jeudi 10 décembre 2009

Eddy Mitchell "Grand Ecran"



Ma note : 8,5/10

Et bien voilà un album qu’il est bon ! Très bon même. Un vrai petit bijou avec de formidables arrangements sur lesquels notre Eddy croone avec un bonheur évident. C’est en tout cas l’album-hommage qu’il devait à sa passion pour le septième art, une passion aussi vivace, sinon plus, que celle qu’il nourrit pour la chanson. Ce goût pour le cinéma américain lui fut inculqué dès son plus jeune âge par son père. Nourri aux fameux westerns des années 50, il en est un des spécialistes les plus érudits. Admirateur inconditionnel de Robert Mitchum, il a animé pendant plus de quinze ans La dernière séance sur France 3, sorte de ciné-club tout entier dédié aux films produits par les plus grands studios d’outre-Atlantique. Si le western bien sûr s’y taillait la part du lion, il ne manquait jamais de programmer également des films de pirates, des péplums, des films noirs, des polars, des films musicaux, des films de cape et d’épée, des thrillers et même quelques films d’épouvante.

N’ayant plus d’émission de télévision pour évoquer cet amour absolu pour tout ce que le cinéma hollywoodien lui a apporté, Eddy Mitchell a eu la judicieuse idée de le lui rendre en chansons en reprenant une quinzaine de ses plus grands standards. Pour cela, il est carrément allé les enregistrer en Californie, à Burbank, non loin... d’Hollywood.

Disons-le tout net, le choix des titres est imparable. La plupart de ces chansons, on les a gravées dans notre mémoire. Parfois, les chansons, sont bien plus connues que les films eux-mêmes. Sont passées à la postérité. Or, dans ce Grand Ecran d’Eddy Mitchell, elles sont totalement réinventées grâce à de somptueux arrangements. Eddy les a mises à sa sauce et à son style à lui, avec son grain de voix et, surtout, son incomparable phrasé et sa nonchalante élégance.
On retrouve ainsi une multitude de guitares, de l’harmonica, de l’harmonium, des trompettes mexicaines, des saxos, de la clarinette, du bugle, du trombone, différents pianos comme le Rhodes, de la pedal steel (indispensable), de la mandoline, du vibraphone, de la harpe, etc, etc… Cela donne une multitude de climats et de couleurs qui en font une album musicalement somptueux (je vous conseille de l’écouter au casque).

Côté chanson maintenant…
Celle qui m’a le moins emballé, c’est Frappe aux portes du paradis. Ça tombe bien, c’est la première ! Après ce n’est que du (grand) bonheur. C’est vrai, ce premier titre, extrait de Pat Garrett et Billy le Kid, s’avère un tantinet répétitif et mollasson. Pas évident de la faire sonner en français.
Mais dès Toute la pluie tombe sur moi, on tombe dans l’enchantement le plus béat. Les images de Paul Newman et Robert Redford virevoltant sur leur bécane nous illuminent immédiatement la mémoire. Magie du cinéma ! Et Eddy se balade avec eux, comme s’il était lui-même juché sur un vélo et participait joyeusement à cette jolie parenthèse bucolique de Butch Cassidy et le Kid. (couleur dominante : les cuivres)
Il enchaîne ensuite avec un très velouté Je t’appartiens aux arrangements sobres et mélodieux, avec un joli passage de voix doublée. Un gros bonbon !... Puis il interprète façon chanson-travelling la virile mélopée de Macadam Cowboy, Comme un étranger dans la ville (couleur dominante : les cordes), avant d’enchaîner par un primesautier et terriblement swinguant Avril à Paris (couleur dominante : le big band).
Pour moi, la version mitchellienne des Feuilles mortes, est la meilleure que j’ai jamais entendue. On sent l’automne, on se voit traînant des pieds dans un amoncellement de feuilles, dans une nuit tombante, gris et humide. Nous aussi on se fait notre cinéma. C’est beau parfois la nostalgie (couleur dominante : un piano qui égrène des gouttelettes d’eau).
Eddy modernise avec une autorité jubilatoire le fameux Sixteen Tons des Platters. L’adaptation française, signée Jacques Larue, est remarquable. La musique, avec ses ponctuations de cuivres, fait partie intégrante de l’histoire et Eddy puise dans ses dons de comédiens pour apporter un réalisme poignant à cette histoire toute simple d’un héros anonyme de la vie.
Pleurer des rivières… Alors là, on touche au Standard jazzy avec un "S" majuscule. Le stylo enchanté de Boris Bergman fait couler la mélancolie, celle qu’on aime, celle qui nous étreint le cœur et que l’on trouve délicieusement douloureuse. Dans ce registre, la voix grave d’Eddy est aussi adéquate que convaincante (couleur dominante : une guitare évidemment chialeuse).
Une interprétation sensible et intelligente nous fait apprécier tout le sel de ce digest d’une vie somme toute plutôt optimiste qu’est Ma plus belle année. Allons, c’est réconfortant d’apprendre que, finalement, tous les âges de la vie sont beaux pour peu qu’on sache en tirer ce qu’ils offrent de meilleur. Eddy, gentleman classieux, nous la fait gentiment désinvolte (couleur dominante : les saxos).
Autre méga tube du western que ce Si toi aussi tu m’abandonnes à l’arrangement à la fois lourd et léger. Là, surgissent inévitablement les images du couple Gary Cooper et Grace Kelly, à l’époque où la future princesse monégasque jouait encore avec les cowboys au pied des Rocheuses en attendant le Rocher. Du cousu main pour Eddy encore une fois dans le bon wagon, celui du talent (couleur dominante : la basse).
Pas facile de revisiter Aznavour dans un registre où celui-ci excelle, le rythme jazzy. Le défi est largement relevé avec cette interprétation plutôt musclée de Hier encore, comme s’il était pressé par l’urgence. L’arrangement donne vraiment l’impression du temps qui passe à toute vitesse, le salopard ! (couleur dominante : la pedal steel).
Ambiance mâtinée de country pour Je file droit, la chanson peut-être la moins connue de cet album mais qui vaut par son climat. Eddy, qui joue ici les maris serviles et enamourés (un rôle de composition !), nous la livre avec une certaine retenue qui rendrait presque son attitude crédible. Bon comédien, le bougre (couleur dominante : re-pedal steel) ;
Dans Celui qui est seul, on plonge carrément dans le son des années 60, avec chœurs ténus et garnis d’onomatopées. Clin d’œil aux années yé-yé si chères à Eddy (couleur dominante : mandoline et cordes).
Alors là, avec Garde-moi la dernière danse, ça swingue grave. Le regretté Mort Shuman eût apprécié cette version ultra tonique de sa chanson. Eddy y met toute son énergie. On sent que si la gonzesse ne lui accorde pas sa dernière danse, il va y avoir du grabuge dans la ballroom (couleur dominante : le piano boogie ; quel solo !)
Autre chanson cultissime et hiératique installée dans le juke box du Panthéon de la chanson de film, Over the Rainbow, titre immortalisé par la grande Judy Garland. La barre était haut, très haut placée, puisqu’au-delà même de l’arc-en-ciel. Alors Eddy a éludé la pression en partageant le boulot. Mitchell, le magicien, dose… ses effets. A deux, on est plus fort. Et il est vrai que sa voix et celle de Melody Gardot en alternance se marient à merveille. Un grand moment de douceur mélodieuse (couleur dominante : trompette et percussions)
Et enfin, juste avant « The End », un titre s’imposait, évident, incontournable, obligatoire : La dernière séance. Cette fois, il l’interprète sur un rythme un peu plus rapide, comme s’il était pressé d’en finir, de se prendre Une semaine de vacances bien méritée. Et le rideau sur le skeud est tombé… (couleur dominante : la guitare)

Inutile de le cacher, j’ai pris un plaisir énorme à l’écoute de ce CD. Tout est bien. Les arrangements, bien sûr, dont j‘ai déjà souligné la qualité et la finesse, et l’interprétation sans faille d’Eddy Mitchell, avec cette distanciation et ce feeling qui n’appartiennent qu’à lui. Un opus réellement abouti, un Grand Ecran pour grande écoute. Super !

La Vie parisienne


Théâtre Antoine
14, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tel : 01 42 08 77 71
Métro : Strasbourg Saint-Denis

De Jacques Offenbach
Livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy
Adaptation et mise en scène d’Alain Sachs
Orchestration et direction musicale de Patrice Peyriéras
Costumes de Marie Pawlotsky
Chorégraphies de Patricia Delon
Avec David Alexis, Adrien Biry, Emmanuelle Bougerol, Stéphane Corbin, Thomas Dalle, Noémie Delavennat, Hervé Devolder, Isabelle Fleur, Anna Lafont-Jouan, Marie-Charlotte Leclaire, Marion Lépine, Clément Pouillot, Sarah Tullamore

Ma note : 7/10

L’histoire : Le baron de Gondremarck vient de débarquer à Paris. Il est Suédois. C’est froid la Suède, c’est austère et les hivers y sont longs. C’est pourquoi le baron veut profiter de son séjour pour rattraper le temps perdu et « s’en foutre jusque là ». Mais il est accompagné de sa femme, une baronne suédoise… Cette beauté scandinave, le vicomte Raoul de Gardefeu veut la séduire et, si possible, beaucoup plus… Pour y réussir, il s’improvise guide du couple, l’installant dans son hôtel particulier qu’il fait passer pour une annexe du Grand Hôtel. Et pour mieux l’avoir elle, il organise pour lui des fêtes en trompe-l’œil, avec de faux invités en pagaille : veuve de colonel, major, prince, amiral… et de vraies Parisiennes pour de vraies séductions… Le baron s’en grise.

Mon avis : A l’ouverture du rideau, on découvre un plateau qui pourrait passer pour les coulisses d’un théâtre. On y voit en effet disposés pêle-mêle un tas d’objets et accessoires hétéroclites. Dans ce joyeux bric-à-brac, on remarque un piano, une table, des chaises, des mannequins, des valises… Une sorte de régisseur en blouse grise déroule un étroit tapis, ouvre une porte, et fait pénétrer une troupe de jeunes gens composée de 6 femmes et 5 garçons. Il installe un lutrin avec une certaine componction, y dépose une partition et fait signe à la troupe de s’en approcher. C’est, bien sûr, la partition de La Vie parisienne. Les jeunes gens découvrent leur texte, se l’approprient, et prennent peu à peu possession de leurs rôles respectifs.
Ce qui est le plus bluffant, c’est leur pluridisciplinarité. En effet, ils se révèlent tous être à la fois comédiens, danseurs, chanteurs, musiciens (on a même droit à une harpe et à un xylophone), voire – on s’en apercevra vers la fin – acrobates. C’est d’ailleurs pour cet éclectisme qu’Alain Sachs les a choisis. Le fait, en outre, qu’ils ne soient pas très connus, ou pas du tout, apporte à cette troupe une formidable homogénéité doublée d’une fraîcheur totale. Il se dégage de leur jeu une telle joie de vivre, un tel dynamisme, une telle complicité qu’on a l’impression d’avoir affaire à une compagnie plus encore qu’à une troupe.

Après dix premières minutes logiquement hésitantes, puisque les comédiens découvrent leurs rôles, le spectacle prend son rythme, aidé en cela par des chansons qui font partie de la mémoire collective. La vraie vedette de ce spectacle, c’est la mise en scène. Alain Sachs y a déployé un trésor d’ingéniosité, d’inventivité. On prend énormément de plaisir à découvrir toutes les astuces qu’il a saupoudrées tout au long de ce célébrissime vaudeville joué et chanté.
Pour ce qui est des chansons, dont il faut souligner la qualité de l’écriture des textes, certaines souffrent quelque peu de leur mélodie un tantinet désuète et sans relief. Mais là, le metteur en scène comme les interprètes n’y peuvent rien. Ils font de leur mieux avec ce qu’ils ont (n’est-ce pas Metella ?). En revanche, La Vie parisienne comporte quelques « tubes » que, visiblement, la salle connaît par cœur, comme le Rondeau du Brésilien (« je suis Brésilien, j’ai de l’or »), Je veux m’en fourrer jusque là, Je suis veuve d’un colonel et évidemment, l’emballement final avec l’air de La Vie parisienne.

Le traitement très original donné à cette œuvre d’Offenbach, nous en offre une sorte de redécouverte, de relecture. Chacun des treize artistes apporte sa pierre à cet édifice avec un enthousiasme et une candeur réjouissants. Et quel final aussi avec ce cancan endiablé à la chorégraphie truffé de trouvailles particulièrement savoureuses ! Bref, on s’amuse autant sur scène que dans la salle. L’idée était audacieuse et risquée. Le pari(s) est largement gagné.

lundi 7 décembre 2009

Christophe Alévêque est Super Rebelle


Théâtre du Rond-Point
2bis, avenue Franklin-Roosevelt
75008 Paris
Tel : 01 44 95 98 21
Métro : Champs-Elysées Clémenceau / Franklin-Roosevelt

Spectacle écrit par Christophe Alévêque
Mis en scène par Philippe Sohier
Musiciens : Maxime Perrin (accordéon et cor), Francky Mermillod (guitare), Julien Bonnard ou Stéphane Sangline (batterie et trompinette)

Ma note : 7,5/10

Mon avis : Il est 15 heures. C'est, je crois, l'heure des vêpres. Une drôle de messe va être dite par Alévêque dans le temple du Rond-Point. Mais cet Alévêque-là, on ne peut pas lui donner le bon Dieu sans confession. D'abord, il n'en voudrait pas, et ensuite, cela irait diamétralement à l'encontre de sa propre religion : la rébellion.
"Saint" Christophe s'autorise donc une entrée en fanfare. Enfin, une entrée en deux temps car il a un peu de retard à l'allumage au grand dam de ses trois musiciens. Trois musiciens dont il faut tout de suite saluer la présence, discrète certes, mais toujours judicieuse car elle permet à notre trublion de se livrer en leur compagnie à quelques saynètes bien décapantes. En plus du fait, bien sûr, qu'ils sont tous trois d'excellents instrumentistes... Or donc, le Christophe s'autorise une entrée qui, loin d'être magistrale, est particulièrement croquignolette. Nous ne sommes pas dans une superproduction américaine, nous ne sommes pas dans Superman. La panoplie de Super Rebelle, quoique fort seyante, n'est pas extrêmement glamour. Mais elle en jète ! Une cape rouge vif doublée d'un jaune on ne peut plus lumineux, un slibard quasi kangourou rouge et jaune, maintenu par un gros ceinturon dont la boucle est ornée des lettres magiques "SR". Hélas, en dépit de cette tenue voyante à défaut d'être affriolante, notre pseudo super héros nous apparaît plutôt mou du genou. Il est démoralisé, désabusé. Et il nous explique les raisons profondes de ce désanchantement. C'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de quoi se réjouir dans la conjoncture actuelle. Mais, en bon diésel, en énumérant les nombreux dysfonctionnements de notre société, il commence à s'échauffer et, ponctuant ça et là ses constatations de ses fameux petits ricanements, il se fait de plus caustique, de plus en plus virulent, bref, de plus en plus rebelle. Et sa mauvaise foi chronique fait le reste. Alors il ratisse large : l'argent, Internet, la religion, les dérèglements climatiques, les progrès de la médecine qui nous permettent de vivre de plus en plus vieux... Et il en arrive tout naturellement à évoquer la figure la plus emblématique de tous les humoristes, l'aubaine pour tous les caricaturiste, le président "Zébulon" Sarkozy. Un important chapitre lui est consacré. Dans la salle où, apparemment, suite à un sondage éclair de Super Rebelle, personne n'a voté Sarko (!), c'est la communion. Dans le public, les épaules tressautent à l'unisson de celles du président croqué, phénomène inattendu et pittoresque de mimétisme involontaire.

Et puis, en ex-obsédé, Christophe réclame un "Grenelle du sexe" et, qui dit sexe dit enfants, il en vient tout logiquement à à un long exposé sur l'éducation. Une éducation totalement phagocytée par les éctits de Françoise Dolto. Ce sketch, subtilement émaillé par les interventions opportunes des musiciens, sent énormément le vécu. "Avez-vous essayé d'aller visiter un musée en compagnie d'un ado et d'un pré-ado ?" s'enquiert-il l'air malheureux.
Vient enfin le moment très attendu de la revue de presse au cours de laquelle Christophe Alévêque, débarrassé de sa tenue de Super Rebelle, se livre à une autopsie de l'actualité on ne peut plus décapante. Tout y passe - il faut bien avouer qu'il y a de la matière -, les affaires (Polansk,Frédéric Mitterrand, Marine Le Pen), la grippe A H1N1, Doménech, Jean Sarkozy, dit "Blonblon", Carla, la Gauche...) C'est confondant de justesse et de perspicacité.

Christophe Alévêque est sans doute actuellement, le seul humoriste à oser aller si loin dans sa dénonciation de tout ce qui dérape et déconne dans notre monde. Sans concession, il assène ses vérités avec une mâle assurance dénuée, il faut le souligner, de toute agressivité, de toute méchanceté gratuite. Il dénonce. Point. De toute façon, il serait difficile d'en rajouter tant les sujets foisonnent. Que ça fait du bien d'en rire alors qu'il y a hélas tant de raisons d'en pleurer !
Enfin, on le sait, Christophe Alévêque qui, au départ, voulait être chanteur, ponctue son spectacle de quelques chansons bienvenues qui nous permettent d'apprécier son joli timbre de voix et ses réelles aptitudes dans ce domaine. Impossible de ne pas chanter avec lui et reprendre à l'unisson la chanson de fin, une chanson dont, à l'instar du bout de sparadrap du capitaine Haddock, vous aurez énormément de mal à vous débarrasser car elle vous trottera dans la tête jusqu'à la fin de la journée...
Une dernière chose : il ne reste plus que quatre représentations pour aller applaudir Super Rebelle au Rond-Point, les samedis 12 et 19 décembre à 15 heures, et les dimanches 13 et 20 décembre à 18 h 30.

mercredi 2 décembre 2009

Florence Foresti "Motherfucker"


Le Palace
8, rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris
Tel : 01 40 22 60 00
Métro : Grands Boulevards

Ma note : 8/10

Mon avis : Petite-fille de Jacqueline Maillan et fille de Muriel Robin, Florence Foresti s’est tout-à-fait affranchie de ses grand-mère et mère (ô combien) spirituelles pour mériter désormais qu’on l’affuble de l’appellation contrôlée « LA Foresti ». Faisons donc fi de ces étiquettes que l’on s’ingénie chez nous à coller systématiquement dès que quelqu’un émerge sur la scène. La Foresti ne ressemble à personne. Au fil des expériences, elle s’est créé son propre personnage ; un personnage aujourd’hui unique en son genre. Si elle est devenue, dans l’opinion, la comique préférée des Français, ce n’est pas un hasard. C’est le fruit d’énormément de travail et de beaucoup, beaucoup de talent.

Fan d’elle depuis ses premières prestations sur Canal+ dans l’émission de Stéphane Bern, c’est pourtant avec une certaine appréhension que je me suis rendu au Palace pour y découvrir son nouveau spectacle, totalement inédit, Motherfucker. En effet, je craignais qu’elle ne le consacre intégralement à sa grosses, à son accouchement et à sa relation avec sa chérubine. Bref, j’avais peur que la mère prenne le pas sur la commère, que la génitrice, happée par le baby blues, ne soit devenue un génie triste. Et bien je me suis vachement gourré. Décidément, l’intuition, il faut la laisser aux filles…
Et dire que, hier soir, 1er décembre, jour de la Sainte Florence, La Foresti était affectée par une bronchite… Vu l’énergie dont elle a fait preuve pendant près d’une heure trente, vu la frite qu’elle avait, vu le large sourire qu’elle affichait, il était impossible de s’apercevoir qu’elle était fragilisée. Bien sûr, de temps à autre, elle succombait à une petite toux irrépressible, mais c’était fait si discrètement que l’on s’en rendait à peine compte.

Motherfucker ? Pour intrigant qu’il soit, ce titre est finalement parfaitement approprié car il fonctionne dans les deux sens… D’abord, pour en revenir à mes stupides appréhensions quelque peu machistes, Florence Foresti aborde certes le thème de la maternité, mais elle ne focalise pas sur le sujet. Elle l’évoque, s’y attarde un moment, passe à autre chose, y revient habilement et, surtout, lui apporte un regard tellement décalé, tellement gonflé, qu’on en est emballé. Elle "fucke" les mamans, mais elle "fucke" les enfants itou… Florence fait son entrée sur une musique entraînante qui met la salle, déjà entièrement acquise, dans les meilleures dispositions. De superbes effets de lumière, un jeu de lettres ingénieux sur le mot « Motherfucker », et elle déboule. Tout de noir vêtue, le physique affûté, la mèche rebelle et le sourire complice et malicieux, elle s’empare de la scène et capte immédiatement l’attention du public… (Petite parenthèse à propos du public justement : celui de Florence Foresti a plus de tenue que la pluparts des publics des autres artistes comiques qui ont cette fâcheuse tendance de s’approprier l’artiste et de se montrer grossièrement familier avec lui ; Hier soir, hormis un tonitruant « bonne fête » à son entrée ne scène, un exalté « je t’aime » émis par une voix féminine en fin de spectacle, c’est à peu près tout. On sent qu’il y a du respect. Les gens rient beaucoup et à bon escient et ils ne tombent jamais dans ces excès navrants qui peuvent déranger le voisinage et polluer un spectacle. Les rires étaient sains, frais, joyeux, et beaucoup tenaient plus du gloussement de satisfaction que du rire disproportionné à gorge déployée… Fin de la parenthèse). Mais revenons à ce qui nous intéresse, le spectacle.

Avec une science aiguisée du geste, de la posture et de la mimique, Florence Foresti attaque bille en tête avec une imitation désastreuse du cri du phoque. « Phoque you, Motherfucker » ! Et elle tourne le ridicule de cette entrée en matière qu’elle a sciemment voulu navrante entièrement à son avantage. Ou l’art de se mettre le public dans sa poche en feignant l’humilité. Elle est vraiment balèze. Et la voici qui divague du côté des parcs pour enfants, ces fameux squares où les mamans viennent promener en chœur leurs bambins. Le talent de Florence, c’est de nous raconter des petits faits somme toute banals du quotidien, des situations que l’on a tous vécues ou dont on a été les témoins, mais de nous les narrer en s’attardant sur ce qu’il y a réellement derrière l’image idyllique. Elle renverse complètement les idées reçues, elle bafoue les pensées taboues. Elle dit tout haut ce que l’on pense tout bas. Eh oui, ce n’est pas toujours marrant d’accompagner le mioche au parc, de faire semblant de s’intéresser à son éveil quand on a d’autres préoccupations en tête… Elle dénature le maternellement correct, elle dénonce, elle râle. Et toutes ces constatations négatives, elle les décortique, elle les argumente. Si on a un peu honte au début, de réaliser qu’elle a totalement raison et que ces horribles pensées, et bien, elles nous ont également traversé le cerveau, petit à petit, on se met à adhérer à son discours… et on sent mieux.

Mais je ne vais pas vous raconter le spectacle, ou plutôt le show, car c’en est un. C’est simple, on n’arrête pas de rire. Elle émaille ses propos de digressions savoureuses, de parenthèses d’un réalisme effrayant (l’histoire du Petit Poucet), c’est une fille qui a le don de la saillie, qui sait glisser la fulgurance. Son discours, fait de ruptures incessantes, n’est jamais plat. Il se passe toujours quelque chose. Il y a du rythme, de la folie, de l’extravagance. En plus, elle a dû énormément bosser pour se permettre quelques chorégraphies aussi étonnantes. Elles nous font évidemment marrer, c’est le but, mais on ne peut occulter la performance physique… En résumé, Florence Foresti s’ingénie à tout démythifier, à tout démystifier. Ce sont plus les produits dérivés de la grossesse, les dégâts collatéraux, qui l’intéressent, ceux sur lesquels elle adore mettre la loupe. Son langage est imagé, simple, direct, imparable… Rien que son sketch de fin qui, à lui seul, est un véritable bijou. L’idée est simple, mais il fallait y penser ! Il faut vraiment avoir l’esprit déstructuré d’une Motherfucker pour imaginer les propos que pourrait tenir une gamine de deux ans ! Un très grand moment d’humour pur. Florence Foresti se base en effet sur un pseudo angélisme pour dériver subtilement vers des propos qui pourraient paraître monstrueux s’ils étaient proférés par une autre personne qu’elle. C’est sa forme de pudeur à elle. Motherfucker, oui, mais surtout Mother gros cœur…

mardi 1 décembre 2009

La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy


Un film de Jean-Jacques Zilbermann
Avec Antoine de Caunes (Simon Eskenazy), Mehdi Dehbi (Naïm), Elsa Zylberstein (Rosalie), Judith Magre (Bella), Catherine Hiégel (Arlette), Micha Lescot (Raphaël), Max Boublil (David)…

Ma note : 6/10

Synopsis : Dix ans après L’homme est une femme comme les autres, Simon Eskenazy est devenu un grand interprète de musique traditionnelle juive.
Il voit successivement débarquer sa mère envahissante, son ex-femme, son fils de 10 ans qu’il n’a jamais vu, et Naïm, un jeune travesti musulman qui va changer sa vie…

Mon avis : En fait, est-elle aussi « folle » que ça la vie de Simon Eskenazy ? Personnellement, je n’ai pas trouvé. C’est ce qui se passe autour de lui qui est un peu extravagant. Mais lui, il semble se contenter de son petit quotidien de musicien, doué certes, mais plus motivé que cela. Antoine de Caunes, tout en sobriété et retrait, vit cette vie avec un certain détachement. Il n’aime rien tant que sa tranquillité. Bien sûr, il a ses pulsions sexuelles, ses attirances, mails il a plus tendance à les subir qu’à vraiment les provoquer. Il assume. Il assume son homosexualité, il assume ses faiblesses, ses contradictions, ses atermoiements… Il vit presque en parallèle de sa propre existence comme s’il regardait s’écouler celle d’un autre. En cela, Antoine de Caunes est parfait. Personnellement, j’ai trouvé que c’était une de ses meilleures compositions. Il ne se met jamais en avant, il n’impose rien. Même quand il se révolte, il n’a pas l’air d’y croire lui-même. Alors comment voulez-vous que les personnes qui gravitent autour de lui le prennent au sérieux ? Comment voulez-vous qu’ils n’abusent pas de son aquabonisme, sa mère et Naïm en premier ? Le seul qui soit plus faible que lui, c’est Raphaêl… Un Raphaêl interprété avec énormément d’émotion et de fragilité par un Micha Lescot touchant de « gauchitude ».

Autour d’Antoine de Caunes, deux personnages amènent vraiment de la vie. Judith Magre d’abord, toujours aussi primesautière et lumineuse. Elle a une vraie présence. Mais c’est surtout Mehdi Dehbi qui, dans le rôle du travesti Naïm, apporte une vraie épaisseur. Tour à tour fantasque et romantique, capricieux et autoritaire, mais toujours déterminé, il réussit à nous troubler autant qu’à nous amuser et à nous émouvoir. Un très, très beau rôle. Evidemment, il y a aussi Elsa Zylberstein. Chacune de ses (trop rares) scènes est superbement interprétée.

La folle histoire d’amour de Simon Eskenazy est donc un film sympathique qui se laisse regarder sans déplaisir. On s’y ennuie un peu quand l’histoire tourne en rond et se fait répétitive, mais à l’arrivée, il reste une gentille comédie avec une fort jolie bande son.

La Sainte Victoire


Un film de François Favrat
Avec Clovis Cornillac (Xavier Alvarez), Christian Clavier (Vincent Cluzel), Sami Bouajila (Yacine Guesmila), Vimala Pons (Anaïs Cluzel), Valérie Benguigui (Michèle Dalembert), Maryline Canto (Géraldine Wood), Marianne Denicourt (Françoise Gleize), Eric Berger (Tristan de Courson), Michel Aumont (Robert Richerand)…

Ma note : 7/10

Synopsis : Xavier Alvarez est un petit architecte d’Aix-en-Provence en recherche perpétuelle de reconnaissance sociale. Il s’est fait tout seul et prospère, mais ne parvient pas à décrocher de gros marchés publics pour assouvir sa soif de grandeur.
Il décide donc de se lancer corps, âme et biens dans la campagne de Vincent Cluzel, la candidat outsider à la mairie, persuadé qu’il lui renverra l’ascenseur en cas de victoire.
A force d’énergie et de ruse, il parvient à discréditer le favori et à faire élire son protégé… Mais leur amitié sincère, nouée dans la conquête du pouvoir, se heure alors aux limites des intérêts et de l’ambition.

Mon avis : Ce film est, pour ses principaux personnages, une réponse à la question cruciale : « Qu’êtes-vous prêt à perdre pour gagner ? » ; c’est en tout cas le dilemme que le réalisateur, François Favrat, peur pose. Mais comme les enjeux, les motivations, les risques et les investissements ne sont pas les mêmes pour chacun, il s’en suit un déséquilibre notoire entre eux. Pour cette Sainte Victoire, il ne peut pas y avoir que des gagnants.
On l’aura compris toute l’intrigue repose sur la quête du pouvoir, les moyens que l’on y met pour y parvenir et, quand on l’a obtenu, tout faire pour le conserver. Nous avons là un film qui s’inscrit intelligemment dans une longue lignée de thrillers politiques à la française. On y découvre les arcanes et les coulisses de ce milieu où, derrière les nobles attitudes et les belles paroles, se cachent l’hypocrisie et les coups bas. Ce milieu est impitoyable pour qui n’est pas du sérail et ne connaît pas les règles du jeu.
C’est le cas de Xavier, le personnage de Clovis Cornillac. Il est tellement aveuglé par son ambition et sa soif de reconnaissance, qu’il en perd toute retenue, tout libre arbitre. Il est totalement sincère dans sa démarche et il y croit à fond. Xavier est un homme simple, d’extraction modeste, il manque forcément d’éducation ; mais rayon courage et bonne volonté, il est imbattable. C’est un peu le Candide de Voltaire, le brave éléphant dans le magasin de porcelaine. Inutile de dire que Cornillac excelle dans ce type de composition. Et son évolution est un régal pour le spectateur qui se prend réellement d’affection pour lui en dépit de ses airs hâbleurs.
En face de lui, on découvre un Christian Clavier inattendu, mais il est tellement le personnage avec, au départ une vraie honnêteté. Là, on ne rigole plus. Clavier est sérieux comme un pape, ou plutôt comme un député, du début à la fin. Pendant presque tout le film, on éprouve pour lui de la sympathie car on le sent plutôt authentique. Tant il part de loin, il en devient presque le témoin amusé de son ascension. Et il porte à Xavier une réelle affection. Clavier joue là un personnage qui serait totalement banal et normal s’il n’incarnait pas un homme politique. Il n’est pas vraiment retors, pas encore gâté par son environnement. On sent qu’il a ses convictions, son code des valeurs. Et puis, quand il accède au pouvoir, il lui faut apprendre à se protéger sans se mouiller trop et sans faire d’éclaboussures. Alors, il ouvre un parapluie sous lequel Cornillac le distingue difficilement. Et quand il ne comprend pas ce qui lui arrive, un Cornillac blessé dans son amour propre devient dangereux.

La psychologie des deux protagonistes principaux de La Sainte Victoire est fort bien dessinée. Ils ne sont ni l’un l’autre tout noirs ou tout blancs. Là où Cornillac joue en puissance, là où il prend toute la lumière, Clavier, lui, joue tout en retenue, en silences et en regards. C’est un rôle très intéressant pour lui qui nous confirme son aisance absolue dans tous les registres et, plus particulièrement, là où l’on n’a pas l’habitude de l’attendre. Il est bien dans ce film, vraiment très bien. A mon avis, il doit fréquenter quelque(s) homme(s) politique(s) pour en adopter aussi fidèlement le profil et le comportement. En tout cas, il a de bon(s) modèle(s).
A leurs côtés, il faut mettre en exergue la sobre présence de Sami Bouajila en homme désenchanté mais lucide qui attende toujours de la vie qu’elle lui fasse – enfin – un cadeau. Valérie Benguigui campe avec beaucoup d’enthousiasme, de conviction et de crédibilité une militante écolo. Et enfin, il y a Vimala Pons, que je n’avais entrevue que dans Enfermés dehors de Dupontel. Terriblement féminine, elle apporte énormément de luminosité à son personnage. A la fois douce, légère et volontaire, elle est un des piliers de ce film plutôt bien ficelé.

Arthur et la vengeance de Maltazard


Un film de Luc Besson
Avec Freddie Highmore (Arthur), Mia Farrow (Daisy, la grand-mère), Ronald Crawford (Archibald), Robert Stanton (Armand), Penny Balfour (Rose)...
Avec les voix de Yann Loubatière (Arthur), Mylène Farmer (Sélénia), Gérard Darmon (Maltazard), Cartman (Bétamèche), Jean-Paul Rouve (Armand), Frédérique Bel (Rose), Michel Duchaussoy (Archibald), Frédérique Tirmont (Daisy), Rohff (Max), Omar Sy (Snow), Frédéric Testot (Replay)...

Ma note : 8,5/10

Synopsis : Arthur est au comble de l'excitation : c'est aujourd'hui la fin du deuxième cycle de la Lune et il va enfin pouvoir regagner le monde des Minimoys pour y retrouver Sélénia. Dans le village, tout est prêt pour l'accueillir : un grand banquet a été organisé en son honneur et la petite princesse a passé sa robe en pétales de roses...
C'est sans compter sans le père d'Arthur, qui choisit précisément ce jour tant attendu pour quitter plus tôt que prévu la maison de sa grand-mère. Au moment du départ, une araignée dépose dans les mains du jeune garçon un grain de riz sur lequel est gravé un message de détresse.
Pas de doute, Sélénia est en danger et Arthur n'a plus qu'une idée en tête, voler à son secours ! Quitte à employer un passage de fortune, tomber la tête la première dans le bar de Max, se heurter aux troupes de Kröb, le nouveau tyran des Sept Terres, secourir Bétamèche, combattre des rats, des grenouilles, des araignées velues... et découvrir, une fois arrové au village des Minimoys, qu'aucun message de secours ne lui a été envoyé !
Mais qui donc a pu piéger ainsi notre jeune héros ?

Mon avis : Déjà, le premier volet des aventures D'arthur nous avait enchanté avec son habile mélange de personnages réels et d'animation. Mais dans celui-ci - et sans doute dans le prochain puisqu'ils ont été tournées à la suite l'un de l'autre - Luc Besson et son équipe ont encore franchi un palier. L'espérience du premier épisode aura en quelque sorte servi de rampe de lancement aux deux volets suivants. Totalement libérés, les dessinateurs de Buf Compagnie s'en sont donné à coeur joie. Résultat : toute la partie animation du film est réellement époustouflante à tous les niveaux. Les décors et les couleurs sont incroyables, ils sont d'une richesse et d'une densité rarement atteintes, y compris dans les superproductions américaines. C'est tellement foisonnant et détaillé qu'il faudrait pouvoir visionner le film plusieurs fois pour bien profiter de tous ces trésors d'inventivité (il y a une scène dans Paradise Alley dans laquelle fourmillent pas moins de 150 véhicules en tous genres !)... Les nouveaux personnages - Replay en tête - sont épatants ; l'aisance technique de Luc Besson, avec une caméra plus libre puisque délivrée de son trépied, apporte aux images un rythme et des mouvements bien plus soutenus ; et que dire des gros plans sur les visages, avec des mimiques, des expressions et des regards d'une vérité hallucinante ? Et puis il y a aussi la musique d'Eric Serra, encore plus fouillée, plus pertinente, plus intégrée et donc plus efficace.

Mais Arthur et la vengeance de Maltazard, ce n'est pas que ce foisonnement d'images à couper le souffle, ce n'est pas que cette reconstitution méticuleuse d'un micromonde avec sa végétation et ses bestioles, c'est aussi une histoire qui nous tient en haleine et qui, subtilement, nous délivre son lot de messages. Il y a une vraie philosophie dans cette trilogie et un certain nombre de leçons à retenir : l'amour de la nature et des animaux, la tolérance, le combat contre l'exclusion, le respect de l'environnement...
Et puis, Arthur a grandi. Il est devenu un ado avec ses désirs d'émancipation. Il commence à s'affirmer et à se heurter à ses parents, surtout quand il ressent une certaine injustice. Ah, les parents d'Arthur ! Parlons-en. Dans ce deuxième épisode, ils ne sont pas vraiment servis par le scénario. Ils représentent même une réelle menace pour les projets d'Arthur. Surtout le père, Armand, qui apparaît comme un personnage assez caricatural, plutôt superficiels et peu attachant. Mais, selon les dires de Luc Besson, il va se rattraper dans le troisième volet.
Dans ce film, les passionnées de cinéma retrouveront également quelques clins d'oeil malicieux de la part du réalisateur, comme cet emprunt savoureux à Apocalypse now, ou cette parodie de La guerre des étoiles ("après tout, ils ne se sont pas gênés, eux, pour me piquer des idées dans Le cinquième élément", ironise Luc Besson).

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce long métrage d'animation absolument réussi. Comme les voix d'Omar, pour le personnage de Snow, et surtout celle de Fred qui profite de la cote que va susciter le formidable personnage de Replay, grosse vedette de ce deuxième volet. Et il y a la voix, si identifiable, de Gérard Darmon, dans le rôle de Maltazard où il succède à Alain Bashung.
Bref, Arthur et la vengeance de Maltazard, ce n'est que du bonehur, quel que soit son âge car chacun y trouve largement de quoi s'étonner et se réjouir. C'est du grand cinéma de divertissement, un carton assuré.
Vivement la sortie du troisième épisode, prévue pour rentrée 2010. Malin, Luc Besson nous fait déjà saliver en déclarant avec un large sourire : "dans le trois, il y a du sport !"...