il aurait pu faire de la radio mais, hélas, il n’avait pas le physique pour…
Dans Parfait (et encore, je suis modeste), Gérémy Crédeville nous prouve que l’élégance peut côtoyer le trash à travers le personnage de G., caricature du beau gosse qui pense que tout lui réussit, qui caresse des rêves d’Olympia comme on caresserait un cheval gentil. Ah oui, il y a aussi de l’absurde dans ce spectacle…

Mon avis : Gérémy Crédeville, un vent venu du Nord pour apporter beaucoup de fraîcheur dans le domaine du stand-up… Gérémy ? Oui, vous avez bien lu. Gérémy avec un « G », un « G » comme gonflé, gracieux, goguenard, garnement, gommeux, gondolant, grivois, gaulois, gaguesque, galant… Non, pas galant ! Pas vraiment. Ou alors, il faudrait que la gent féminine soit particulièrement maso.
Quand je parle de fraîcheur, je pense aussi à nouveauté. Depuis trente ans, j’en ai vu arriver des humoristes. Tout de suite, on décèle s’il y a un vrai potentiel, une forte personnalité, un ton, du fond, de l’originalité, pour leur prédire une longue carrière… C’est le cas de Gérémy Crédeville. Il nous cueille dès le début. Sa première demi-heure est un véritable feu d’artifices.


D’abord, il est servi par son physique GBB : grand, beau, blond. Ajoutez à cela un timbre de voix grave, profond, velouté, enjôleur, une voix qu’il s’amuse souvent à rendre aigue pour créer un dialogue avec un personnage féminin… Gérémy ne nous prend pas en traître. Tout est dit dans le titre de son spectacle : Parfait (et encore je suis modeste). Alors, il y va à fond. Pratiquant en permanence l’abus de confiance (en lui), il ne fait pas dans la demi-mesure. Il n’y peut rien, c’est comme ça ; c’est à prendre ou à lécher (comme une vitrine attrayante). Ebouriffé autant qu’ébouriffant, ce garçon a tous les talents. J’ai rarement entendu autant de trouvailles dans un stand-up. Comédien accompli, excellant dans la pratique du mime, il sait tout faire avec son corps et avec son visage.


Cette qualité d’expression(s), il la met toute entière au service d’un texte particulièrement ciselé et abouti. Images aussi audacieuses qu’irrésistibles, blagues à jet continu, digressions loufoques, apartés impertinents, sens de la répartie avec le public, vocabulaire riche et précis, autodérision réjouissante, saine gaillardise, petits crochets en absurdie … délicieusement irrévérencieux, il est tout à la fois le chevalier paillard, un pédant de Molière, Jean-Pierre Marielle dans Les galettes de Pont-Aven, Jean-Paul Belmondo dans Le Magnifique… Parfois, on même l’impression qu’il est plusieurs !

Je ne veux pas dévoiler toutes les arcanes de ce seul en scène absolument jubilatoire. J’y ai vraiment pris plus d’une heure de plaisir, tant pour l’originalité des vannes, la valeur du texte et la qualité du visuel.
J’ai ri, j’ai re-ri, et gérémy ça tout au long du spectacle.
Je prends aujourd’hui tous les paris : ce garçon se hissera très vite sur la scène de l’Olympia.

Gilbert « Critikator » Jouin

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je suis d'accord avec la critique et je suis certain que Geremy fera une grande carrière. J'étais plié du début à la fin de son spectacle. Bravo