mardi 17 août 2021

Le Clos aux Masques

 



Nous venons de vivre trois jours idylliques au "Clos aux Masques", gîte et chambres d'hôtes situé à quelques encablures de Deauville et de Villers-sur-Mer. Cet authentique "trou normand" est un véritable havre de paix.

Les bâtiments sont nichés dans un écrin de verdure privatif de 5000 m2 (avec terrain de boules).

Anne et Andrea, les hôtes de ces lieux, sont des gens particulièrement accueillants et chaleureux. Ils font Disponibles et naturels, ils font tout ce qui est en leur possible pour que notre séjour se passe dans les conditions les plus agréables. Ils subviennent au moindre de nos désirs et, même, ils les devancent !



Le petit-déjeuner est ici élevé au rang de cérémonial. Il est préparé avec beaucoup de soin : petites tranches de pain découpées en tartines, grande variété de confitures, gâteaux faits maison différents chaque jour, fromages (Ah ce camembert !), yaourts, fruits de saison à volonté, jus de pomme artisanal... Et puis il y a la partie strictement réservée à Andrea : la charcuterie. Comme lui, elle est italienne : mortadelle, jambon blanc légèrement épicé, jambon cru, etc... Elle est amoureusement découpée en tranches extra-fines, ce qui en rehausse le goût.

Tout en dégustant ces délicieux produits, on devise, on s'informe, on plaisante avec Anne et Andrea ou avec nos voisins de table. Tout est mis en oeuvre pour que l'ambiance soit la plus conviviale possible.

Notre chambre, la chambre "Rome", avec ses poutres apparentes striant les murs, rappelait qu'elle fut jadis une étable. Son lit XXL nous proposait un confort maximum... Quant à la salle de bain, esthétiquement décorée de travertin (lui aussi originaire d'Italie), elle était fonctionnelle et fort agréable.

Voici donc un endroit que l'on n'a pas le droit de garder jalousement pour soi. Il faut en faire profiter les gens de goût, amateurs de nature et, surtout, de belles valeurs humaines. Je le recommande vivement.


Le Clos aux Masques

14950 Saint-Pierre-Azif

Tel : 09 72 44 02 06 / 06 46 82 71 53

jeudi 20 mai 2021


Conte Jouin n° 24


Autoportrait d'une jeune femme qui n'est pas au-dessus de tout suçon...


Sangsue sensuelle

 

 Sangsue sensuelle

C’est comme ça

Que tu m’appelles

Quand sans repos

Je promèn’ ma bouch’ sur ta peau

 

Sangsue sensuelle

Je mets des bas

Et des dentelles

Pas de collants

Tu trouves ce mot désolant

 

Anguill’ languissante

Je sens mon sang

Mes sentiments, se fair’ pressants

Mais t’es absent, c’est agaçant

Même vexant


 
Louve inassouvie

Quand j’ai envie

Qu’ tu m’ suives au lit

Sans préavis

Toi tu n’ pens’ qu’à ta survie

 

J’ai ma rançon si

Tu sombres au son

De mes suçons

Si sans façons, p’tit polisson

T’as des frissons

 

Sangsue sensuelle

C’est comme ça

Que tu m’appelles

De lun’ de miel en septièm’ ciel

Mais t’es hanté

Par ta santé

 


mardi 11 mai 2021


Conte Jouin n° 23

A la relecture, je reconnais deux de mes principales influences, Brassens et Nougaro...


Déprime

 

Merde, voilà la pluie qui dégringole

J’ vais avoir de la flott’ plein les grolles

Ras-l’ bol

Au contraire, ça complète la fête

Ça fait vraiment décor de défaite

Je marche, je marche, je marche, je marche

Je ne sais même pas où je vais

 

Ça fait une drôle d’impression

Et je me sens vraiment tout couillon

C’est con

J’ai mal autant au cœur qu’à la tête

J’ai envie de hurler comme une bête

Plaqué, plaqué, plaqué, plaqué

Je n’ pensais pas qu’ ça puiss’ m’arriver

 

Ell’ m’a fait ce soir une de ces scènes

Je ne suis plus celui qu’elle aime

Alors je suis parti

Je longe la Seine, une autre, et je la suis


 L’eau est sale et grise comme ma vie

Ell’ ne me fait même pas envie

Les filles

Ce sont toutes des garces et des coquettes

Leur caprice fini, elles nous jettent

Je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime

Je ne vais tout de même pas me suicider

 

Tiens, elle n’est pas laide cette fille

Et, en plus, elle a un parapluie

Allez, je l’aborde, tout de suite

Avant qu’ la pluie s’arrête…

 


vendredi 7 mai 2021


Conte Jouin n° 22

Ah les taies, alité à l'été !...


Slow des taies

 

 Slows des taies

Des taies d’oreiller

Jonchant, éparpillés

Sur une terrasse ombragée

Face à la Méditerranée

Slow des taies

Des taies d’oreiller

Décor ensoleillé

Enlacés, tout nus, quel régal

Et pour seuls témoins les cigales

 

Nos cils laissent filtrer

Une lumièr’ bleutée

Le soleil est très haut

Nous, on se sent très beaux

Tous les deux alanguis

Les doigts mêlés, unis

On respir’ le bonheur

Et la garrigue en fleurs

 

Slow des taies…


 Le temps s’est arrêté

Profitant de l’été

Il bull’, je le devine

Au bord de la piscine

Même qu’on envisage

Si on a le courage

Peut-êtr’ d’aller s’ baigner

Y’a dix mètres à s’ traîner

 

Slow des taies…

 

Ton bronzage est parfait

Ta peau, couleur café

S’harmonise encor’ mieux

Au blond de tes cheveux

Je m’ lass’ pas de te voir

Déjà, j’ pense à ce soir

Je suis, j’ peux pas l’ cacher

Pressé d’aller m’ coucher

 

Slow des taies…


mardi 4 mai 2021


Conte Jouin n° 21

Et dire que ça fait plus de 50 ans que je ne bois plus d'alcool !


De la cuite dans les idées

 

 Je suis accroupi, agrippé à la table de nuit

Et j’essaie d’attraper mon lit qui, dans un coin, danse le boogie

Pas croyable ce que j’ai pu boire

Faut qu’ j’allume mes antibrouillards

J’ai la tête comme un flipper

Entre les dents, le cœur

Dans l’ cerveau un marteau-piqueur

 

Je suis avachi, un coude dans le vase de nuit

Et pis, j’ fais la gueule à mon lit qui bouge tout l’ temps, ce malpoli

Je vais voir si au moins la baignoire

Va pouvoir me recevoir ce soir

Je ne sais même plus très bien où s’ trouve la salle de bain

D’ailleurs, c’est bien trop loin, je vais m’ perdre en chemin

Je n’y arriv’rais qu’après-demain

 

Je suis abruti, roule dans la descente de lit

Je suis fâché depuis qu’ mon lit m’a refusé une danse du tapis

J’essaie de retrouver pourquoi j’ai picolé

Faut un bon motif pour prendre une aussi belle muflée

Le sol est jonché de bouteilles vidées

Pour les écluser, je suis certain qu’y a des copains qui m’ont aidé

 

Ça y est, j’ai vomi. J’ai raté d’peu le vase de nuit

Par contre j’ai pas manqué mon lit, je regrette pas, bien fait pour lui

J’ai la tête comme un hall de gare

Un train arrive, un autre part

J’essaie de trouver la raison de cette foire

Mon pauvre cerveau réclame des nageoires

Ça y est ! Je retrouve la mémoire :

 

Tous mes bons amis sont venus fêter cette nuit

Mon divorce enfin prononcé

Et, en plus, à torts partagés…

 

 

 

 

 

 

 

 


mercredi 28 avril 2021


Conte Jouin n° 20

Texte largement inspiré par l'excellent "Constipation Blues" de l'inénarrable Sreamin' Jay Hawkins


Sur le pot d’ la vie con

 

Assis sur la lunette

J’essaie de fair’ caca

Et d’ refair’ la planète

Qui m’ caus’ bien du tracas

Les coud’ sur les genoux

La tête entre les mains

J’ai tout l’air entre nous

Du penseur de Rodin

 

Et je pousse, je pousse

Malgré mes crispations

J’ trouv’ pas de solution

Et je pousse, je pousse

Pas de libération

C’est la constipation

 

Problèmes d’intestins

Problèm’ de société

On est comm’ des crétins

Quand y’a pas d’ débouchés

Crispé, sourcils froncés

Sans cess’ je me répète

Qu’à force de forcer

Y faudra bien qu’ ça pète

 

Et je pousse, je pousse…

 

Tiens, déjà à l’armée

Mes problèm’ de colon

Auraient dû m’alarmer

Mais j’étais jeune et bon

Je devins fonctionnaire

Attaché d’ cabinet

J’ai dû m’ bouffer les nerfs

Pour pas me débiner

 

Et je pousse, je pousse…


 Si ça conteste tant

Si tant d’ gens sont déçus

C’est pas sans fondements

Qu’on en a plein le cul

Faut baisser l’ pantalon

A longueur de journée

Marcher à reculons

Et se faire entuber

 

Et je pousse, je pousse…

 

Lorsque rêves et désirs

Petit à p’tit s’affaissent

Qu’y n’ rest’ comm’ plaisirs

Que les histoir’ de fesses

On se sent tout petit

Coincé, cloué, vissé

On en prend son parti

Et on laisse pisser

 

Et je pousse, je pousse…

 

Pour l’intestin rétif

S’il existe un remède

Y’a pas de laxatif

Pour cett’ société laide

Et dans les chiottes au moins

C’est pas comm’ dans l’ cerveau :

On peut, en cas d’ besoin

Tirer la chasse d’eau

 

Petite conclusion sur un air connu, « Sur le pont d’Avignon » :

Sur le pot d’ la vie con

On y pense, on y pense

Sur le pot d’ la vie con

On y pense

Tout sent pas bon

 

 

 


vendredi 23 avril 2021


Conte Jouin n° 19

J'étais encore jeune. Influencé sans doute par Brel, je me faisais peu d'illusions. Quoi que...


Curriculum

 

J’suis entré dans la vie comm’ par inadvertance

Mon enfance a passé l’espace d’une danse

Ayant pour le lycée que fort peu d’attirance

J’ai suivi un chemin sans moindre consistance

 

Si je ne suis conscient que de mon inconscience

Ce n’est pas de ma faute, il faut m’en excuser

J’ai plongé dans le mal sans la moindre défiance

Et puis j’y suis resté par flemme de changer

 

Je n’ai pour aucun dieu l’espoir d’une croyance

Je crois plus volontiers à une grande amitié

Je fais même à l’amour de temps en temps confiance

La vue d’un chien battu me fait de la pitié


 Je n’ai pour les bourgeois aucune déférence

Ils sont gras, dédaigneux et puants de principes

Tout pourrit avec eux dans leur indifférence

Ni le froid, ni la faim ne leur nouant les tripes

 

Je crois que l’avenir offre peu d’espérance

Effaçant peu à peu en nous tout romantisme

Nos cerveaux mécaniques dans leur grande aberrance

Ne croient qu’en la technique et louent le modernisme

 

Mais qu’à cela ne tienne, j’ai en moi l’assurance

Que chaque être ici-bas aime vivre sa vie

Et le bon sens aidant on prend son existence

Comme la seule chose que l’on a pour la vie