Théâtre
Grévin
10, boulevard Montmartre
75009 Paris
Tel : 08 99 23 33 77
Métro : Grands
Boulevards
Ecrit et interprété par Raphaël Mezrahi
Présentation :
Il y a deux ans, dans un supermarché, alors qu’il faisait ses courses, Une file
magnifique de 26 ans s’approche de Raphaël Mezrahi et lui dit : « ma
grand-mère vous adore ! ». Une fois la déception passée, il se dit
que ce serait un super titre de spectacle.
Aussitôt dit, aussitôt
fait.
Pendant plus d’une heure
et demie, il raconte des anecdotes improbables sur sa vie et sur toutes les
rencontres incroyables qu’il a pu faire. Le tout ponctué de vidéos qu’il a
proposées à la télé et qui ont été refusées (vous comprendrez - ou pas -
pourquoi)…
Mon
avis :
Raphaël Mezrahi est un être à part dans l’audiovisuel français. Il n’entre dans
aucun code établi. Il est dans son monde. Et lorsqu’il nous y invite, comme
c’est le cas actuellement au Théâtre Grévin avec Ma grand-mère vous adore !, c’est pour nous proposer une sorte
de rendez-vous en terre inconnue. Je dis bien « terre » car Raphaël
Mezrahi, en dépit des apparences, n’a rien d’un lunaire. Il a les pieds et la
tête bien enracinés au sol. Pendant deux heures, hôte débonnaire et facétieux, il
joue les guides pour nous entraîner dans une galerie à nulle autre pareille.
Si Pierre Desproges nous
bousculait et nous amusait avec ses Chroniques
de la haine ordinaire, Raphaël Mezrahi, lui, nous propose plutôt ses « Chroniques
de l’amour ordinaire ». Il aime les gens, surtout les petites gens. Et plus particulièrement les mamies. Il est
en totale empathie. Suivi en permanence par son fidèle cameraman, Loïc, il
pratique une forme d’ethnologie sociale en partant à la recherche de
personnages d’autant plus saugrenus et loufoques qu’ils sont eux-mêmes, qu’ils
sont vrais. Leur disponibilité, leur implication et, surtout, leur incroyable
gentillesse nous font rire, certes, mais jamais d’un rire moqueur ou cynique.
Ils ne provoquent chez nous de qu’indulgence et bienveillance.
Le seul en scène de
Raphaël Mezrahi est tout entier placé sous le double signe du sourire et de la
tendresse. Il n’y a aucune méchanceté chez lui. Et encore moins chez son
double, le journaliste « professionnel » Hugues Delatte, très présent
dans le spectacle… Sa cousine, Dolorès Boutboul me l’a d’ailleurs
confirmé : Raphaël est consciencieux, sensible, il s’intéresse à son
prochain, il le respecte et il l’aime. Le hic, c’est qu’il n’interviewe pas sur
les sentiers battus. Il a le micro buissonnier. Il n’aime rien tant que de
sortir des chemins balisés pour s’aventurer dans des endroits qui ne l’attirent
que lui. Et il y déniche des petites pépites qui n’ont de valeur qu’à ses yeux.
Il a ceci de paradoxal qu’il réussit le tour de force de donner de la vie au
vide. Et de nous fasciner avec ça.
A travers des entretiens,
des reportages, des micro trottoirs, des porte-à-porte, il nous entraîne dans
son monde insolite, absurde, dérisoire mais profondément humain. Sa marginalité
est voulue, assumée. Mais c’est aussi un faux naïf car son œil malicieux montre
qu’il n’est dupe de rien. C’est ce qui fait sa force. Il sait que le monde est
loin d’être rose mais il a délibérément choisi de n’en partager avec nous que les aspects les plus drôles, les plus légers et les plus tendres.
Gilbert
« Critikator » Jouin
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