mardi 22 octobre 2019

La Convivialité. La faute de l'orthographe


Théâtre Tristan Bernard
64, rue du Rocher
75008 Paris
Tel : 01 45 22 08 40
Métro : Villiers / Saint-Lazare

Mise en scène d’Arnaud Pirault, Clément Thirion, Dominique Bréda

Présentation : « Le spectacle des deux Belges qui veulent simplifier la langue française » : tout est faux dans cette phrase. Pas « simplifier » mais faire preuve d’esprit critique. Pas « deux Belges », mais deux passionnés qui veulent partager les découvertes des linguistes. Pas même la langue, juste le code graphique qui permet de la retranscrire. Une approche pop et iconoclaste, pour dédramatiser un débat et aussi parce qu’il faut bien avouer que l’Académie Française a un vrai potentiel comique…
Notez que tout n’est pas faux : il s’agit bien d’un spectacle… Et drôle en plus.

Mon avis : « La Convivialité »… Bizarre ce titre pour un spectacle sous-titré « La faute de l’orthographe ». On saisit mal l’association de ces deux mots, « Convivialité » et « Orthographe ». Mais elle excite la curiosité. Alors, pour la comprendre, le mieux était de se rendre au théâtre Tristan Bernard pour pouvoir juger « sur pièce »…
Je dois reconnaître que ce qui m’a d’abord motivé, c’est le nom de son producteur : Alex Vizorek. Il est un des humoristes actuels que je prise le plus. J’aime l’élégance qu’il met dans ses propos, y compris les plus trash. Le qualificatif qui le définit le mieux, c’est « Iconoclasse »… Donc, qu’il ait adoubé cette pièce, était pour moi un gage de qualité.

Ensuite, pour me rassurer, je suis allé consulter le Larousse pour y vérifier la définition du mot « Convivialité » : « Capacité d’une société à favoriser la tolérance et les échanges réciproques des personnes et les groupes qui la composent »et aussi « Goût des réunions joyeuses ». Ces quatre mots ont achevé de me convaincre.


Le spectacle commence par une dictée collective. Chaque spectateur reçoit à l’entrée un support, une feuille blanche et un crayon. J’ai trouvé que les quatre lignes que l’on nous demande de rédiger ne comportaient aucun piège particulier. Hormis le fait de nous plonger dans une ambiance salle de classe et donc de nous émoustiller, je pense que cet exercice n’est pas indispensable. A moins d’y glisser quelques vraies difficultés… En revanche, les supports bicolores, recto vert, verso rouge (et inversement), qui nous serviront ultérieurement se révèlent indispensables.

Plus qu’une pièce, La Convialité est une sorte de conférence-débat. Jérôme Piron et Arnaud Hoedt sont d’anciens professeurs. Et ils se comportent comme tels pour nous parler des anomalies et des complexités de la langue française. Aussi didactiques que drôles, à grand renfort de projections astucieuses et éclairantes, ils se livrent à une démonstration absolument jubilatoire. Dans la salle, on s’étonne à voix haute, on s’esclaffe, on s’ébaubit. Redevenus écoliers d’un soir, les spectateurs participent avec enthousiasme à cet exposé interactif.


Quand l’instructif est traité d’une manière ludique, il est tellement plus facile d’apprendre. La mission de nos magisters est amplement réussie. Ils nous passionnent avec une foultitude d’exemples et d’informations sur l’histoire de la langue française, son évolution, ses influences extérieures. Et, surtout, ils jonglent avec les subtilités et les incongruités de l’orthographe ; sans omettre un chapitre particulier sur l’emploi du participe passé. Pour qui aime les mots et leur étymologie, c’est un pur régal… Mis à part quelques passages que j’ai trouvés un peu trop techniques, j’ai pris beaucoup de plaisir à assister à ce cours du soir qui tient plus de la récréation que du pensum.

Jérôme Piron et Arnaud Hoedt, passionnés et passionnants, font partie de ces personnes avec lesquelles il est très agréable de prendre langue. En tout cas, ils nous rendent avec La Convivialité une copie parfaite. Un sans-faute…

Gilbert « Critikator » Jouin

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