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jeudi 8 février 2018

Bodyguard, the Musical


Palais des Sports
34, boulevard Victor
75015 Paris
Tel : 01 48 28 40 10
Métro : Porte de Versailles

Scénario original de Lawrence Kasdan
Adaptation du livret de Nicolas Nebot et Ludovic-Alexandre Vidal
Mise en scène de David Eguren
Direction musicale de David Aubaile
Décors et costumes de Tim Hatley
Chorégraphies de Karen Bruce
Coachs : Angie Berthias-Cazaux, Damien Silvert, Pascal Seguin

Avec Valérie Daure (Rachel Marron), Benoît Maréchal (Frank Farmer), Cylia (Nikki Marron), François Pouron (Sy Spector), Alain Azérot (Bill Devaney), Enzo Ambrosini (Le « Harceleur »), Rémi Creissels (Tony Scibelli), Matyas Simon (Ray Court)…

L’histoire : Ancien agent de l’US Secret Service reconverti en garde du corps d’élite, Frank Farmer est engagé pour protéger contre son gré la superstar Rachel Marron d’un harceleur anonyme.
La diva n’est prête à aucun compromis, pas plus que le très professionnel « bodyguard » qui accepte la mission à contrecoeur.
Chacun pense qu’il va mener le jeu, jusqu’à ce que la belle et son protecteur se laissent surprendre par la naissance d’une histoire d’amour passionnée…

Mon avis : Comme je n’avais pas vu le film, je ne connaissais pas vraiment l’histoire de Bodyguard. Du coup, j’ai été plutôt bien happé par le suspense. La tension est bien rendue et le personnage du « Harceleur », en dépit de sa plastique irréprochable, est inquiétant à souhait. Ça, c’est pour le synopsis !


Sinon, que dire de ce spectacle…
Il ne faut pas manquer l’ouverture. Le tout premier tableau nous en met véritablement plein la vue : la chanson, la chorégraphie hyper tonique, les effets de lumière et de pyrotechnie. C’est un show chaud… Ensuite, le parti pris de la mise en scène est de faire se succéder de nombreuses scènes intimistes pour servir les dialogues. Quelques pièces de décor suffisent à nous faire comprendre dans quel endroit on se trouve. Elles sont entrecoupées de tableaux plus ambitieux (j’ai particulièrement apprécié la scène du karaoké, la soirée dans la maison de campagne de Frank Farmer et le formidable final)…


Bodyguard, on le sait, c’est avant tout une kyrielle de chansons dont certaines sont devenues d’incontournables standards. De ce côté, pas de souci, Valérie Daure assure vraiment. Mais pour moi, la divine confirmation, c’est la prestation de Cylia. Quand je pense que je l’avais interviewée en 2001, elle avait 14 ans. Déjà, elle reprenait du Whitney Houston ! Je l’avais recroisée dix ans plus tard, en 2011, dans le rôle d’Eve de la comédie musicale de Pascal Obispo, Adam et Eve. Mais là, elle a vraiment franchi un palier. La trentaine épanouie, elle est devenue une magnifique jeune femme capable d’assurer autant sur le plan de la comédie que du chant. Vocalement, elle est au sommet de son art. Ses duos avec Valérie Daure sont de grands moments, surtout lorsqu’elles se permettent une « battle ». Rien que pour ces grands moments de grâce et de talent que ces deux « sœurs de chant » nous font passer, on ne vient pas pour rien au Palais des Sports.


J’ai aussi beaucoup aimé le jeu du gamin qui joue Fletcher, le fils de Rachel Marron. Il promet le garçon ! Il sait déjà tout faire : jouer la comédie, chanter, danser, avec un naturel et un métier confondants.


Le seul petit reproche que j'ai à adresser n’est que technique : sur deux tableaux, on se prend des spots vraiment violents en pleine figure. Si bien que, passablement éblouis, on ne parvient plus à distinguer ce qui se passe sur scène. C’est assez désagréable. J’ai vu nombre de spectateurs se mettre la main devant les yeux tant c’est agressif.
Sinon, les lumières tout au long du spectacle sont tout juste superbes. Elles habillent remarquablement la scène.
Enfin, mention particulière aux musiciens qui jouent tous ces tubes en live.

Gilbert « Critikator » Jouin


vendredi 27 novembre 2015

Résiste !

Le Dôme de Paris - Palais des Sports
34, boulevard Victor
75015 Paris
Tel : 01 48 28 40 10
Métro / Tram : Porte de Versailles

Comédie musicale de France Gall et Bruck Dawit
Mise en scène par Ladislas Chollat
Adaptation et co-dialogues de Laëtitia Colombani
Chansons écrites et composées par Michel Berger
Chorégraphies de Marion Motin
Scénographie d’Emmanuelle Roy
Lumières de Jacques Rouveyrollis
Création vidéos de Nathalie Cabrol
Costumes de Jean-Daniel Vuillermoz
Avec Léa Deleau (Maggie Bouvier), Elodie Martelet (Mandoline Bouvier), Gwendal Marimoutou (Tennessee), Victor Le Douarec (Mathis), Corentine Collier (Angelina Dumas), Laurent Hennequin (monsieur Bouvier, le père), Benjamin Akl, Jocelyn Laurent, Louya Kounkou (Les Princes des villes), Stéphane Roux (monsieur Dumas)…

L’histoire : Tous les soirs, c’est au club Lola’s que les Papillons de Nuit se réunissent pour chanter, danser et rire jusqu’au bout de la nuit et les Princes des villes, ces flambeurs au cœur tendre, viennent y draguer sous les lumières électriques, tandis que le mystérieux Mathis soulève l’enthousiasme lorsqu’il s’installe à son piano… La célèbre boîte de nuit est tenue par Maggie, son père et sa sœur cadette Mandoline. Ce trio de choc travaille d’arrache-pied pour faire tourner l’entreprise familiale et la sauver de la faillite.
Avec la complicité de Tennessee, fils de cœur de la petite tribu, et d’Angelina, la meilleure amie de Maggie, ils tenteront de sauver ce lieu magique empli d’histoire et de souvenirs. Mais un soir, suite à un événement tragique, l’heure est à la remise en question. Ce drame pousse Maggie à prendre en main sa destinée, l’incite à réaliser ses rêves et à ouvrir son cœur.

Mon avis : Ce que j’ai trouvé bien dans Résiste !, c’est que cette comédie musicale repose une intrigue solide. C’est certes une histoire d’amours et d’amitiés, teintée de beaux sentiments, mais elle repose aussi sur une réalité sociale tout en entretenant un véritable suspense.
J’ai aimé plein de choses. Comme ça, en vrac, j’ai été émerveillé par le premier tableau qui est constitué d’une vue plongeante sur les toits de Paris. On dirait un dessin de Tardi. C’est vraiment superbe… Ensuite, tout au long du spectacle, j’ai apprécié l’esthétique des images et des vidéos projetées et l’utilisation ingénieuse des décors coulissants et pivotants… Les chorégraphies, particulièrement sur Débranche, sont vraiment originales, tout en ruptures, saccadées, même si, par la suite, elles se font quelque peu répétitives… La présence du trio des Princes des villes est une excellente trouvaille. Avec leurs dialogues décalés, leur prestance, leur façon de bouger et leurs costumes pour le moins pittoresques, ils apportent un vrai plus à la faune qui fréquente le Lola’s… D’ailleurs, toutes les tenues de scène, chatoyantes et bigarrées, sont vraiment soignées…


Toujours dans la partie positive de ce spectacle, tous ses principaux protagonistes démontrent qu’ils sont aussi bons comédiens que chanteurs et danseurs. Leur jeu à tous est juste, naturel et crédible. Résister, bien sûr… Mais on ne peut pas résister au charme de Léa Deleau, Elodie Martelet et Corentine Collier. Toutes trois fraîches et jolies, chacune avec sa propre personnalité joue impeccablement sa partition… J’ai également eu la confirmation de l’énorme potentiel de Gwendal Marimoutou. Ce garçon, que j’avais déjà remarqué, sait tout faire. Il se dégage de lui quelque chose d’évident. Je pense qu’il peut légitimement rêver à une jolie carrière…

Sinon, j’ai aimé l’idée de faire de France Gall la narratrice de l’histoire de Maggie, le groupe de cinq musiciens qui jouent en live, la voix grave et bien timbrée de Laurent Hennequin, l’élégance innée de Stéphane Roux, la chorégraphie au ralenti sur Quelques mots d’amour, l’ambiance festive autour de La groupie du pianiste, la façon habile dont sont amenées les chansons Comment lui dire, Ma déclaration et Résiste !, la douce mélancolie qui berce Si maman si et le clin d’œil à Michel Berger via un poste de radio... J’ai également trouvé épatante la gamine qui donne la réplique à France Gall sur les parties narratives de l’histoire.


Les quelques rares reproches que je peux adresser sont de plusieurs ordres :
La musique est vraiment trop forte sur deux titres (Papillon de nuit et La chanson de Maggie)… Enfin, j’ai trouvé que la séquence de fin qui nous montre Maggie dans sa course effrénée vers Le Havre était un peu trop longuette.

Le positif l’emporte donc largement. J’insiste vraiment sur la qualité du casting. Quant aux chansons de Michel Berger, il est inutile de préciser une fois de plus que se sont juste de pures merveilles à jamais gravées dans notre mémoire collective.


Gilbert « Critikator » Jouin

samedi 26 septembre 2015

Irma la Douce

Théâtre de la Porte Saint-Martin
18, boulevard Saint-Martin
75010 Paris
Tel : 01 42 08 00 32
Métro : Strasbourg Saint-Denis

Comédie musicale d’Alexandre Breffort
Musiques de Marguerite Monnot
Arrangements de Gérard Daguerre
Mise en scène de Nicolas Briançon
Direction musicale de Vincent Heden
Costumes de Michel Dussarat
Décors de Jacques Gabel
Lumières de Gaëlle de Malglaive
Chorégraphies de Karine Orts
Avec Lorànt Deutsch (Nestor), Marie-Julie Baup (Irma), Nicole Croisille, Andy Cocq, Olivier Claverie, Fabrice de La Villehervé, Jacques Fontanel, Valentin Fruitier, Laurent Paolini, Claire Pérot, Bryan Polach, Pierre Reggiani, Loris Verrecchia, Philippe Vieux

L’histoire : Nestor, un titi parisien dans toute sa splendeur, tombe fou amoureux de sa protégée, Irma. Rongé par la jalousie de savoir sa douce en galante compagnie chaque nuit, Nestor va utiliser tous les stratagèmes pour qu’Irma ne soit plus qu’à lui et rien qu’à lui, peu importe la prix à payer…

Mon avis : Pas facile de reprendre Irma la Douce presque soixante après sa création (elle est restée quatre ans à l’affiche), pas facile pour Marie-Julie Baup et Lorànt Deutsch de succéder à Colette Renard et Michel Roux… En effet, les plus anciens d’entre nous ont toujours en tête les interprétations gouailleuses et habitées de Colette Renard.
Pour ce qui est de Marie-Julie, elle s’en sort haut-la-main parce qu’elle est restée tout simplement elle-même. Elle crée ainsi une autre Irma, tout aussi attachante, voire un tantinet plus policée ; peut-être plus sensible aussi… Quant à Lorànt, il est irréprochable en Nestor Le Fripé. Il apporte au marlou enamouré sa tchatche de titi parisien et autant de légèreté que de profondeur… En tout cas, le couple Irma-Nestor fonctionne à ravir.

Cette comédie musicale, avec musiciens en live (piano à bretelles en tête), est très visuelle. Elle véhicule le charme un peu désuet du Paris du début du vingtième siècle, du Paris des Halles avec sa faune haute en couleurs composée de souteneurs en costard croisé, galure mou, limace et étrangleuse, et de michetonneuses aguichantes. Eh oui, dans Irma la Douce, on jacte l’argot de Pantruche ! Ce qui ajoute encore au « charme désuet » que j’évoque un  peu plus haut.

La pièce se divise en deux parties très distinctes. La première est intimiste. Elle se déroule dans un petit périmètre entre le bar de nuit de Maman (Nicole Croisille) et la chambrette de Nestor transformée en nid d’amour pour nos deux tourtereaux. C’est la vie de quartier. Les macs tapent le carton en s’envoyant des vannes pendant que leurs tapins sont au turbin pour leur ramener l’artiche. C’est un climat plutôt bon enfant, idéalisé, enjolivé, à cent lieues de ce que devait être la réalité (surtout pour les filles). Cette première partie nous permet d'abord de préciser les caractères d’Irma et de Nestor. Irma, c’est une poulbote. Elle vient de la rue, elle y travaille. Même si elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si elle est la meilleure gagneuse du quartier (les caves – les clients – font la queue devant sa porte), elle a gardé une certaine candeur, une vraie ingénuité. C’est une femme-enfant. En dépit de son « métier », elle a su garder une âme pure. Raison pour laquelle, elle est tout à fait prédisposée à vivre une histoire d’amour absolument romantique.
Las, cette jolie histoire va se gâter à cause de la jalousie maladive de Nestor qui va inventer un stratagème complètement tordu pour se réserver à lui seul les faveurs de sa belle. Stratagème qui va, évidemment, se retourner contre lui et qui va le plonger dans les affres d’un drame surréaliste.

La deuxième partie, elle, est un joyeux fourre-tout. Après un procès carrément burlesque (c’est le moment le plus hilarant du spectacle), imaginez qu’on voit arriver sur scène des bagnards, une pirogue, des palmiers, des bons sauvages et même… des vahinés ! On est loin du (bas) ventre de Paris… C’est un grand n’importe quoi qui se termine en apothéose avec une savoureuse parodie de la Nativité.


Avec ses deux actes si dissemblables, cette pièce laisse une impression bizarre. Il y a de l’émotion (souvent), du rire (beaucoup), de superbes tableaux. Les personnages sont attachants et pour le moins pittoresques. Mais l’aspect suranné l’emporte. On a l’impression de sucer un bonbon à la naphtaline… La mise en scène, inventive et punchy de Nicolas Briençon n’y est pour rien. C’est le livret – donc l’histoire – qui est comme ça. La tragi-comédie très humaine du premier acte se métamorphose en farce bigarrée après l’entracte. Pas évident à gérer.

Ce spectacle mérite néanmoins une note supérieure à la moyenne. Le choix du couple Baup/Deutsch est un pari gagné. La présence de Nicole Croisille, avec sa dégaine de dame qui a tout vu et qui est revenue de tout mais qui déborde encore d’amour pour ceux de son monde interlope, avec ses commentaires savoureux, épicés, et hauts en images, est une valeur ajoutée. Il y a de jolies trouvailles en matière d’effets spéciaux (particulièrement la scène du miroir) et de bons numéros de music-hall. La scène du tribunal avec président halluciné, avocat de la défense zézayant et procureur condescendant est un grand moment de délire…
En conclusion, il faut aborder ce spectacle avec bienveillance. D’abord parce qu’on devine tout le travail accompli en amont pour obtenir un aussi bon résultat. Ensuite, il faut applaudir la performance artistique de Marie-Julie Baup, absolument épatante et émouvante et saluer la prestation de Lorànt Deutsch qui s’en sort plutôt pas mal en poussant la chansonnette.
J’ai également apprécié la qualité des textes des chansons aux rimes (très) riches et leurs mélodies que je me suis surpris à fredonner encore deux jours plus tard…


Gilbert « Critikator » Jouin

lundi 9 juin 2014

Mistinguett Reine des Années folles

Big Band Productions / Capitol Music / Universal Music


 En toute honnêteté, j’ai vraiment été enchanté par la qualité des chansons originales qui figurent sur le CD Mistinguett Reines des Années folles. Ces chansons feront évidemment partie de la comédie musicale qui sera présentée au Casino de Paris à partir du 18 septembre.

Si je n’ai pas été surpris par le niveau des textes fignolés par Vincent Baguian, j’ai été en revanche bluffé par les rythmes et le son des mélodies concoctées par Jean-Pierre Pilot et William Rousseau. Les huit titres qu’ils ont réalisés sont d’une excellente facture et correspondent parfaitement à l’esprit de ces « Années folles ». Sincèrement, il fallait le faire !
Lorsque j’ai mis le CD sur la platine, je ne connaissais que les quelques chansons entendues à la radio ou découvertes lors du show case du 3 juin. Mais lorsqu’on écoute l’intégralité de l’album, on ne peut que tomber sous le charme et ressentir une irrépressible envie de  frétiller des gambettes.
Au moins, pour ce qui est de la bande son, le spectacle est déjà assuré.

Ma chanson préférée est Oser les larmes. La mélodie, très jazzy, vous pénètre dans le cortex, l’envahit, et s’y installe sans aucune gêne. Et puis il faut mettre en exergue la prestation de Stéphane Chausse à la clarinette.


Ensuite, j’ai adoré Con-vain-cu. Le seul (petit) reproche que je lui fais, c’est l’abus de féminines en fin phrase : devoir prononcer les « e » muets écorche un tantinet la perception… Mais la chanson est une réelle réussite. Elle est délicieusement osée et provocante, remarquablement interprétée par Carmen Maria Vega et, là aussi, la présence des cuivres, trompette et saxo, est un vrai plus.
En trois, je place Paradis illico. Sur ce titre qui avance tout le temps, Alain Chamfort est venu apporter sa contribution. C’est une chanson vraiment formatée « comédie musicale », une évidente chanson de scène.
Excellente chanson de scène également, Dingue des Années folles, nous installe dans une ambiance tonique et festive à souhait. Swing, voix distordues, le traitement est très américain.

Mais j’aime presque autant la Valse de la chance, jolie valse lente au climat chargé de mélancolie qui traduit parfaitement l’état d’esprit du personnage. Et puis, au niveau de l’écriture, le Baguian s’est astucieusement ingénié à y glisser des sonorités en « passe » en clin d’œil à la roulette… Après, dans l’ordre préférentiel, viennent Drôle mambo pour son atmosphère, L’Homme infâme et Le seul vrai boss ici-bas pour son ambiance bastringue et la qualité de ses chœurs.

Bien sûr, je ne m’attarde pas sur les trois chansons d’époque, Mon homme, C’est vrai et Je cherche un millionnaire, des standards quasiment centenaires qui font partie du patrimoine et qu’on ne présente plus.

Maintenant, il faudra attendre le 18 septembre pour juger de la qualité du livret et de l’histoire. Mais, ce qui est déjà certain, c’est que les chansons tiendront formidablement leur place.



mercredi 14 novembre 2012

1789, les Amants de la Bastille


Palais des sports
1, place de la Porte de Versailles
75015 Paris
Tel : 01 48 28 40 10
Métro : Porte de Versailles

Livret de Dove Attia et François Chouquet
Mise en scène et chorégraphies de Giulano Peparini
Musiques composées par Dove Attia, Rod Janois, Jean-Pierre Pilot, William Rousseau, Olivier Schultheis
Paroles de Dove Attia et Vincent Baguian
Décors de Bernard Arnould
Costumes de Frédéric Olivier
Lumières de Xavier Lauwers
Images de Patrick Neys
Avec Louis Delort (Ronan), Camille Lou (Olympe), Rod Janois (Camille Desmoulins), Roxane Le Texier (Marie-Antoinette), Sébastien Agius (Robespierre), Nathalia (Solène)Matthieu Carnot (Lazare), David Ban (Danton), Yamin Dib (Auguste Ramard), Guillaume Delvingt (Necker), Philippe Escande (Louis XVI)…


L’histoire : France, printemps 1789. La famine et le chômage dévastent les campagnes et les villes. La révolte gronde tandis qu’à Versailles la cour de Louis XVI, insolente et frivole, continue de dépenser sans compter l’argent de l’Etat.
Issus de ces deux mondes qui se redoutent et s’affrontent, Olympe et Ronan n’auraient jamais dû se rencontrer. Lui, jeune paysan révolté par les injustices qui l’ont privé de sa terre, monte à Paris pour conquérir la liberté. Elle, fille de petite noblesse, gouvernante des enfants royaux à Versailles, se dévoue corps et âme au service de sa souveraine, la reine Marie-Antoinette. Et pourtant…
Ils vont s’aimer passionnément, se perdre, et se retrouver. Accompagnant les plus hauts personnages de leur temps tels Danton le magnifique, Camille Desmoulins, le fougueux journaliste, ou Jacques Necker, l’austère ministre du Roi, ils connaîtront les soubresauts de la Grande Histoire.

Mon avis : Voici donc le quatrième opus produit par Dove Attia et Albert Cohen. Après Les 10 Commandements, Le Roi Soleil et Mozart l’opéra Rock, ils continuent de remonter le temps avec 1789, les Amants de la Bastille.
Forts de leurs précédentes expériences, ils ont acquis dans le domaine du spectacle musical un savoir-faire indéniable. Ils n’ont d’ailleurs connu que des succès toujours plus grands.
Pour 1789, ils ont de nouveau réuni les ingrédients qui ont légitimé leur réussite : de somptueux décors, de superbes costumes, une scénographie onirique, des chansons portées par des voix parfaites, des chorégraphies originales… tout cela au service d’une histoire.

Ce qui m’a le plus frappé et séduit, c’est la formidable esthétique du spectacle. On en prend vraiment plein les mirettes. En fait, il y a peu de décors en dur. L’ingéniosité du scénographe a été de projeter des images sur d’immenses panneaux coulissants. L’effet est remarquable. On sait tout de suite où on se trouve. La toute première image, à l’ouverture du rideau, donne le ton. On se croirait dans un film en 3D. Et la suite ne fait que confirmer ce parti-pris d’esthétique. On a droit à une succession de tableaux tous plus beaux les uns que les autres. J’ai particulièrement celui du Palais-Royal, la chorégraphie des filles de joie, celui du Journal, celui de la geôle avec acrobaties façon yamakasi, le cauchemar d’Olympe, ainsi que certains effets spéciaux comme l’incendie… Dans ce domaine, on est vraiment gâté.

En revanche, par rapport aux précédents spectacles et plus particulièrement les très réussis Roi Soleil et Mozart, la part de fiction y étant plus importante, j’ai trouvé l’intrigue plus décousue. J’admets que traiter les six mois les plus décisifs de la Révolution Française en deux heures tenait de la gageure. Connaissant la grande méticulosité en matière de véracité historique du librettiste François Chouquet, il a dû souffrir de ne pas pouvoir développer cet aspect au détriment du récit romanesque. Si bien qu’on n’a droit qu’à quelques fulgurances disposées ça et là au petit bonheur, ce qui produit une sorte de déséquilibre dans la narration. On voit passer les principaux protagonistes de la Révolution ; les Danton, Robespierre, Desmoulins… sans trop les approfondir.

Toujours par comparaison aux deux exercices précédents, j’ai trouvé que 1789 manquait de tubes. Certes la musique est bonne mais, hormis Ça ira mon amour, il y a peu de chansons qui émergent et que la foule peut immédiatement s’approprier. Dans Le Roi Soleil et Mozart, il y a eu une demi-douzaine de vrais succès. Là, ça manque un peu de folie et de bons gros titres qui ponctuent le spectacle de ces rendez-vous avec les jeunes filles qui les reprennent en communion avec leurs interprètes.
Ensuite, autant j’avais adoré la prestation de Yamin Dib dans Mozart où il avait apporté une indispensable et rafraîchissante note de comédie pure, autant j’ai trouvé qu’il en faisait beaucoup trop cette fois. Yamin est un comédien hors pair, il n’a pas besoin de forcer autant le trait. Dans la première partie, j’ai eu l’impression de voir un clone agité et vociférant de Louis de Funès. Heureusement, il se ressaisit dans le début de la seconde partie. Je comprends qu’on veuille apporter un peu de légèreté dans une histoire dramatique, c’est nécessaire, et le public adore Yamin. Mais il faut savoir éviter la caricature et tomber dans le sur-jeu… En revanche, j’ai trouvé extrêmement jubilatoire la prestation de ses deux sbires, joués par Michaël Feigenbaum et l’époustouflant Olivier Mathieu
Sur le plan vocal, il n’y a rien à dire. Comme d’habitude, tous les artistes sont parfaits. J’ai plus particulièrement apprécié les timbres de Nathalia (Solène) et surtout celui de Rod Janois (Camille Desmoulins). Ils font vraiment l’unanimité auprès du public… Quant aux chorégraphies, je les ai trouvées absolument superbes, homogènes, toniques, inventives, tout à fait adaptées à l’histoire. Du très beau travail.

Bref, si les yeux sont plus comblés que les oreilles1789, les Amants de la Bastille reste un grand et beau spectacle. Il y a encore une fois de la magie et surtout, je tiens à le rappeler, une profusion de tableaux absolument magnifiques.

vendredi 3 août 2012

Sister Act



Théâtre Mogador
25, rue de Mogador
75009 Paris
TEL : 0 820 88 87 86
Métro : Trinité / Havre-Caumartin / Auber

A partir du 20 septembre 2012

Comédie musicale produite par Whoopi Goldberget Stage Entertainment
Compositeur : Alan Menken
Parolier : Glenn Slater
Livret : Bill et Cheri Steinkellner
Metteur en scène : Carline Brouwer
Chorégraphe : Anthony Van Laast
Adaptation française de chansons : Nicolas Nebot

Avec Kania (Dolorès Van Cartier), Sarah Manesse (Sœur Marie Robert), Lola Cès (Sœur Marie Patrick), Sarah Tullamore (Sœur Marie Laazarus), Christian Bujeau (Monseigneur), Barry Johnson (Curtis), Keny Bran Ourega (TJ), David Sollazo (Pablo), Alix Briséis (Swing)…

L’histoire : Témoin d’un meurtre, la diva du disco Dolorès Van Cartier, bénéficie du programme de protection des témoins. La police choisit de la placer dans un couvent, seul endroit où on n’ira pas la chercher. Déguisée en nonne, elle se trouve une utilité en apprenant le chant aux bonnes sœurs, insufflant ainsi une vie nouvelle à cette communauté sur le déclin… Mais les criminels sont toujours à sa recherche. La traque est lancée. Va-t-elle être démasquée ?

Mes impressions : La présentation à la presse de la version française de Sister Act a eu lieu dans le cadre majestueux et parfaitement idoine de l’Eglise Américaine de Paris.
Après quelques propos liminaires autour du spectacle tenus par Christian Bujeau, le comédien qui tient le rôle de Monseigneur, Alan Menken, le compositeur huit fois oscarisé, auteur des musiques, nous a offert un récital piano-voix de quelques uns de ses plus grands morceaux. Non seulement ce garçon est un virtuose et un formidable mélodiste, mais il s’est révélé également être charismatique et plein d’humour. Il nous a donc fort agréablement mis dans les meilleures conditions pour découvrir quelques titres du spectacle qui va être donné à Paris.
Accompagnée par le Maître, Kania, qui tient le rôle principal, celui de Dolorès, nous a rapidement fait comprendre pourquoi on l’avait choisie. Avec une puissance vocale modulée, cette Canadienne d’origine haïtienne maîtrise à la perfection le swing et le gospel. Formée aussi à la danse et à l’art dramatique, elle est bien plus qu’une simple chanteuse. Chose que l’on vérifie bientôt lorsqu’elle dirige le chœur des sœurs dans l’interprétation de Partir pour Eden, un des tubes du Musical.

Ensuite, après avoir fait connaissance avec le chorégraphe, Anthony Van Laast, apparaît le trio des méchants emmené par l’affreux Curtis. Le mauvais garçon, un balèze au physique impressionnant, accompagné de ses deux acolytes, deux sournois de la pire espèce, interprète une chanson chargé de menaces à l’encontre de cette chère Dolorès, Si je retrouve ma poupée. Vu sa détermination et sa soif de vengeance, on se doute qu’il vaut mieux que la pseudo nonne ne tombe pas entre leurs mains…
La nonne en question ne semble toutefois pas trop s’en faire. Avec ses nouvelles copines, elle entonne Suis ta voix, une sorte d’hymne vraiment efficace.

Sur ce qui nous a été donné de voir, on peut être confiant. Sur le plan qualitatif, Sister Act est du même niveau que Mamma Mia !. Le casting est parfait. Il y a deux-trois sœurs qui attirent particulièrement l’attention par leur attitude comme la timide qui s’éclate soudain en découvrant qu’elle a le rythme dans le sang. Les personnages sont bien typés.
Maintenant, attendons le 20 septembre, pour découvrir cette comédie musicale qui arrive enfin en France vingt ans après le succès planétaire du film. A Londres, elle a attiré plus d’un million de spectateurs. Et elle vient de connaître des accueils triomphaux à Hambourg, à Broadway, à Milan et à Vienne.
Tous à vos bréviaires et haut les chœurs !

samedi 13 novembre 2010

Mamma Mia !


Théâtre Mogador
25, rue de Mogador
75009 Paris
Tel : 08 20 88 87 86
Métro : Trinité, Chaussée d’Antin, Havre-Caumartin, Auber

Musique et paroles originales de Benny Andersson et Björn Ulvaeus
Livret de Catherine Johnson
Mise en scène de Phyllida Lloyd
Décors et costumes de Mark Thompson
Chorégraphies d’Anthony Van Vaast
Adaptation du livret : Stéphane Laporte
Adaptation des chansons : Nicolas Nebot
Avec : Claire Guyot ou Sophie Delmas (Donna), Gaëlle Gauthier (Sophie), Karen Gluck (Rosie), Marion Posta (Tanya), Francis Boulogne (Paul), Patrick Mazet (Henri), Jérôme Pradon (Sam), Dan Menasche (Sky), Emmanuelle Bouaziz (Ali), Vanessa Cailhol (Lisa), Tristan Chapelet (Pepper), Sylvain Mathis (Eddie)…


Ma note : 8/10

Synopsis : Mamma Mia ! est une comédie romantique dans laquelle les aspirations d’une fille des années 70 se confrontent à celles d’une fille des années 90. A travers la magie que tissent les paroles des chansons d’ABBA, nous faisons la connaissance de Donna, mère célibataire batailleuse et indépendante, qui clame ne pas avoir besoin d’homme pour donner un sens à sa vie. Sophie, sa fille de 20 ans, rêve de romance et d’un grand mariage en blanc. Si seulement son père pouvait l’accompagner jusqu’à l’autel… Si seulement sa mère pouvait lui dire qui est son père…

Mon avis : S’il arrivait à Philippe Katerine de souffrir d’une pénurie de bananes, il lui suffirait d’aller se camper à la sortie du théâtre Mogador aux alentours de 22 h 45 pour en faire une prodigieuse cueillette. En effet, il faut voir les sourires qui illuminent les visages et entendre les commentaires enthousiastes pour réaliser le plaisir que les spectateurs viennent de recevoir.

Le rideau fermé indique la tendance : le spectacle va être dominé par une symphonie en bleu et blanc. Rien de tel pour nous faire comprendre que nous nous trouvons dans une île grecque. Murs blancs, portes et volets bleus, ciel d’azur. Ce paysage typiquement méditerranéen nous met d’emblée de bonne humeur. Heureusement, car nos oreilles viennent d’être violemment agressées par une entame orchestrale quelque peu excessive en décibels. Bien sûr, l’orchestre joue en live et les musiciens sont heureux de se lâcher dans un habile pot-pourri liminaire de l’œuvre abbatesque, mais ça aurait été bien plus agréable en baissant un tantinet le volume. C’est là, à mon goût, la seule fausse note de tout le spectacle car, comme je le disais, dès que le rideau est levé, on se régale.
Le ton est donné par Ali et Lisa, les deux pétillantes demoiselles d’honneur de la future mariée, Sophie. Elles sont fraîches, toniques, débordantes de joie de vivre… Le décor pivote, et l’on se retrouve devant la taverne de Donna, la maman de Sophie, pour assister à l’arrivée de ses deux anciennes partenaires, Rosie et Tanya, deux personnages hauts en couleurs, un brin déjantées, qui sont visiblement venues pour s’éclater. Sympathiques et drôles, on sent qu’elles vont mettre l’ambiance… Puis, après un tableau visuellement très joli avec son jeu de mains, nous faisons connaissances avec Henri, Paul et Sam, les trois pères putatifs de Sophie… Désormais, tous les principaux protagonistes sont réunis, on sait qui est qui, on commence à cerner les caractères, on n’a plus qu’à se laisser porter par l’histoire…

Le casting de Mamma Mia ! est une totale réussite. Tous les personnages sont épatants. Les trois « papas » ont chacun un physique et un caractère différents. Les deux copines de Donna, dont les voix s’accordent très harmonieusement, forment un duo extravagant à la Laurel et Hardy, avec une mention spéciale pour Karen Gluck (Rosie) qui a une formidable présence comique. Donna, qui a le rôle pivot de la comédie musicale, dispose d’une très large palette d’expressions en fonction de ses états d’âme et des situations auxquelles elle est confrontée. Elle est toujours juste et totalement convaincante. Elle est capable de passer presque sans transition d’une scène pleine d’émotion à la fantaisie la plus débridée… Et Gaëlle Gauthier, excellente comédienne, est une Sophie parfaite dans sa quête de racines et de vérité.
La mise en scène est alerte et inventive (les apartés de Sophie avec ses trois géniteurs), les tenues de scène sont de plus en plus somptueuses au fur et à mesure qu’avance l’action. Certains tableaux sont de toute beauté avec, systématiquement, une note d’humour jubilatoire. Il y en a même un qui mérite les palmes de la cocasserie… Quant à la scène d’ouverture onirico-psychédélique de l’acte 2, elle est tout simplement géniale car elle nous permet de vivre le rêve-cauchemar de Sophie. Et comme elle a la chance de rêver en couleurs, on en prend plein les mirettes… Les danseurs, Pepper en tête, se livrent à des prouesses physiques étonnantes

Mamma Mia ! est une véritable pièce de théâtre chantée car il y a une histoire forte avec de vraies scènes de comédie. Le traitement n’est jamais gnangnan ; il y a même quelques saynètes et réflexions carrément coquines… C’est un bain de jouvence qui nous replonge avec délices dans les années 70, années de liberté, d’insouciance et de joie de vivre. Nombreux sont les clins d’œil à cette époque bénie... Personnellement, je n’ai pas du tout été gêné par l’adaptation des textes d’ABBA en français. C’est même plutôt réussi.
En résumé, j’ai passé une très agréable soirée avec ce spectacle dynamique et joyeux servi par une troupe qui, visiblement, prend énormément de plaisir à nous en donner. C’est beau et c’est bien fait. Que demander de plus ?

vendredi 8 octobre 2010

Rendez-vous


Théâtre de Paris
15, rue Blanche
75009 Paris
Tel : 01 48 74 25 37
Métro : Trinité d’Estienne d’Orves

D’après la pièce de Miklos Laszlo
Adaptée par Laurent Lafitte et Judith El Zein
Mise en scène par Jean-Luc Revol
Arrangements et direction musicale de Thierry Boulanger
Chorégraphies d’Armelle Ferron
Décor de Sophie Jacob
Costumes d’Aurore Popineau
Avec Kad Merad (Georg Nowack), Magali Bonfils (Amalia Balash), Laurent Lafitte (Steven Kodaly), Pierre Santini (M. Maraczeck), Alyssa Landry (Ilona Ritter), Andy Cocq (Ladislav Sipos), Paolo Domingo (Arpad Laszlo), Jean-Michel Fournereau (Le maître d’hôtel), Lauri Lupi (M. Keller)…

Ma note : 7/10

L’histoire : L’action se déroule en Hongrie, dans les années 30, dans la parfumerie de Maraczeck. Le directeur, Georg Nowack, homme tranquille et discret, profite de ses heures de loisirs pour correspondre anonymement avec une « très chère » inconnue dont il est tombé amoureux sans l’avoir jamais rencontrée. Bientôt arrive une nouvelle vendeuse, Amalia Balash. Les deux jeunes gens se détestent immédiatement. Mais ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils s’écrivent depuis plusieurs mois…

Mon avis : Le premier contact avec le décor est intrigant : nous nous trouvons face à une sorte d’immense cuve ronde. En fait, en pivotant sur elle-même, elle s’ouvre sur différents décors modulables dont le plus important, bien sûr, est l’officine de la parfumerie Maraczeck. C’est ingénieux et c’est bien fait. Il m’a fait penser à celui du Donneur de bain à Marigny. Cette boutique se révèle très jolie avec sa dominante de tons bleus pastel… Le premier contact avec la musique m’a rassuré : l’orchestre joue en live… Le premier contact avec le spectacle m’a mis un peu sur la réserve : les premiers échanges entre les comédiens sont chantés, y compris les conversations les plus banales, façon Parapluies de Cherbourg. Je me suis dit que si tout le spectacle était conçu ainsi, j’allais vite me lasser. Mais ce n’était qu’un préambule en forme de clin d’œil… Mon premier contact avec les comédiens m’a enchanté : d’abord par leur élégance vestimentaire (superbes robes et beaux costumes), et ensuite par la conviction qu’ils mettent dans leurs personnages… Voilà, j’avais ma vision d’ensemble, j’étais donc prêt à découvrir la suite de cette comédie musicale complètement décalée par rapport aux grosses machines proposée dans les différents Palais, Sports et Congrès.

En quelques tableaux habilement brossés, on assimile rapidement les caractères de chacun. Georg Nowack (Kad Merad) est un brave garçon, sentimental et romantique, un bon camarade aussi. Il est sympathique, quoi. Steven Kodaly (Laurent Lafitte), c’est le fayot, l’arriviste, le gommeux, le tombeur de ces dames ; il se la joue perso. Monsieur Maraczeck (Pierre Santini) nous apparaît d’abord comme un patron plutôt jovial, tout en rondeurs et, semble-t-il, paternaliste. Mais on s’apercevra plus tard qu’il n’est pas si aimable que cela. Ladislav Sipos (Andy Cocq), c’est le bon copain collègue, discret, affable, courtois et fidèle en amitié. Ilona Ritter (Alyssa Landry) est aussi une bonne collègue, mais c’est un cœur d’artichaut sans cesse actionné par une libido effervescente et néanmoins parfaitement saine…

Passons au spectacle proprement dit. J’ai beaucoup aimé cette petite chansonnette que les employés de la parfumerie entonnent à la sortie de chaque client(e). C’est une sorte de running gimmick très plaisant à voir et à entendre. Puisqu’on parle de chansons, je les ai trouvées pour la plupart un tantinet vieillottes. Les adaptateurs et les artistes-chanteurs n’y sont pour rien, mais ils sont confrontés à des mélodies qui n’en sont pas. Ce qui a pour effet de rendre les chansons un peu laborieuses. En même temps, le tout dégage un charme désuet - on dirait un vieux film américain des années 50 - qui gomme souvent le désagrément. Ce n’est qu’une question de disposition d’esprit. Certains adhèrent sans condition, comme mon voisin de droite, brillant journaliste critique, alors que d’autres, comme moi, émettent certaines réticences. Tout simplement parce que je me disais en permanence que Rendez-vous aurait du mal à séduire le public jeune. Ce n’est bien sûr que mon point de vue. La seule chanson que j’aie vraiment appréciée au cours du premier acte est « J’ai rendez-vous ce soir à 8 heures » qui elle, au moins, possède une mélodie que l’on peut garder en tête.

Du coup, à l’entracte, mes sensations étaient mitigées. Mais j’étais sûr d’une chose : j’avais trouvé ce premier acte un peu longuet, la belle générosité des comédiens étant tempérée par la pauvreté mélodique des chansons.
Heureusement, le deuxième acte allait beaucoup, beaucoup me plaire. Il est bien plus rythmé, les jolies scènes de comédie se succèdent, et il y a de fort jolis tableaux, comme la scène du restaurant avec un drolatique numéro du maître d’hôtel. Seul petit hiatus encore, quand l’action s’emballe et se fait dynamique (on est tout content), elle retombe aussitôt après au profit d’une plage assez mollassonne. C’est dommage que l’on ne reste pas dans le rythme. Mais c’est le seul point noir de cette excellente deuxième partie dans laquelle tous les comédiens sont au taquet. Nombreux sont les personnages qui m’ont véritablement enthousiasmé artistiquement parlant.
Andy Cocq (Ladislav) m’a fait irrésistiblement penser à Jack Lemmon ; non seulement il lui ressemble physiquement, mais il en a aussi la fantaisie légère, la délicatesse, le petit sourire timide et la gestuelle un peu empruntée. Il est par-fait… Alyssa landry (Ilona) est formidable de vitalité et de présence. C’est une santé ; et en plus d’un sens de l’humour évident, elle est dotée d’une très belle voix, puissante et mélodieuse… Pierre Santini (Maraczeck) est comme à l’habitude irréprochable. Le caractère de son personnage n’étant pas linéaire, parfois sympathique, parfois détestable, il peut jouer de tout un éventail de sentiments ; et il y a belle lurette qu’on sait qu’il sait et aime chanter… Laurent Lafitte (Steven Kodaly) est épatant. Dans un rôle qui lui va comme un gant. Gentiment mufle et narcissique, il frise sans cesse la caricature sans jamais tomber dedans. Il est entre Jerry Lewis, pour la drôlerie, et Dean Martin, pour le charme. Son solo « Rumba » est un grand moment. Et le couple qu’il forme avec Ilona est particulièrement amusant…
Magali Bonfils (Amalia Balash) est, pour ce qui me concerne, la belle surprise de ce spectacle. Elle est pétillante, pleine de vie et de fraîcheur, elle fait ce qu’elle veut avec sa voix, elle est aussi à l’aise dans les scènes dramatiques que comiques, celles où elle montre un sacré caractère comme celles où elle laisse poindre sa tendresse ; et puis, elle bouge et danse vraiment bien... Et il y a Kad Merad (Georg Nowack). Il était un peu la curiosité de ce spectacle musical dans lequel outre chanter (ça, on avait eu maintes fois la preuve qu’il se débrouillait très bien) et danser, ce qui n’est pas évident sur des chorégraphies à plusieurs et millimétrées. Il est reçu avec mention bien. Pendant plus de deux heures, il est comme un gamin émerveillé à qui on vient de donner l’autorisation de faire un petit numéro à la fin d’une importante fête de famille. Il ne sur-joue pas une seconde. Il est totalement dans la finesse, presque en retenue. Touchant d’humanité en amoureux transi, il se révèle aussi ami loyal et droit, employé responsable et investi, mais qui ne se laisse toutefois pas marcher sur les pieds. Le genre de mec qu’on aimerait vraiment avoir pour ami… Il avait très envie de se coltiner à ce genre-là, il l’a fait, et c’est réussi. Il peut être content de lui, et nous aussi.

J’ajouterai que les couples de danseurs et danseuses qui animent certains tableaux sont en tout point parfaits. Ils apportent une réelle plus value à ce show en lui donnant un côté music-hall chic.
En conclusion, grâce à une deuxième mi-temps très enlevée, le match a été sauvé. On sort avec un léger sourire de contentement avec cette sensation que l’on ressent parfois lorsqu’on est confronté à un plat que nous concoctait une grand-mère : le plaisir d’un goût qu’on avait aimé et qu’on avait oublié. Ce côté un peu suranné de Rendez-vous est à la fois sa faiblesse et sa force. Et on ne peut que saluer la qualité de la mise en scène, la générosité des comédiens, la beauté des décors et des costumes. Dans ce domaine, ils sont tous irréprochables et ils nous donnent le meilleur d’eux-mêmes. Tout le reste n'est que subjectivité.

jeudi 18 février 2010

Monty Pythons Spamalot


Théâtre Comédia
4, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tel : 01 42 38 22 22
Métro : Strasbourg Saint-Denis

Une pièce de Eric Idle et John Du Prez
Adaptée et mise en scène par Pierre-François Martin-Laval
Avec Gaëlle Pinheiro (la Dame du Lac), Pierre-François Martin-Laval (Le Roi Arthur), Olivier Denizet (Robin), Arnaud Denissel, Grégoire Bonnet (Bedevere), Tiffanie Jamesse, Andy Cocq (Patsy), Arnaud Ducret (Galahad), Laurent Paolini (Prince Herbert), Philippe Vieux (Lancelot), Edouard Thiébaut, Sophie Gemin
Direction musicale : Mathieu Gonet
Chorégraphies : Stéphane Jarny
Décors : Franck Schwarz
Costumes : Jean-Michel Anglays

Ma note : 9/10

L’argument : Spamalot est une version délirante de la légende du Roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde.
Adaptée très librement du film culte Sacré Graal des Monty Pythons (1974), la pièce a été créée aux Etats-Unis en 2005 et s’est jouée à Londres pendant plus de deux ans. Elle a été nommée 14 fois aux Tony Awards et en a remporté trois, dont celui du Meilleur Musical.
Adapter en français l’univers absurde de ce grand classique de la comédie n’était pas une mince affaire. C’est pourtant le pari qu’a relevé Pierre-François Martin-Laval, dit PEF, membre éminent de la troupe des Robins des Bois.

L’histoire : A l’époque des croisades, le Roi Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde partent à la recherche du Graal, le vase sacré dans lequel a été recueilli le sang du Christ au moment de son sacrifice. Chevauchant d’invisibles montures, ils vont se retrouver plongés dans un monde insensé, plein de périls et de traquenards.

Mon avis : Honnêtement, je ne peux pas dire que j’ai aimé… Non. J’ai a-do-ré ! J’ai passé au théâtre Comédia deux heures d’un pur bonheur, de rire et de ravissement.
Moi qui ai été élevé au rythme des aventures radiophoniques et rocambolesques de Signé Furax, de Pierre Dac et Francis Blanche, qui me suis ensuite immergé dans l’univers délirant de Marcel Gotlib, et qui ai communié avec la joyeuse troupe d’Hara-Kiri, j’éprouve une tendresse inextinguible et une attirance chronique pour le burlesque et le non sens. Evidemment, le monde des Monty Pythons m’a transporté de joie.
C’est donc en salivant d’avance que je suis allé découvrir ce qu’avait pu faire Pierre-François Martion-Laval (PEF) avec l’adaptation française de Sacré Graal, film aussi culte sur la chevalerie que l’est La vie de Bryan sur l’avènement du christianisme. J’ai été comblé au-delà de mes espérances. Car PEF a non seulement su préserver l’esprit typiquement anglo-saxon des Monty Pythons en y ajoutant une bonne dose humour bien français.

Un décor médiéval a envahi la scène. A chaque extrémité s’élève une tour délabrée, construite de guingois. Les musiciens élégamment vêtus de noir, traversent la scène pour rejoindre la fosse où ils vont jouer en « live » sous la conduite de Mathieu Gonet. Pendant tout le spectacle, on ne verra de celui-ci que la tête et le haut du buste. Il va diriger la manœuvre avec autant de dynamisme que de fantaisie car il va fréquemment intervenir dans le déroulement de la pièce.
La première personne à se représenter est un personnage du… Roi Lion, égaré de Mogador. Rappelé à l’ordre, il réalise son erreur et s’enfuit en courant. Le ton est donné. C’est parti pour deux heures de délire. Un narrateur obèse nous expose la situation. Et les quiproquos commencent à s’enchaîner. Les danseurs, confondant les mots « Bretons » et grands Bretons », totalement à côté de la plaque, se lancent avec conviction dans une démonstration de folklore bigouden ! (version Camelot à l’Armoricaine…).

Mais je ne vois pas l’intérêt de narrer les péripéties de Spamalot par le menu. D’abord par flemme, parce que c’est tout bonnement inracontable, et ensuite par respect pour vous laisser découvrir toutes les facéties de ce spectacle.
Les gags s’enchaînent à un rythme effréné, les dialogues culminent à un niveau d’absurde absolument jouissif (citons par exemple cette longue digression sur la présence de noix de coco africaine en territoire grand-breton), les danseuses ne se contentent pas de danser et de chanter joliment bien, elles participent elles aussi à l’action avec autant de charme que de dérision. Il y a également deux danseurs-acrobates étonnants de souplesse et de drôlerie (ils sont impayables en grenouilles). Les chorégraphies ont l’air totalement déjantées alors qu’elles sont formidablement bien réglées… Il y a également une flopée d’anachronismes et de clins d’œil (entre autre aux autres comédies musicales).
La Dame du Lac est entourée de pom pom girls, un tableau rappelle furieusement le Crazy Horse, on assiste à un strip-tease en armure, on s’ébat langoureusement sur le slow de La Boum, on voit apparaître Dieu (du moins en partie, mais je n’en dévoilerai pas plus), les chansons les plus improbables sont interprétées avec le plus grand sérieux, un tableau purement french-cancan vient s’inviter à la fête, on se gondole devant un avatar de la Gay Pride… Effets spéciaux, trucages, une bande-son efficace, c’est bourré d’astuces et de trouvailles, les combats sont réglés comme du papier à musique…

Et puis il y a la troupe des comédiens, PEF en tête. Alors là, je crois qu’il va en bluffer plus d’un avec sa performance tant physique que vocale. Incroyable ce qu’il parvient à faire avec son petit corps (jusqu’au grand écart !). Et, surtout, il est habité de bout en bout par son personnage. Il n’est jamais lourd, son humour est très fin, alternant habilement premier et second degré. Bref, il est parfait.
A ses côtés, si chacun des preux chevaliers es t vraiment épatant, il y a cependant deux personnages qui se distinguent par leur prestation. Il y a Arnaud Ducret, qui campe un Galahad absolument réjouissant. Et Gaëlle Pinheiro, qui apporte à la Dame du Lac une véritable folie douce. Dotée d’une voix exceptionnelle, elle joue à la diva avec un décalage tout-à-fait cocasse. Et elle se prête avec gourmandise à toutes les absurdités scéniques dans lesquels ce scénario déjanté l’entraîne… Mais sincèrement, tout le monde est remarquable de présence et de drôlerie. Le casting est réellement impeccable.

Programmé jusqu’au mois d’août, je ne serais pas étonné que Spamalot déborde bien plus loin dans le temps. Il existe en effet tout un public friand de ce genre de divertissement haut de gamme à tous points de vue (décors, musique, costumes, tableaux…). Il suffisait d’entendre les commentaires des spectateurs qui assistaient à la générale pour lui prédire un succès long et mérité. Le bouche-à-oreille fera le reste. Franchement, Spamalot, ce n’est pas de la camelote…

mercredi 23 décembre 2009

Bonnie & Clyde


L’Alhambra
21, rue Yves Toudic
75010 Paris
Tel : 01 40 20 40 25
Métro : République / Jacques Bonsergent

Genre : Polar musical
Mis en scène par Antoine Lelandais
Musiques de Raphaël Bancou
Scénographie de Sarah Bazennerye
Costumes de Virginie Houdinière et Sarah Dupont
Chorégraphies d’Armelle Perron
Maître d’armes : Benoît Cambillard
Avec Cécilia Cara (Bonnie Parker), Fabian Richard (Clyde Barrow), Christine Bonnard (Anita Villa-Lobos), Gilles Vajou (Alvarez / Almafuerte), Magali Bonfils (Gabrielle), Antoine Lelandais (Willy Woofy), Fabien Hily (Cosmo), Sabrina Boudaoud (Môme Dina), Raphaël Bancou (Lieutenant Jakowski)

Ma note : 7/10

L’histoire : Une cambrioleuse de talent dérobe les diamants d’Alvarez, le parrain de la mafia newyorkaise. En réponse, celui-ci envoie son bras droit afin de l’éliminer. Problème : elle s’appelle Bonnie… il s’appelle Clyde…

Mon avis : Il fallait un certain courage et/ou beaucoup d’enthousiasme pour porter à la scène la mythique histoire de Bonnie Parker et Clyde Barrow. Ce couple est tellement gravé dans la mémoire collective par ses interprètes précédents : Faye Dunaway et Warren Beatty pour le film, Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg pour la chanson. Excusez du peu ! En plus, on a en permanence la chanson dans la tête. Sacré handicap au départ…

L’épopée commence sur un air d’harmonica. Trois musiciens enchaînent en « live »… Willy Woofy, animateur d’une radio de Brooklyn, va en être notre narrateur. Grâce à un habile flash-back digne du cinéma, nous assistons au premier exploit de Bonnie Parker. Déguisée en hôtesse de l’air, elle s’empare d’un sachet de bijoux que convoie Gabrielle, âme damnée d’Alvarez, le patron de la pègre newyorkaise et, accessoirement maîtresse de son homme de main, le brutal et séduisant Clyde Barrow… Cette première scène de combat est remarquablement chorégraphiée. Cécilia Cara, particulièrement sexy dans sa tenue d’hôtesse de l’air, jupe fendue, chemisier blanc et ravissant petit calot, nous la fait carrément à la Kill Bill. Les arts martiaux n’ont plus de secret pour elle. Nous sommes bien loin de la gentille et romantique Juliette qui l’avait fait connaître… Quant à Clyde, c’est un vrai dur. Il ne connaît qu’une loi : son flingue. C’est un tueur impitoyable et cynique… Leur rencontre va être explosive. Nous assistons à un coup de foudre en direct.

Beaucoup de choses m’ont séduit dans ce « polar musical »… D’abord, l’histoire tient parfaitement la route. C’est une véritable tragédie grecque transplantée à Brooklyn qui se déroule sous nos yeux. Il y a de l’action, des rebondissements, des personnages bien dessinés, une mise en scène intelligente…. Grâce à un scénario solide, truffé de ramifications et de rebondissements, le tout est très crédible.
Ce que j’ai apprécié également, c’est que l’auteur du livret n’a pas succombé à la facilité en évitant tout manichéisme. Ceux qui ont l’air gentil peuvent trahir, les gangsters au cœur de pierre peuvent faire preuve de commisération. Il y a du feu, du sang, de l’amour, de l’humour, de l’émotion. De l’humain, quoi ! Nous assistons par exemple à une surprenante confession de Bonnie qui avoue presque à contrecœur qu’elle est excitée par la montée d’adrénaline que lui procurent ses hold-up. Pourtant, sa vocation, au départ, c’est d’incarner une sorte de Robin des Bois en jupons. Ces sentiments troubles sont fort bien analysés.
Mardi, c’était le soir de la première représentation. Après quelques ajustements, quand tout le monde aura bien pris ses marques, le spectacle va devenir plus rythmé, plus huilé, plus intense encore. Honnêtement, c’est du très bon travail. Les chorégraphies sont réussies, les scènes de combat originales et très physiques. Tous les protagonistes de ce drame – ils sont neuf – sont vraiment bons. Et les musiciens eux aussi participent à l’action en se muant en comédiens avec un réel talent. Sincèrement, il y a beaucoup d’inventivité dans cette mise en scène.

Maintenant, il y a un élément qui m’a quelque peu perturbé. Bonnie & Clyde est annoncé comme étant un « polar musical ». Or, je l’ai trouvé plus « polar » que « musical ». C’est effectivement bien âpre, bien noir, bien violent. Mais il m’a semblé que la musique, par manque de mélodie, n’était pas au diapason. Les chansons sont plus parlées que chantées. C’est peut-être un parti pris, mais il nous manque deux ou trois « tubes » qui pourraient dynamiser la bande son. Il y a certes des morceaux réussis comme le gospel, la chanson un peu bluesy de Dina, l’ambiance sud-américaine de celle de Cosmo le recéleur. Ça va faire mal, interprétée par le flic, est un bon air jazzy, Anita se fend d’un joli Combien de temps… C’est dommage, pour un spectacle musical qu’il n’y ait pas plus de vraies belles chansons qui s’installent dans notre tête et nous accompagnent ensuite dans le métro. Bref, j’ai trouvé les chanteurs plus convaincants que leurs chansons…
Mais, mis à part ce petit reproche, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre le déroulement de cette histoire d’amour et de violence. Le couple Bonnie/Clyde fonctionne parfaitement. Le charisme est là, ils assurent. Comme je le mentionnais plus haut, tout le monde est bon, d’Anita l’ex-prostituée devenue prêcheuse à Alvarez, le parrain, en passant par Gabrielle la tueuse ou Dina la serveuse. J’ai également bien aimé le timbre de voix du lieutenant Jarowski et sa désinvolture.
Allez voir Bonnie & Clyde. Déjà, ça a le mérite d’être une création française. L’histoire est costaude et les comédiens sont épatants. C’est un très bon divertissement. Et puis il y a Cécilia Cara. On la savait excellente chnateuse et très bonne comédienne ; mais là, elle nous épate aussi par ses qualités athlétiques.

jeudi 12 novembre 2009

Zorro, le Musical


Folies Bergère
32, rue Richer
75009 Paris
Tel : 01 44 79 98 60
Métro : Grands Boulevard / Cadet / Le Peletier

Histoire originale de Stephen Clark et Helen Edmund
Inspiré du roman d’Isabel Allende
Mise en scène de Christopher Renshaw
Musique de John Cameron et des Gipsy Kings
Livret et paroles de Stephen Clark
Adaptation du livret : Eric Taraud
Adaptation des paroles : Eric Taraud et Marie-Jo Zarb
Chorégraphies de Rafael Amargo
Avec Laurent Ban (Diego de La Vega/Zorro), Georges Beller (Le vieux Gitan/Don Alejandro), Yan Duffas (Ramon), Benoît de Gaulejac (Garcia), Géraldine Larrosa (Inez), Liza Pastor (Luisa)…

Ma note : 7,5/10

L’histoire : Don Diego est un jeune homme un peu fougueux et insouciant qui a été envoyé en Espagne par son père de « devenir un homme ».
A son retour en Californie, il retrouve son village et ses habitants injustement persécutés par des officiers avides d’argent. Décidé à aider les plus démunis, Don Diego devient Zorro, justicier masqué, redresseur de torts et éminent combattant à l’épée. Mais sa mission se complique lorsque l’amour se dresse sur son chemin…

Mon avis : Aucun doute, voici un spectacle musical qui devrait obtenir l’adhésion du public le plus large. Plaide en effet en sa faveur tout un lot de critères qui font que l’on quitte les Folies Bergère largement conquis, sinon enchantés. Si l’on doit peser le positif et le négatif, le premier l’emporte largement. Analysons donc d’abord tout ce qui m’a plu, surpris, émerveillé, amusé, ému…
Les décors, modulables et transformables à vue, et les costumes, très colorés, sont impeccables… L’idée de nous exposer l’histoire par le truchement d’un conteur, un vieux Gitan en l’occurrence, nous permet d’entrer facilement dans le vif du sujet, d’autant que tout ce qu’il raconte est clair et passionnant (grâce aussi à l’excellente diction de Georges Beller). Les scènes de combat sont particulièrement réussies. La présence de musiciens jouant en « live » est un gros plus. Le groupe de flamenco est très performant et chacune de ses interventions est un pur bonheur (la guitare espagnole est l’instrument idéal pour faire passer ou la joie, ou la mélancolie)... J’ai vraiment beaucoup apprécié entre autres la scène où les sept danseuses se révoltent contre la tyrannie de Ramon et de ses sbires. La chorégraphie et le tableau qu’elle engendre est un vrai grand moment d’émotion et d’esthétique.
Le metteur en scène a eu une superbe idée en introduisant de la magie et de la pyrotechnie dans le spectacle. Les quelques tours qui y sont accomplis sont réellement époustouflants et les scènes d’escamotage véritablement bluffantes. Mais j’estime qu’il ne faut pas les révéler pour préserver leur effet de surprise.

Autre atout, il y a tout au long du spectacle énormément d’humour ; un humour plutôt fin et plaisant (je pense par exemple à la scène du confessionnal, et à l’idée d’affubler le curé d’un cheveu sur la langue). Et les personnages principaux sont fort bien dessinés. Il est très intéressant de suivre l’évolution du caractère de Diego. Au début, il est totalement immature, fêtard, bambocheur, coureur puis, au fur et à mesure qu’il prend conscience, tout en restant très joueur, du désarroi des paysans et de l’injustice qu’ils subissent, on le voit devenir responsable et investi d’une mission.
Inez, la belle Gitane, est le deuxième personnage qui prend la vedette après Diego/Zorro. Elle possède une présence lumineuse. Elle est coquine, taquine, maline, très sensuelle, très humaine aussi. C’est finalement elle qui a le rôle féminin le plus important. Le public ne s’y trompe pas, qui l’acclame longuement au moment des saluts… Ramon est un personnage bien allumé, quasi mystique (dans le sens négatif du terme), il est dénué de toute moralité, il est sans scrupules, cruel, avide de pouvoir. Il est certes un peu caricatural, mais c’est plutôt efficace pour le jeune public de voir un méchant très méchant. Il est très important de souligner les belles voix parlées de Diego et de Ramon, graves et veloutées, parfaitement audibles.
Le sergent Garcia n’est pas une seconde antipathique. Au contraire. Il est touchant et se révèle plein d’humanité lui aussi. Le comédien qui l’incarne a le sens de la drôlerie et, en dépit de son poids, il n’est jamais lourd.
Luisa, c’est la féminité dans ce qu’elle peut avoir de romantique. Mais, quand il le faut, elle fait preuve d’un sacré caractère. Elle est la parfaite rivale d’Inez.

Voyons maintenant ce qui m’a un peu gêné… Autant la musique des Gipsy Kings, tout à fait festive et enlevée, apporte une véritable dynamique (il faut dire que ce ne sont que des tubes), autant j’ai trouvé la plupart des chansons un peu monotones parce que quasiment toutes lentes. J’ai déploré également un départ de deuxième acte un peu lent, émaillé de quelques longueurs (comme la leçon de séduction). Truculent et plein de verve, le sergent Garcia pêche parfois par une diction par trop approximative. Ses textes, débités trop vite, perdent en compréhension. Je trouve aussi que la langue française ne sonne pas très bien dans les « espagnolades ». Enfin, autant les scènes de comédie sont excellentes et d’un très bon niveau, autant on peut regretter que ce « Musical » soit aussi pauvre en chansons. C’est, à mon goût, un des seuls paradoxes de ce spectacle.

Ces quelques réserves mises de côté, j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures épiques de Zorro. En fait, ce divertissement, très ambitieux, est construit comme un film à grand spectacle. Quel que soit son âge, on en ressort émerveillé.

mardi 4 novembre 2008

Grease


Théâtre Comédia
4, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tel : 01 42 38 22 22
Métro : Strasbourg Saint-Denis

Livret, lyrics et musique : Jim Jacobs et Warren Casey
Mise en scène : Jeanne Deschaux et Olivier Bénézech
Adaptation : Stéphane Laporte
Direction musicale : Franck Sitbon
Direction vocale : Pierre-Yves Duchesne
Décors : Charles Auburtin
Costumes : Frédéric Olivier
Direction artistique : Serge Tapierman

Avec : Cécilia Cara (Sandy), Djamel Mehnane (Danny), Amélie Munier (Rizzo), Clémence Mérot du Barré (Frenchy), Virginie Perrier (Marty), Vanessa Cailhol (Jan), David ban (Kenickie), Fabrice Todaro (Doody), Nuno Resende (Roger), Pedro Alves (Sonny), Olivier Ruidavet (Teen Angel/Vince Fontaine), Fabrice Némo (Eugène), Alix Briséis (Patty), Caroline Roelands (Miss Lynch), Audrey Senesse (Cha-Cha)...

Ma note : 8,5/10

L'histoire : A la fin de l'été 1958, Danny et sandy, tombés amoureux l'un de l'autre pendant les vacances, sont contraints de se séparer pour retourner sur les bancs du lycée. Danny est le chef des T.Birds, une bande de copains gominés et portant des blousons noirs, tandis que Sandy est une jeune étudiante australienne qui doit rentrer au pays.
Mais le hasard fait qu'elle reste en Amérique et qu'elle soit inscrite au lycée Rydell, le même que celui que fréquente Danny. Chacun dans l'ignorance de la présence de l'autre, ils racontent à leurs amis respectifs leur aventure amoureuse, avec une certaine nostalgie. Les deux tourtereaux finissent par se retrouver et, bien que leurs personnalités soient radicalement opposées, ils décident d'essayer de reprendre leur relation.
La rentrée va donc prendre une tournure inattendue, d'autant que Sandy rejoint les rangs des insolentes Pink Ladies et que la rivalité avec les T.Birds et le gang des Scorpions est à son comble...

Mon avis : Grease, c'est un gros bonbon, un superbe sucre d'orge aux couleurs chatoyantes et au goût délectable ! Pour les trente ans du film, l'idée de programmer cette comédie musicale est particulièrement judicieuse. Les teenagers d'alors sont aujourd'hui des quadras et ils sont encore tout imprégnés des fameuses chansons créées à l'écran par Olivia Newton-John et John Travolta. Comme il est affirmé sur le programme : Grease, c'est "le musical de toute une génération".

Avant même que le rideau se lève, les gens sont frétillants de plaisir, visiblement hereux d'être là...
Le premier contact que l'on a, c'est avec les musiciens. Ils sont six, que des pointures que le grand public connaît grâce à la télé réalité. Franck Sitbon, qui en assure la driection musicale, n'est autre que le pianiste de La Nouvelle Star.
Et dès la première scène, c'est tout de suite le bonheur. Les costumes sont vraiment chouettes. Jupes trapèze, pantalons corsaires, chemisiers chamarés, tenues de pom pom girls, pour les filles ; jeans, blousons de cuir noirs, costards ajustés, baskets, lunettes noires et bananes fleuries pour les garçons. On entre de plain-pied dans les années 50. Aucune fausse note, tout est d'époque. On s'attendrait presque à voir surgir James Dean !

A travers une succession de tableaux tous plus originaux et drôles les uns que les autres (la scène de la douche, celle de la Cadillac...), nous devenons les témoins privilégiés de l'histoire d'amour quelque peu tumultueuse de Sandy et Danny. Pas facile pour lui de roucouler de façon romantique quand tous les gars de la bande des T. Birds affectent de jouer aux gros durs désabusés. Il est vrai que les garçons se montrent plutôt primaires. Ce ne sont pas des flèches. Ils ne sont préoccupés que par des problèmes d'une futilité pitoyable. Si les filles - comme dans la vraie vie - font preuve d'une plus grands maturité, elles se révèlent néanmoins assez frivoles et leur attirance pour les garçons les rend parfois un peu nunuches. Il est évident que pour les uns comme pour les autres, les études passent au second plan. Bref, il régnait à cette époque une grande insouciance et une vraie joie de vivre. Et c'est parfaitement rendu.

Les chorégraphies sont épatantes, pleines de trouvailles et de dynamisme. Tout ce petit monde chante et danse remarquablement... Servie par sa blodeur fragile et son frais minois, Cécilia Cara campe une Sandy parfaite. Elle aussi on la dirait "d'époque"... Djamel Mehnane fait preuve d'une vitalité survitaminée. A mon goût, avec un humour un peu appuyé, il tire trop sur les ficelles et il adopte parfois une attitude de petite frappe qui peut agacer. C'est un parti pris de la mise en scène, il faut l'accepter... Si tout le monde est bon, voire très bon, on ne peut toutefois que saluer la performance d'Amélie Munier dans le rôle de Rizzo. Derrière son apparent cynisme, elle cache une grande vulnérabilité. Et quand elle chante, elle nous cloue sur nos fauteuils. Mais je tiens à le redire, ils sont tous extrêmement performants. C'est une vraie troupe, au sens noble du terme.

En concusion, ce spectacle est un véritable bain de jouvence. Il souffle dans le théâtre Comédia un vent de fraîcheur qui vivifie nos petits cellules "Grease". C'est un très, très, très, bon divertissement.
Ne vous inquiétez pas, ils prolongent déjà jusqu'à la fin du mois de janvier. Mais ce serait bien le diable s'ils ne tenaient pas jusqu'au printemps !

mercredi 29 octobre 2008

Je m' voyais déjà


Théâtre du Gymnase Marie-Bell
38, boulevard Bonne-Nouvelle
75010 Paris
Tel : 01 42 46 79 79
Métro : Bonne-Nouvellle

Paroles et musique : Charles Aznavour
Livret : Laurent Ruquier
Mise en scène : Alain Sachs
Direction musicale : Gérard Daguerre
Chorégraphie : Patricia Delon
Avec Diane Tell (Francesca Lavi), Pablo Villafranca (Danny), Stéfi Celma (Virginie), Jonatan Cerrada (Nicolas), Arno Diem (Alexandre), Julie Lemas (Chloé), St-Cyr (Abdel)

Ma note : 8/10

L'histoire : Une demi-douzaine de jeunes, représentative de la France d'aujourd'hui, viennent de se faire jeter d'un casting. Mais ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas été retenus qu'ils sont nuls ! Alors ils décident de se battre. Avec l'aide d'une chanteuse un peu oubliée, qui attend ell-même une seconde chance, ils vont tenter de monter un spectacle. Leur spectacle. Leur propre comédie musicale dont le fil rouge et unique inspirateur sera... Charles Aznavour.

Mon avis : Je dois reconnaître que je ne me suis pas rendu au théâtre du Gymnase avec le plus grand enthousiasme. Je traînais un peu les pieds. Connaissant bien le répertoire de Charles Aznavour, je me demandais comment Laurent Ruqier avait pu concocter un spectacle qui ne soit pas que l'égrènement , voire la litanie, d'une cinquataine de titres qui font pout la plupart partie de notre mémoire collective. J'étais tout de même assuré d'entendre des chansons d'une extrême qualité. C'était déjà ça. Alors, je me suis dit "On ne sait jamais"...
Deux heures plus tard, je vous jure Sur ma vie, j'étais dans un état proche de celui dans lequel on se sent Après l'amour : heureux, optimisme, requinqué. Ce spectacle est en tout point, en tout cas For me, formidable. J'en ai même oublié Mes emmerdes...

Avant tout, il faut souligner la présence d'un orchestre live composé de cinq musiciens. Que des pointures, des instrumentistes que l'on a l'habitude de voir officier entre autres dans La Nouvelle Star. Cette présence bonifie et tonifie le spectacle.
Ensuite, il faut mettre en exergue l'esthétique du décor, le rendu des façades et des rues de Paris et l'agrément qu'apportent de nombreuses projections d'affiches de music-hall, justement. C'est judicieux, référent, et ça apporte énormément de vie.

Laurent Ruquier a eu l'intelligence d'écrire une véritable histoire. C'est toute une dramaturgie qui se déroule sous nos yeux. Chacun des protagonistes de cette aventure musicale présente un profil psychologique scrupuleusement dessiné. L'attribution des titres ne s'est visiblement pas faite au hasard, mais en fonction justement de ces différents types. Les dialogues sont savoureux, incisifs, très modernes, saupoudrés de clins d'oeil malins sur l'actualité, la politique... La patte Ruquier, quoi, dans ce qu'elle a de meilleur ; ça déborde de tendresse, de fraternité, d'humour. c'est truffé d'anecdotes sur certaines chansons. C'est nickel !
Chaque chanson bénéficie d'un traitement particulier. Ici, rien n'est gratuit, rien n'est anodin. On ne chante pas de l'Aznavour pour chanter de l'Aznavour. Chaque chanson s'inscrit "à juste titre" dans un moment de l'histoire. Autour d'un Emmenez-moi qui joue les Arlésienne tout au long du spectacle, on découvre par exemple un Retiens la nuit très parodique, un Pour faire une jam façon West Side Story, une martiale Marche des anges, un facétieux détournement de La Mamma, de psychédéliques Plaisirs démodés, un pot-pourri hyper romantique... Il ne faut pas en révéler plus pour vous laisser le plaisir de la découverte et des (bonnes) surprises.
Il y a de superbes tableaux et des trouvailles dans les chorégraphies réellement très originales.

Le casting est parfait. Les mélodies de Charles Aznavour n'auraient supporté aucune fausse note à ce sujet.
Fort de sa longue expérience dans les comédies musicales, Pablo Villafranca joue un peu au grand frère. Sa voix rocailleuse fait merveille. Et il n'a jamais peur de forcer sur la parodie (Un Mexicain) et son organe excelle dans l'émotion (Non, je n'ai rien oublié). C'est un pilier.
Stéfi Celma, liane sensuelle, joue les séductrices et les femmes amoureuses avec conviction. Elle peut se le permettre. Elle est très à l'aise dans son corps, bonne comédienne, elle est fraîche, pleine de dynamisme. Son interprétation de Prends garde à toi est un des grands moments du show. C'est vrai, elle nous donne parfois show aussi...
Jonatan Cerrada, premier vainqueur de La Nouvelle Star, joue au petit con avec énormément de finesse. C'est le bougon de la bande. Il cache en fait son extrême pudeur derrière une pseudo arrogance. Et quand il faut envoyer, il envoie. et à la fin de l'envoi, il nous touche avec une sublime version de Au creux de mon épaule.
Arno Diem est surprenant. A priori, on le décide fragile et il se révèle être un sacré danseur, une sorte d'elfe aérien, vibrant, brûlant d'une intense feu intérieur. Un personnage très attachant.
Julie Lemas assume avec beaucoup d'autodérision sa légère surcharge pondérale. Très bonne comédienne, elle joue à ravir les nunuches chouineuses un peu complexées. Mais quand il faut danser, même si c'est compliqué, elle est là. Elle apporte énormément à ce spectacle. Et, elle aussi, elle chante !
St-Cyr, quant à lui, est le bouffon de la bande. Incroyablement souple, c'est un véritable zébulon qui saute et cascade dans tous les coins. Il est une sorte d'électron libre tout en se montrant très sensible à l'esprit d'équipe. Il tourne tout à la rigolade. Son but essentiel dans la vie, c'est d'interpréter Emmenez-moi. Mais y parviendra-t-il ? Et, là où l'on aurait attendu Arno Diem, il s'avère très subtil de lui avoir confié à chanter Comme ils disent. Il lui apporte une jolie touche d'émotion.
Et puis il y a Diane Tell... Je suis un peu plus circonspect à son égard. Je n'arrive pas à affirmer qu'elle est à sa place dans ce rôle de cheftaine. Manque d'autorité sans doute, manque d'envergure. Sa première apparition, affublée d'une horrible robe orange aux couleurs du Modem, n'est pas non plus pour la servir. Et puis dans les chansons un peu rapides, là où il faut pulser, on ne la sent pas toujours très juste. Heureusement, la deuxième partie est bâtie sur mesure pour elle. Elle est vraiment excellente quand les chansons demandent d'exprimer du sentiment, de la mélancolie. En même temps, on comprend que tous ces jeunes gens se prennent d'affection pour elle car elle est vraiment sympa avec eux.

Conclusion, Je m' voyais déjà est un spectacle total, absolument réussi. On n'a pas envie que ça s'arrête tant on y prend du plaisir. Monsieur Aznavour doit être très fier de ce superbe hommage à son incomparable talent d'auteur-compositeur-interprète.